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Tentative de communiqué 23 oct 2009
EP 23 oct 09
Suite à nos conversations sur Ciane / IHAB, je propose ce communiqué (ou motion, ou je ne sais quoi). NOn destiné à la cofam car elle ne nous a rien demandé, mais juste pour qu'on soit d'acc entre associations et que ça se sache.. Sur Ciane-CA pour l'instant. http://wiki.naissance.asso.fr/index.php/IHABetNaissanceRespecteePage2 (2009) http://wiki.naissance.asso.fr/index.php/IHABetNaissanceRespectee (2007-2008)
Projet de communiqué du Collectif interassociatif autour de la naissance (Ciane)
Nous sommes régulièrement interpelés sur la position du CIANE vis à vis de l'Initiative Hopital ami des bébés (IHAB) pilotée, en France, par la Coordination française pour l'allaitement maternel.
Le Ciane est attaché à la liberté de choix des parents. Nous sommes de principe favorables au développement des labels l'IHAB qui permettent de répondre partiellement aux besoins des femmes pour l'excercice de certains de leurs choix. Nous souhaitons cependant souligner les points suivants:
1. Le Ciane défend les choix des femmes d'allaiter ou de ne pas allaiter, sans qu'elles en aient à se justifier devant quiconque, y compris les professionnels de santé, les pouvoirs publics et la société d'une manière générale.
2. Pour le Ciane, ce choix doit s'exercer par libre détermination personnelle, ce qui suppose qu'elles aient à leur disposition, si elles le souhaitent et uniquement si elles le souhaitent, des informations exactes sur les avantages connus de l'allaitement et sur les pratiques qui permettent la mise en place et la poursuite de l'allaitement quelle que soit la durée qu'elles envisagent
3. Les pratiques associées à la réussite de l'allaitement (ex pas de compléments) et celles qui favorisent également le lien mère enfant (ex. peau à peau) doivent être connues des professionnels de santé et des femmes qui souhaitent en être informées. Le Ciane souhaite la vigilance sur le fait que ces pratiques doivent être favorisées pour les mères qui le souhaitent, mais qu'elles ne doivent pas être imposées par des protocoles hospitaliers ni ressenties comme imposées, que la femme ait ou non l'intention d'initier et de poursuivre l'allaitement.
4. Les indicateurs de qualité proposés aux maternités par l'IHAB, taux d'allaitement ou indicateurs secondaires (complément, biberon, sucette) sont des chiffres qui concernent uniquement la santé publique et les pratiques professionnelles. Le Ciane ne soutient pas ces indicateurs qui ne prennent pas en compte les choix (et éventuellement leur évolution) de la femme et le fait qu'elle ait ou non été soutenue efficacement dans ses choix.
5. Le label IHAB est principalement centré sur le respect du nouveau-né. Nous apprécions néanmoins les efforts portés par la Co Fam ces trois dernières années pour étendre le champs de ses réflexions au respect de la physiologie de l'accouchement. Mais Pour le Ciane, cette approche est insatisfaisante. Le projet de label des maternités sur lequel le Ciane réfléchit incluerait (AU SECOURS, on dit quoi? c'est politique là)
Le label IHAB permet aux les femmes d'être informées sur les pratiques des maternités en matière d'allaitement et de choisir en connaissance de cause. C'est la raison pour laquelle le Ciane y est favorable, avec les réserves exprimées plus haut et en soulignant qu'il ne s'agit là que d'une réponse partielle aux besoins des usagers concernés par la naissance.
SH
Ca me questionne, ce truc. Je suis mal à l'aise avec quelques tournures
"1- Le Ciane défend les choix des femmes d'allaiter ou de ne pas allaiter, sans qu'elles en aient à se justifier devant quiconque, y compris les professionnels de santé, les pouvoirs publics et la société d'une manière générale."
je ne commencerais pas par cela; enfin je l'ai perçu (mon interprétation !!!) comme une défense des femmes non-allaitantes contre l'IHAB. Je comprends le sens (ne sombrons pas dans l'exces inverse, en passant d'une politique anti allaitement à une politique extremiste-allaitement) , c'est juste la formulation qui est un peu trop "cash". Cette notion de "se justifier" pourrait être supprimée complètement : "Le CIANE considère que le choix d'allaiter ou de ne pas allaiter est un choix personnel de chaque mère, et qui doit être respecté en toutes circonstances". Tout simplement.
