Nous avons la très grande tris­tesse d’annoncer le décès de Chantal Ducroux‐Schouwey, pré­si­dente du Ciane, jeu­di 5 octobre, des suites d’un can­cer qu’elle a com­bat­tu jusqu’au bout avec un cou­rage et une déter­mi­na­tion excep­tion­nels, sans jamais aban­don­ner son enga­ge­ment au Ciane : jusque dans les der­niers jours, elle a conti­nué à répondre aux demandes des uns et des autres, y com­pris à celles des médias.

Chantal Ducroux‐Schouwey a été la pré­si­dente du Ciane depuis sa créa­tion en 2003, et ce n’est évi­dem­ment pas un hasard : par son par­cours et ses convic­tions, elle incar­nait mieux que qui­conque ses valeurs.

Chantal a eu des enfants très jeune, et mal­gré son jeune âge, elle a su ins­tinc­ti­ve­ment ce dont elle avait besoin pour les mettre au monde : un envi­ron­ne­ment bien­veillant et aus­si peu inter­ven­tion­niste que pos­sible. Elle l’a trou­vé à la mater­ni­té des Minguettes, et n’a été déçue pour aucun de ces cinq accou­che­ments. C’est pour cela que lorsqu’en 2000, l’esprit des Minguettes a été mena­cé par la fusion avec une autre mater­ni­té, elle n’a pas hési­té, avec d’autres, à se mobi­li­ser pour essayer de le faire per­du­rer : c’est ain­si qu’a été fon­dée Bien‐Naître Lyon, une asso­cia­tion pour laquelle elle a don­né sans comp­ter aux côtés d’Anne Evrard et de quelques autres.

Son com­bat à Bien‐Naître a très vite dépas­sé le cadre des Minguettes et, sai­sis­sant les pos­si­bi­li­tés offertes par la démo­cra­ti­sa­tion du sys­tème de san­té, s’est orga­ni­sé autour de deux grands prin­cipes : défendre les droits de toutes les femmes quels que soient leurs besoins et leurs dési­rs ; et pour cela, entrer dans un pro­ces­sus de dia­logue construc­tif avec les pro­fes­sion­nels.

Lorsque, au moment des Etats Généraux de la Naissance en 2003, Chantal a été contac­tée par quelques mili­tants sou­cieux de consti­tuer à l’échelle natio­nale un col­lec­tif d’associations d’usagers en péri­na­ta­li­té, elle n’a pas hési­té une seconde. Elle a, avec Anne Evrard, impri­mé la marque de Bien‐Naître sur la consti­tu­tion du Ciane en convain­quant de la per­ti­nence des deux prin­cipes pré­cé­dents, face à cer­taines visions plus radi­cales. C’est la rai­son pour laquelle son nom s’est tout natu­rel­le­ment impo­sé lorsqu’il s’est agi de dési­gner une coor­di­na­trice de ce nou­veau mou­ve­ment.

Depuis ce moment‐là, elle s’est dépen­sée sans comp­ter pour le Ciane, repré­sen­tant les usa­gers dans de nom­breuses ins­tances (Commission Nationale de la Naissance ; HAS ; CNGOF…), venant por­ter la parole des usa­gers dans des confé­rences et des ren­contres pro­fes­sion­nelles, par­ti­ci­pant à la for­ma­tion des sages‐femmes comme à celles des béné­voles du Ciane, ani­mant le réseau des asso­cia­tions membres, répon­dant aux sol­li­ci­ta­tions des médias… sans oublier une acti­vi­té essen­tielle qu’elle a exer­cé sans relâche aus­si bien au niveau du Ciane qu’à celui de Bien‐Naître, l’information et l’accompagnement des femmes et des couples, acti­vi­té qui lui don­nait une légi­ti­mi­té incon­tes­table pour por­ter la parole des femmes.

Et tout cela sans jamais se dépar­tir de sa bonne humeur et de son empa­thie… Pour toutes ces rai­sons, Chantal laisse au Ciane un vide incom­men­su­rable.

En ce jour, nos pen­sées vont vers son mari, si pré­sent auprès d’elle, ses enfants et petits‐enfants et ses proches.

Pour ceux et celles qui veulent lui rendre un der­nier hom­mage, une céré­mo­nie aura lieu jeu­di 12 octobre à par­tir de 13h30 au cré­ma­to­rium de Lyon, 228 ave­nue Berthelot / 17 ave­nue Pierre Delore, Lyon 8e

Pour ceux et celles qui ne pour­raient se rendre à Lyon et vou­draient trans­mettre à la famille un témoi­gnage, mer­ci d’envoyer un mes­sage à collectif@ciane.net.

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