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Le CIANE a réa­li­sé une exploi­ta­tion des don­nées col­lec­tées par le biais de son enquête sur le thème, débat­tu actuel­le­ment, du séjour en mater­ni­té et du retour à la mai­son. L’analyse a été conduite sur 5417 nais­sances, dont 66% de pri­mi­pares et 9,2% de césa­riennes. 67% des réponses concernent des accou­che­ments ayant eu lieu depuis 2009, et 93% depuis 2005.[1]

Une durée de séjour jugée souvent trop longue

Les durées de séjour décla­rées par les femmes sont dif­fé­ren­ciées en fonc­tion de la pari­té et du mode d’accouchement : les femmes césa­ri­sées res­tent en moyenne entre 5 et 6 jours, soit un jour de plus que les pri­mi­pares ayant accou­ché par voie basse qui, elles‐mêmes, res­tent un jour de plus que les mul­ti­pares. Ces durées ont légè­re­ment dimi­nué ces der­nières années.

Une majo­ri­té de femmes (56%) ont trou­vé la durée de séjour adap­tée. 38% des femmes pré­fè­re­raient ren­trer plus tôt chez elles, mais cette demande n’est pas tou­jours prise en compte par le per­son­nel médi­cal. 6% auraient sou­hai­té res­ter davan­tage.

Un accompagnement insuffisant

Une pri­mi­pare sur six et une femme césa­ri­sée sur quatre disent s’être sen­ties désem­pa­rées ou angois­sées dans les pre­miers jours à la mai­son, désar­roi en par­tie per­çu par le per­son­nel soi­gnant puisque ces femmes sont res­tées plus long­temps en mater­ni­té, ce qui n’a pas suf­fi à leur assu­rer un retour serein chez elles.

Ces femmes, dont plus de la moi­tié disent avoir mal vécu leur accou­che­ment, estiment par ailleurs ne pas avoir reçu le sou­tien dont elles avaient besoin, qu’il s’agisse d’attention por­tée à leur forme phy­sique ou psy­cho­lo­gique, d’apprentissage des soins ou de mise en place de l’allaitement.

Personnaliser les suites de couches en prenant mieux en compte les souhaits des femmes

L’amélioration du sui­vi des femmes après l’accouchement passe par un ren­for­ce­ment de la per­son­na­li­sa­tion des suites de couches :

  • les femmes qui sou­haitent ren­trer chez elles pré­co­ce­ment doivent pou­voir le faire ;
  • les femmes qui, à l’inverse, se sentent désar­mées doivent pou­voir être accom­pa­gnées plus long­temps.

Cette per­son­na­li­sa­tion doit repo­ser sur une meilleure écoute des femmes, ce qui néces­site de ména­ger un vrai moment d’échange pen­dant le séjour en mater­ni­té : la femme doit être invi­tée à s’exprimer sur le vécu de son accou­che­ment, sur son état phy­sique et psy­cho­lo­gique, sur les dif­fi­cul­tés éven­tuelles qu’elle ren­contre avec son enfant – notam­ment en matière d’allaitement – et sur ses sou­haits en ce qui concerne le retour à la mai­son. C’est dans cet entre­tien que des solu­tions doivent être éla­bo­rées : plu­tôt qu’un allon­ge­ment sys­té­ma­tique du séjour pour les femmes en dif­fi­cul­té, un accom­pa­gne­ment rap­pro­ché à la mai­son allant jusqu’à des visites quo­ti­diennes les pre­miers jours pour­rait per­mettre de « pas­ser le cap ».

Systématiser le suivi à domicile dans le cadre d’un service unifié

Le sui­vi à domi­cile par des sages‐femmes est sus­cep­tible d’apporter un plus pour les femmes dans les situa­tions les plus diverses, tout en ren­dant plus effi­cace l’utilisation de l’hospitalisation : il per­met de véri­fier la bonne san­té de la mère et de l’enfant sor­tis très pré­co­ce­ment parce que c’était le sou­hait des parents ; il apporte un sou­tien pour les soins à l’enfant et l’allaitement aux pri­mi­pares un peu déso­rien­tées ; enfin, il per­met d’accompagner sur une plus longue durée celles qui ren­contrent des dif­fi­cul­tés plus impor­tantes. Il existe aujourd’hui plu­sieurs dis­po­si­tifs de sui­vi à domi­cile.

Pour rendre l’accompagnement plus fluide et per­mettre une meilleure adap­ta­tion dans le temps des inter­ven­tions, pour en sim­pli­fier aus­si la mise en œuvre, il serait sou­hai­table de fondre l’ensemble de ces dis­po­si­tifs dans un seul « ser­vice de sui­vi à domi­cile » qui puisse s’appliquer à l’ensemble des femmes.

Pour en savoir plus

Télécharger le compte‐rendu du volet de l’enquête Ciane sur la sor­tie de mater­ni­té et le bien‐être des femmes (http://​ciane​.net/​b​l​o​g​/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​u​p​l​o​a​d​s​/​2​0​1​2​/​1​1​/​D​o​s​s​i​e​r​S​o​r​t​i​e​M​a​t​e​r​n​i​t​e​N​o​v​2​0​1​2​.​pdf)

Pour répondre à l’enquête Ciane

http://​ques​tion​naire​.ciane​.net/


[1] Ce tra­vail a ser­vi de base au dos­sier publié dans le numé­ro de novembre 2012 du maga­zine Parents.