"2 ...? ce qui suppose qu'elles aient à leur disposition, si elles le souhaitent et uniquement si elles le souhaitent," c'est à dire qu'une mère qui ne souhaite pas allaiter, tu ne veux pas qu'on lui dise "réfléchissez, il y a des avantages quand même - mais après, vous pouvez aussi y voir des inconvénients, c'est votre choix, je voulais juste m'assurer que vous faisiez un choix eclairé". Je ne vois pas comment réconcilier cette position avec la "bonne médecine" (car globalement quand même l'allaitement c'est plutot mieux) et le "consentement éclairé" (car là tu laisses les mères dans l'ignorance). Pour donner un exemple caricatural de cela, une mère qui va voir son gynéco en disant, non pas "je ne veux pas allaiter" mais "je veux une césarienne de convenance", la transposition de ta phrase voudrait dire que le gynéco doit accepter la demande sans sourciller même si sur le plan médical c'est une connerie et même si la mère qui demande ça n'a en fait pas conscience de la galère dans laquelle elle met les pieds. Donc là, ça me gène. Suggestion : "Ce qui suppose qu'elles aient à leur disposition une information exacte blablabla et qui leur soit présentée de manière respectueuse de leurs choix"
"3- Lien mère enfant ...? Le Ciane souhaite la vigilance sur le fait que ces pratiques doivent être favorisées pour les mères qui le souhaitent " Ben là ça me fait le même problème. ce "pour les mèrs qui le souhaitent". Alors que pour moi ça devrait être la base : un accouchement devrait favoriser le lien mère enfant, point barre (sauf, pour les mères qui ne le souhaitent pas, et là encore, sans les culpabiliser : je pense à une mère, sur Césarine, qui ne voulait pas son bébé en salle de réveil, car elle voulait ses 2h solo pour se remettre de l'opération et pouvoir "rencontrer" son bébé calmement). Ce n'est pas à la mère de "souhaiter" que son bébé soit près d'elle et pas en couveuse après sa sortie. Il devrait y être, avec un plan B pour les mères qui ne le souhaitent pas. Donc plutot "Le Ciane souhaite la vigilance sur le fait que ces pratiques doivent être favorisées, mais qu'elles ne doivent pas être imposées de manière rigide par des protocoles hospitaliers, ni ressenties comme imposées, que la femme ait ou non l'intention d'initier et de poursuivre l'allaitement."
4- tout à fait OK
5- pas d'avis pour le moment ;) mais oui, ne voir que le bébé, c'est pas suffisant.
PC
Sonia, bonjour. Tes propositions de formulation me paraissent plus conformes avec les objectifs du CIANE, cependant je voudrais ajouter que la réhabilitation de l'allaitement maternel, n'a que peu (pas?) à voir avec la "bonne médecine". Si les médecins ont dans leur discours, y compris à Rome ( cf. Soranos) et jusqu'après la deuxième Guerre Mondiale, considéré que "le lait maternel appartient au bébé" (Adolphe Pinard), ils ont souvent été complices des différentes formes d'allaitements artificiels. A commencer par le premier d'entre eux, l'allaitement mercenaire adopté pour des raisons socio-culturelles assez claires par les couches sociales dominantes, aristocratiques, puis bourgeoises et enfin, dans le tragique, au 19°et début du 20°s. par les couches populaires dont les femmes devenaient ouvrières des Manufactures puis de l'industrie. Le lait de vache pasteurisé, coupé, puis sucré, le don de lait maternel(A.Pinard), et enfin l'industrialisation du lait de vaches, vont pratiquement s'imposer jusque dans les années soixante dix dans tous les pays industrialisés, quand ça n'est pas, de façon criminelle, dans les pays les plus pauvres. Et la plupart des médecins vont suivre le mouvement. Le biberon correspondait tout à fait à leurs voeux leur conception hygiéniste (autoritaire et paternaliste en sus, cf Geneviève Delaisi de Perceval ) dominant jusqu'à la fin du 20°s. S'il a fallu expliquer, prouver, argumenter de mille façons que le lait maternel était le mieux adapté au bébé humain (!!), c'est justement en raison des profondes résistances socio-culturelles qui avaient évidemment fini par embrouiller toutes les consciences (la mienne y compris), mais aussi celle des femmes. Or c'est des organisations de femmes qu'est parti le grand mouvement, aujourd'hui assez largement repris, y compris par les médecins,avec zèle, parfois, de réhabilitation de l'allaitement maternel. Mais je voudrais ajouter, qu'il me semble, pour ne pas tomber dans de suspectes convictions, que les femmes ont allaité de tout temps et partout, non pas en raison de l'excellente adaptation de leur lait aux besoins de leurs bébés, encore qu'elles l'avaient sans doute intuitivement toujours compris ( ce qui n'est pas propre aux seules mères humaines), mais principalement pour répondre à ce besoin d'échange affectif qui se joue à la naissance dans une mobilisation extrême de tous les sens à travers la parole, les caresses, l'olfaction, le regard et la succion.
