Contra­cep­tion et gros­sesse
(Same­di 23 à 14h00)

Pré­si­dente : Cécile LOUP, char­gée de recherche à l’Observatoire astro­no­mique de Stras­bourg (CNRS)

Inter­ve­nants :

  • Marc ZAFFRAN/Martin WINCKLER (voir site web) n’a pas pu se dépla­cer en rai­son d’un empê­che­ment de der­nière minute.
  • Phi­lippe NOTTIN, chef de ser­vice de l’Hôpital de Vier­zon, membre du conseil d’administration de la Ligue de l’Enseignement, ancien mili­tant du MLAC et du Plan­ning Fami­lial.

Enre­gis­tre­ment et trans­crip­tion

Résumé de Martin WINCKLER

La contra­cep­tion avant, pen­dant (si, si !) et après une gros­sesse

Les méthodes contra­cep­tives ne sont pas des­ti­nées à empê­cher les femmes d’être enceintes (comme le terme stu­pide et franco‐français de « sté­ri­let » peut le lais­ser entendre), elles sont des­ti­nées à affran­chir la sexua­li­té de sa fina­li­té bio­lo­gique : la repro­duc­tion. La contra­cep­tion idéale, si elle exis­tait, per­met­trait à chaque femme d’être enceinte quand elle désire, le décide et l’assume. Et seule­ment à ce(s) moment(s)-là.

En France, un pré­sup­po­sé idéo­lo­gique très puis­sant (sou­vent relayé par les psy­cha­na­lystes) pose comme un dogme que le désir de gros­sesse de la femme est plus fort que la bio­lo­gie. Selon ce dogme, il n’est pas pos­sible d’empêcher les femmes d’être enceintes, même quand elles disent ne pas le vou­loir, car leur désir (incons­cient) est trop fort. Plus fort, même, que les méthodes contra­cep­tives les plus effi­caces.

Les femmes qui viennent d’accoucher, dans leur immense majo­ri­té, ne sont pas d’accord avec ce dogme. Non seule­ment elles n’ont pas grand doute sur leur fécon­di­té (et pour cause), mais elles ne tiennent pas du tout à être enceintes juste après avoir mis un enfant au monde. Pour­tant, chaque année, des mil­liers de femmes sont de nou­veau enceintes dans les mois qui suivent leur accou­che­ment. Et bon nombre d’entre elles inter­rompent cette nou­velle gros­sesse et déclarent qu’elles se seraient bien pas­sé de cette épreuve.

Au risque de paraître pré­somp­tueux en m’opposant à un dogme psy­cha­na­ly­tique, je pos­tule, pour ma part, que si les femmes qui viennent d’accoucher dis­po­saient de la contra­cep­tion adé­quate, la fré­quence des gros­sesses – et des IVG – dans les mois qui suivent un accou­che­ment dimi­nue­rait for­te­ment. Et que le « désir incons­cient » trou­ve­rait alors sa juste (et modeste) place dans la sur­ve­nue de ces gros­sesses non dési­rées.

Cet ate­lier aurait donc pour objec­tif :

1° de rap­pe­ler briè­ve­ment à la lueur des connais­sances scien­ti­fiques dis­po­nibles quelles sont les méthodes contra­cep­tives les plus effi­caces et les élé­ments qui per­mettent à chaque femme de choi­sir la sienne (contra­cep­tion « avant »)

2° de pré­ci­ser les­quelles de ces méthodes sont uti­li­sables par les femmes qui viennent d’accoucher, qu’elles allaitent ou non, et leurs limites ; (contra­cep­tion « après », 1)

3° de mon­trer qu’après (ou en l’absence de) l’allaitement, les méthodes « à mani­pu­la­tion » (pré­ser­va­tifs, sper­mi­cides, dia­phragmes, méthode natu­relle et pilules com­bi­nées) ne sont pas, et de loin, les meilleures pour la plu­part des femmes qui viennent d’accoucher, que les pilules com­bi­nées sont pro­ba­ble­ment la plus mau­vaise, que les méthodes « sans mani­pu­la­tion » (les deux types de DIU et l’implant) sont beau­coup mieux adap­tées et que ce sont ces der­nières qui per­mettent de contrô­ler les nais­sances de la manière la plus sûre et la plus satis­fai­sante aux yeux des femmes elles‐mêmes (contra­cep­tion « après », 2)

4° de sug­gé­rer que le meilleur moment pour aider une femme à choi­sir sa contra­cep­tion du post‐partum ne se situe pas le jour de la sor­tie de la mater­ni­té — lorsque l’enfant est dans le couf­fin, la valise sur le lit et le mari dans la voi­ture tour­nant au ralen­ti — mais au 7e ou au 8e mois de la gros­sesse (contra­cep­tion « pen­dant »)

5° avec les per­sonnes pré­sentes, de pré­pa­rer la rédac­tion d’un guide pra­tique du conseil et du choix contra­cep­tif à l’intention des femmes pro­po­sé (voire, éven­tuel­le­ment, oppo­sé) aux gyné­co­logues, aux géné­ra­listes, aux étu­diants en méde­cine, aux sages‐femmes, et dif­fu­sé dans l’ensemble des mater­ni­tés fran­çaises.

Dr Marc Zaffran/Martin Win­ck­ler. Centre de pla­ni­fi­ca­tion, CH du Mans (72)

Quelques références

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