AS
Bonsoir, je suis plutôt de l'avis de Sonia sur ce coup là et en plus , je pense que le CIANE (entre autre) a un PB avec l'allaitement... Il y a un réel bénéfice santé (et bien- être lorsque c'est fait de bon coeur) à allaiter et le fait que des professionnels de santé reconnaissent ceci ne me choque pas ! Je ne dis pas cela pour en découdre mais pour avancer; vous voulez du physiologique et de l'information loyale là ou vous trouvez que c'est politiquement correct; pour l'accouchement par exemple mais pour l'allaitement , c'est moins évident. Je pense que qu'Elisabeth Badinter est une femme incroyable avec qui je suis sur de nombreux sujets tout à fait en accord. Je déplore pourtant le mépris pour l'allaitement dans le féminisme égalitariste, on devrait pouvoir passer à l'épisode suivant et laisser redistribuer les rôles des femmes et des hommes en laissant les femmes qui le souhaitent allaiter et travailler , les hommes travailler ou pas et faire le ménage etc...
Il y a des femmes très érudites , très informées qui ne souhaitent pas allaiter , elle peuvent ressentir une pression qui juge, pression forte et archi- désagréable, c'est évident étant donné que la finesse n'est pas le fort du personnel débordé et que le respect des choix des femmes , c'est pas au point . Cependant, il y a aussi une énorme partie des femmes qui pense que le lait artificiel ou maternel , c'est quasi la même chose et qui par manque de confiance pense que le lait de vache est surement mieux qu'un liquide non mesurable qui viendrait d'elles . Regardez les superbes pubs pour le lait industriel à la TV , vous en voyez pour l'allaitement? Dans ce cas , si on présume que les femmes décident en connaissance de cause, c'est tout à fait faux! Bref , le communiqué ne me convient pas complètement en l'état mais je remercie Emmanuelle et les autres d'avoir travaillé dessus. Encore une fois pour avancer, l'IHAB n'est à mon sens pas une machine à culpabiliser ou a embrigader.
MA
Merci Emmanuelle de cette première version. Je suis d'accord avec les remarques de Sonia et ses reformulations. Pour le point 5.
5. Le label IHAB est principalement centré sur le respect du nouveau-né. Nous apprécions néanmoins les efforts portés par la Co Fam ces trois dernières années pour étendre le champ de ses réflexions au respect de la physiologie de l'accouchement. Mais pour le Ciane, cette approche est insatisfaisante: l'histoire regorge trop d'exemples dans lesquels l'intérêt supposé de l'enfant a été utilisé pour s'opposer à la volonté, à l'intérêt, au désir des femmes pour que nous nous contentions du cadre proposé par la CoFAM. Le projet de label des maternités sur lequel le Ciane réfléchit - et qui s'inspire de l'International Mother Baby? Childbirth Initiative - développe une approche plus globale et prend en compte le respect de la femme, du couple et du nouveau-né.
AE 27 oct
Allez, je m'y colle à nouveau, et je vais même vous le mettre en PJ si Microsoft avait encore envie de me censurer.
Je disais donc dans mon message précédent que nous devrions vraiment nous pencher sur cette remarque d'Aurélie, comme quoi nous aurions un pb avec l'allaitement. Pour ma part, je pense au contraire que c'est une perception particulièrement fine de ce qu'il se passe pour les femmes et entre femmes sur ce terrain là qui explique certaines de nos positions. Et je me trompe peut-être (Emmanuelle, tu me reprendras si c'est le cas), mais il me semble que c'est en voulant tenir compte de la situation réellement vécue par les femmes face à l'allaitement qu'Emmanuelle a rédigé sa proposition de la sorte. Ce n'est peut-être pas opérationnel en l'état et les remarques de Sonia et d'Aurélie en témoignent, mais cela a le grand avantage de mettre en avant qu'une position "évidente" n'est pas facile à élaborer et que nous avons sans aucun doute besoin d'une vraie discussion sur le sujet.
Tout d'abord, que voit-on dans les lieux où les femmes parlent d'allaitement et donc de non-allaitement? Les échanges sont rarement sereins. Pourquoi, sur les forums, des posts d'allaitantes ou de biberonnantes? Pourquoi y-t-il toujours une utilisatrice du biberon pour aller se mêler d'échanges sur l'allaitement de façon souvent maladroite, voire carrément agressive? Pourquoi y-a-t-il toujours des allaitantes blindées de bonnes intentions (et pénibles à mourir, voire infantilisantes et méprisantes) qui veulent à tout prix expliquer aux autres ce qu'elles ratent en oubliant que le sein peut nourrir un enfant? Aurélie me disait récemment que l'on oppose les femmes entre elles, mais moi, je constate qu'elles s'opposent très bien toutes seules. Et on retrouve la même tendance à virer vite fait au pugilat que dans les forums "péri/pas péri".
Mon analyse me fait dire que quand "tout le monde" faisait pareil, on n'avait pas à s'interroger sur ce que l'on mettait d'intime dans sa façon d'accoucher, de nourrir, d'élever son enfant. On mettait tout cela sur le compte de la nature ou de la fatalité et ça allait bien. L'absence de choix évitait de se demander si notre vision de la féminité, de la maternité, si nos relations avec notre conjoint, notre mère, notre père, la vision de la femme dans notre famille, nos angoisses ou nos blocages et tutti quanti pouvait jouer sur notre façon de vivre la maternité et le maternage.
Aujourd'hui, les femmes sont confrontées tous les jours à d'autres femmes qui ne font pas pareils, et qui donc les renvoient à ce qui justifient leurs propres choix. Cela peut être difficile d'entendre la différence, et beaucoup plus simple de rechercher celles qui sont "du même camp" et qui vont s'auto-convaincre que la normalité et "le mieux" sont de leur coté. Les oppositions me semblent bien plus venir de cela que de l'action d'acteurs extérieurs qui viseraient à opposer les femmes entre elles.
De notre coté, si on veut s'adresser aux femmes ou défendre leurs choix sans laisser penser que l'on est dans un camp ou dans un autre, c'est affaire de grande délicatesse. On ne peut pas faire comme si on était sur un terrain vierge ou une info complète et de qualité suffit. On ne peut pas faire comme si les femmes ne ressentaient pas tout cela de façon aussi épidermique. Alors même si ce qu'à écrit Emmanuelle n'est pas utilisable en l'état, je trouve très bien qu'elle puisse mettre en avant qu'une réflexion sur les nuances de notre discours, sans renoncer à l'essentiel, est indispensable. Nous n'avons pas de problème d'après moi face à l'allaitement. Ou alors, si c'est le cas, il faudrait qu'au sein de nos associations, nous en ayons un peu plus sur la naissance. Parce que si les nuances complexifient l'élaboration d'un message commun, elles sont quand même indispensables pour toucher et s'intéresser au plus grand nombre dans toute sa diversité. Et vous, qu'en pensez-vous?
CL
Je suis d'accord avec la reformulation plus soft de Sonia.
Néanmoins, je crois qu'il serait temps de rappeler un point archi fondamental de la plate-forme du CIANE : le libre choix. L'argument d'Aurélie pour dire que le CIANE aurait un problème avec l'allaitement était de faire apparaitre une contradiction avec une mise en avant de l'accouchement physiologique. C'est là que je tiens à rappeler que, si nous encourageons tout ce qui peut rendre la naissance à la physiologie, allaitement inclu bien entendu, nous avons aussi écrit que si une femme préfère un CHU de niveau III avec une péri d'office, c'est son choix.
Anne fait bien de rappeler certains débordements que l'on voit parfois sur les forums. La radicalité est un danger, un piège, à éviter absolument. La radicalité est une façon de penser indépendante du contenu. Il y a des radicaux chez les partisans de l'ultra-technologisation comme chez les partisans de l'ultra naturel.
Si je discute avec une femme qui veut toute la technologie, l'illusion de la sécurité, et la péri, je vais évidemment essayer de discuter avec elle. Mais informer, discuter, ce n'est pas lui lancer à la tête que la péri c'est ultra-dangereux et mauvais pour le bébé. Discuter c'est d'abord voir sur quelles bases elle part, jusqu'où on peut aller sans la heurter ni jouer sur la corde de la bonne-mauvaise mère. Peut-être que le noeud du débat est là : la corde sensible sur laquelle les radicaux jouent toujours, de quelque bord qu'ils soient, c'est la culpabilisation de la mère. Je crois que c'est celà qu'il y avait dans la première version d'Emmanuelle.
C'est d'ailleurs ce qui me choque immédiatement dans le titre d'une publi que nous a envoyé Sonia, sur les 18 consultations comme "prévention mère-enfant". Ce titre est monstrueux (à voir dans le texte si ce n'est pas humoristique) , comme si les femmes étaient toutes des dangers pour leur enfant, danger qu'il faudrait prévenir en les encadrant dès la grossesse. Le pire c'est que dans les forums les femmes qui se crêpent le chignon jouent sur la même corde sensible. Nous sommes femmes avant d'être mère, et être mère ne nous efface pas en tant qu'individu. Effectivement, ils faudraient que les femmes, allaitantes ou biberonnantes, se parlent un peu plus en tant qu'individus et un peu moins en tant que mères ;-)
Tentative de communiqué version 2 - 28 octobre 2009
Propositions de Sonia et de Madeleine intégrées dans cette version 2. Les discussions de ces 5 derniers jours autour de cette propositin de communiqué sont enregistrées sur http://wiki.naissance.asso.fr/index.php/IHABetNaissanceRespecteePage2 (GroupeCiane/rpcrpc). Si il y a consensus relatif sur Ciane-CA, j'envoie sur liste Ciane. J'attends de toute façon l'avis d'Aurélie. Revoir peut être la conclusion (après le point 5), je crois qu'elle ne sert à rien.
Version 2 Projet de communiqué du Collectif interassociatif autour de la naissance (Ciane)
Nous sommes régulièrement interpelés sur la position du CIANE vis à vis de l'Initiative Hopital ami des bébés (IHAB) pilotée, en France, par la Coordination française pour l'allaitement maternel.
Le Ciane est attaché à la liberté de choix des parents. Nous sommes de principe favorables au développement des labels l'IHAB qui permettent de répondre partiellement aux besoins des femmes pour l'excercice de certains de leurs choix. Nous souhaitons cependant souligner les points suivants:
1. Le CIANE considère que le choix d'allaiter ou de ne pas allaiter est un choix personnel de chaque mère, et qui doit être respecté en toutes circonstances 2. Pour le Ciane, ce choix doit s'exercer par libre détermination personnelle, ce qui suppose qu'elles aient à leur disposition des informations exactes sur les avantages connus de l'allaitement et sur de les pratiques qui permettent la mise en place et la poursuite de l'allaitement quelle que soit la durée qu'elles envisagent, et que ces données leur soit proposée de manière respectueuse de leurs choix
3. Les pratiques associées à la réussite de l'allaitement (ex pas de compléments) et celles qui favorisent également le lien mère enfant (ex. peau à peau) doivent être connues des professionnels de santé et des femmes qui souhaitent en être informées. Le Ciane souhaite la vigilance sur le fait que ces pratiques doivent être favorisées, mais qu'elles ne doivent pas être imposées de manière rigide par des protocoles hospitaliers, ni ressenties comme imposées, que la femme ait ou non l'intention d'initier et de poursuivre l'allaitement.
4. Les indicateurs de qualité proposés aux maternités par l'IHAB, taux d'allaitement ou indicateurs secondaires (complément, biberon, sucette) sont des chiffres qui concernent uniquement la santé publique et les pratiques professionnels. Le Ciane ne soutient pas ces indicateurs qui ne prennent pas en compte les choix (et éventuellement leur évolution) de la femme et le fait qu'elle ait ou non été soutenue efficacement dans ses choix.
5. Le label IHAB est principalement centré sur le respect du nouveau-né. Nous apprécions néanmoins les efforts portés par la CoFam ces trois dernières années pour étendre le champ de ses réflexions au respect de la physiologie de l'accouchement. Mais pour le Ciane, cette approche est insatisfaisante: l'histoire regorge trop d'exemples dans lesquels l'intérêt supposé de l'enfant a été utilisé pour s'opposer à la volonté, à l'intérêt, au désir des femmes pour que nous nous contentions du cadre proposé par la CoFAM. Le projet de label des maternités sur lequel le Ciane réfléchit - et qui s'inspire de l'International Mother Baby Childbirth Initiative - développe une approche plus globale et prend en compte le respect de la femme, du couple et du nouveau-né.
Le label IHAB permet aux les femmes d'être informées sur les pratiques des maternités en matière d'allaitement et de choisir en connaissance de cause. C'est la raison pour laquelle le Ciane y est favorable, avec les réserves exprimées plus haut et en soulignant qu'il ne s'agit là que d'une réponse partielle aux besoins des usagers concernés par la naissance.
MA
J'aurais plutôt tendance à supprimer la phrase de l'intro qui est redondante avec la conclusion et à garder la conclusion. Quelques modifs dans le texte:
Nous sommes régulièrement interpelés sur la position du CIANE vis à vis de l'Initiative Hopital ami des bébés (IHAB) pilotée, en France, par la Coordination française pour l'allaitement maternel.
Le Ciane est attaché à la liberté de choix des parents, et ce principe s'applique à l'allaitement comme à la grossesse et à l'accouchement. Ceci nous amène à formuler les remarques suivantes:
1. Le CIANE considère que le choix d'allaiter ou de ne pas allaiter est un choix personnel de chaque mère, et qui doit être respecté en toutes circonstances.
2. Pour le Ciane, ce choix doit s'exercer par libre détermination personnelle, ce qui suppose que les femmes aient à leur disposition des informations exactes sur les avantages connus de l'allaitement et sur les pratiques qui permettent la mise en place et la poursuite de l'allaitement, quelle qu'en soit la durée envisagée. En même temps que ces informations leur sont apportées, il est important de leur rappeler qu'elles seules sont maîtres de la décision.
3. Les pratiques associées à la réussite de l'allaitement (ex pas de compléments) au même titre que celles qui favorisent le lien mère enfant (ex. peau à peau,) doivent être connues des professionnels de santé et des femmes qui souhaitent en être informées. Le Ciane souhaite la vigilance sur le fait que ces pratiques doivent être favorisées, mais qu'elles ne doivent pas être imposées de manière rigide par des protocoles hospitaliers, ni même pouvoir être ressenties comme imposées, du fait de jugements de valeur implicitement contenus dans l'information donnée par les soignants.
4. Les indicateurs de qualité proposés aux maternités par l'IHAB, taux d'allaitement ou indicateurs secondaires (complément, biberon, sucette) sont des chiffres qui concernent uniquement la santé publique et les pratiques professionnelles. Le Ciane considère que ces indicateurs sont insuffisants, car ils ne prennent pas en compte les choix (et éventuellement leur évolution) de la femme et le fait qu'elle ait ou non été soutenue efficacement dans ses choix.
5. Le label IHAB est principalement centré sur le respect du nouveau-né. Nous apprécions néanmoins les efforts portés par la CoFam ces trois dernières années pour étendre le champ de ses réflexions au respect de la physiologie de l'accouchement. Mais pour le Ciane, cette approche est insatisfaisante: l'histoire regorge trop d'exemples dans lesquels l'intérêt supposé de l'enfant a été utilisé pour s'opposer à la volonté, à l'intérêt, au désir des femmes pour que nous nous contentions du cadre proposé par la CoFAM. Le projet de label des maternités sur lequel le Ciane réfléchit - et qui s'inspire du label de l'International Mother Baby Childbirth Initiative - développe une approche plus globale et prend en compte le respect de la femme, du couple et du nouveau-né.
Le label IHAB permet aux les femmes d'être informées sur les pratiques des maternités en matière d'allaitement et de choisir en connaissance de cause. C'est la raison pour laquelle le Ciane y est favorable, avec les réserves exprimées plus haut et en soulignant qu'il ne s'agit là que d'une réponse partielle aux besoins des usagers concernés par la naissance.
EP
Madeleine. Dans ta suggestion de zapper l'introduction en faveur de la conclusion: on commencerait directement au 1. (sans dire de quoi on parle et pourqoi?)
1. Tu remplaces "femme" par "mère". OK, mais pourquoi? (désigner la femme, même mère, par le terme "mère" était un choix délibéré) 2. Tu remplaces"et que ces données leur soit proposée de manière respectueuse de leurs choix" par "En même temps que ces informations leur sont apportées, il est important de leur rappeler qu'elles seules sont maîtres de la décision.". C'est en effet mieux dit. Sauf qu'une femme maître de sa décision, ça me choque (et une femme maîtresse, encore plus). Et puis non, je ne veux pas qu'on leur apporte des informations en leur rappelant que ce sont elles qui prennent la décision. Ou alors : "En même temps que ces informations leur sont proposées, il est important de leur rappeler que la décision leur appartient et qu'elles n'ont pas à en justifier." 3. 'Le Ciane souhaite la vigilance sur le fait que ces pratiques doivent être favorisées, mais qu'elles ne doivent pas être imposées de manière rigide par des protocoles hospitaliers, ni même pouvoir être ressenties comme imposées, du fait de jugements de valeur implicitement contenus dans l'information donnée par les soignants.' qui remplace 'Les pratiques associées à la réussite de l'allaitement (ex pas de compléments) et celles qui favorisent également le lien mère enfant (ex. peau à peau) doivent être connues des professionnels de santé et des femmes qui souhaitent en être informées. Le Ciane souhaite la vigilance sur le fait que ces pratiques doivent être favorisées, mais qu'elles ne doivent pas être imposées de manière rigide par des protocoles hospitaliers, ni ressenties comme imposées,que la femme ait ou non l'intention d'initier et de poursuivre l'allaitement. Est-ce qu'il n'y a que les soignants qui véhiculent des jugements de valeur? Non. Je souhaite discussion sur ce point. 5. Sur 'développe une approche plus globale et prend en compte le respect de la femme, du couple et du nouveau-né.'. Ce point m'avait échappé, mais ne nous enformons nous pas dans une norme discutable en supposant qu'un couple''' est forcément partie prenante de l'histoire?
AS 29 oct
Bonjour à tous , je suis en accord avec les réflexions de Cécile et de Anne et je trouve le texte très bien sauf le point 5 car je ne reconnais pas ce que je connais de l'IHAB dans la description mais je vois qund même ce que vous voulez dire . J'ai évoqué souvent le fait que le titre" IHAB" pouvait nuire à la démarche parcequ'il ne représentait pas la vraie idée sous -jacente beaucoup plus complète à mon avis . Pour répondre à Anne sur les femmes qui se disputent , c'est je pense en raison du jugement que les femmes sont habituées à supporter en toutes circonstances . Quoi qu'on fasse comme choix en tant que femme, on est attendue au tournant et cela ne facilite pas le non- jugement, le respect des choix individuels... Je suis tout à fait d'accord pour dire que l'allaitement est un choix qui relève de l'intime et qu'il faut beaucoup délicatesse de tact et de qualité d'écoute pour informer sans brusquer et ne pas poser de jugement de valeur.
C'est je pense un point important que l' IHAB est mieux à même de gérer que des lieux sur lesquels les personnels n'ont pas toujours été sensibilisés (pour certaines personnes c'est naturel d'accepter les choix avec bienveillance et pour d'autre pas comme vous savez) Dans l'IHAB on réfléchi à soutenir les parents dans leurs choix et pas du tout à les forcer à allaiter à tout prix et on oeuvre pas juste dans l'intérêt du bébé mais toujours dans la valorisation du lien de la famille qui vient de naitre .
AS
Je trouve les modifications de M très bien à l'exception du 5 comme je disais ds mon mail précédent. Pour le mot "mère" au lieu de femme je ne vois pas de problème, en effet , c'est bien une mère qui peut choisir d'allaiter ou pas et on est pas moins mère à refuser ou choisir l'allaitement? Je ne le pense pas, c 'est une manière de faire différente . A ce sujet, je remarque que de nombreuses personnes s'estiment elles -mêmes ou sont jugées plus femmes ou plus mères. Pour moi , il n'y a pas d'opposition entre les deux, c'est comme lorsque des gens du genre de Rufo sortent que la femme qui allaite est moins disponible pour son mari , comme si la femme était soit le joujou de l'un soit de l'autre!!!
Comme si on était toujours abstinente en cas d'allaitement en plus! N'importe quoi... Pour moi une femme doit décider elle- même que faire avec ses seins et le reste et l'idéologie dominante qui veut qu'on choisisse son camp: t'est femme ou t'es mère me semble terriblement réducteur de ce qu'est une femme et désuet. Une femme ça peut faire plusieurs choses en même temps, être multiple et complexe si si !Une femme , même mère, ça peut vouloir pleins de choses comme, comme ...STOP ! je m'égare
Enfin, on peut avoir du mal à lui coller une AOC pour la définir .
MA (à EP qui a lu tout de travers)
. >Dans ta suggestion de zapper l'introduction en faveur de la conclusion: on commencerait directement au 1. (sans dire de quoi on parle et pourqoi?)
Ben non: j'ai modifié l'introduction en supprimant la phrase qui était redondante avec la conclusion
"Nous sommes régulièrement interpelés sur la position du CIANE vis à vis de l'Initiative Hopital ami des bébés (IHAB) pilotée, en France, par la Coordination française pour l'allaitement maternel.
Le Ciane est attaché à la liberté de choix des parents, et ce principe s'applique à l'allaitement comme à la grossesse et à l'accouchement. Ceci nous amène à formuler les remarques suivantes:"
>1. Tu remplaces "femme" par "mère". OK, mais pourquoi? (désigner la femme, même mère, par le terme "mère" était un choix délibéré)
Non, regarde ton message: c'est toi qui as mis "mère", ce qui a provoqué chez moi la même réaction que la tienne; mais je n'ai pas voulu faire de vague et s'agissant de l'allaitement, ça me choque moins que d'autre chose
>2. Tu remplaces"et que ces données leur soit proposée de manière respectueuse de leurs choix" par "En même temps que ces informations leur sont apportées, il est important de leur rappeler qu'elles seules sont maîtres de la décision.". C'est en effet mieux dit. Sauf qu'une femme maître de sa décision, ça me choque (et une femme maîtresse, encore plus). Et puis non, je ne veux pas qu'on leur apporte des informations en leur rappelant que ce sont elles qui prennent la décision. Ou alors : "En même temps que ces informations leur sont proposées, il est important de leur rappeler que la décision leur appartient et qu'elles n'ont pas à en justifier."
ce qui me gênait dans la phrase précédente, c'est que, si on apporte des informations, c'est qu'on considère que la décision n'est pas prise; or la formulation laisse entendre le contraire.
>3. 'Le Ciane souhaite la vigilance sur le fait que ces pratiques doivent être favorisées, mais qu'elles ne doivent pas être imposées de manière rigide par des protocoles hospitaliers, ni même pouvoir être ressenties comme imposées, du fait de jugements de valeur implicitement contenus dans l'information donnée par les soignants.' qui remplace '''
Non je n'ai pas enlevé la première phrase: "les pratiques associées..."
>Les pratiques associées à la réussite de l'allaitement (ex pas de compléments) et celles qui favorisent également le lien mère enfant (ex. peau à peau) doivent être connues des professionnels de santé et des femmes qui souhaitent en être informées. Le Ciane souhaite la vigilance sur le fait que ces pratiques doivent être favorisées, mais qu'elles ne doivent pas être imposées de manière rigide par des protocoles hospitaliers, ni ressenties comme imposées,que la femme ait ou non l'intention d'initier et de poursuivre l'allaitement.'' Est-ce qu'il n'y a que les soignants qui véhiculent des jugements de valeur? Non. Je souhaite discussion sur ce point.
le problème, c'est de savoir à qui on s'adresse: parlant de professionnels de sant, de protocoles hospitaliers - et l'ensemble du texte parle quand même de ça, du label Initiative Hôpital Ami des Bébés - le fait que d'autres personnes que les soignants (et j'inclus dedans les auxiliaires de puériculture etc.) puissent véhiculer des jugements de valeur me paraît largement inaudible, et à la limite pas pertinent: tu penses à qui en particulier? les médias? la famille? Si c'est juste qut tu trouves le mot "soignants" trop étroit, on peut mettre "personnel des maternités" Si tu veux maintenir ce point, il faut en faire un point à part. j'avais pensé mettre au lieu de "du fait de jugements de valeur implicitement contenus dans l'information donnée par les soignants" / du fait de jugements de valeur implicitement contenus dans les comportements des soignants", c'était plus large mais je me suis demandé si c'était assez clair. sinon on peut mettre "du fait de jugements de valeur implicitement contenus dans les comportements du personnel des maternités"
>5. Sur 'développe une approche plus globale et prend en compte le respect de la femme, du couple et du nouveau-né.'. Ce point m'avait échappé, mais ne nous enformons nous pas dans une norme discutable en supposant qu'un couple''' est forcément partie prenante de l'histoire?
On parle là d'autre chose que d'allaitement, or dans le label il est question de "père": pour la même raison que l'utilisation du mot "mère" me gêne parfois, j'ai préféré mettre "couple" que "père", qui installe l'homme en tant que lié à la femme, dépendant de sa volonté de l'intégrer (et pas en première instance en raison de sa relation à l'enfant): la plupart des femmes considèrent quand même que leur compagnon est partie prenante dans tout ça, c'est aller assez loin que de considérer qu'il ne doit pas a priori faire partie de l'histoire.
BB
Le point "et qu'elles n'ont pas à en justifier" me paraît très important, de même que la formulation qui laisserait entendre que ce ne sont pas seulement les personnels soignants qui mettent la pression dans un sens ou dans l'autre.
Pour ce qui est de "respect de la femme, du couple et du nouveau-né", c'est effectivement une chose que nous avons toujours eu de la difficulté à formuler, et c'est pourquoi nous avons fini par parler de "naissance respectée". Il faut éviter de véhiculer un modèle implicite dans une société qui affirme une diversité - familles monoparentales, homparentales, etc. - sur laquelle nous n'avons pas à prendre position.
Peut-être que l'expression "respect des femmes, des parents et des nouveau-nés" introduirait assez de flou pour ne pas véhiculer de présupposés. Des parents, il y en a toujours, couples ou non...
Le choix entre "mère" et "femme" ne me paraît pas critique puisque, dans cette situation particulière, la femme potentiellement allaitante est bien dans un rôle de mère. Mais on peut renverser cette objection en disant que dans ce cas c'est redondant de parler de "mère", avec le risque d'une glorification du rôle maternel qui hérisse les féministes et les anti-sexistes.
MA (à BB)
>Le point "et qu'elles n'ont pas à en justifier" me paraît très important, >de même que la formulation qui laisserait entendre que ce ne sont pas >seulement les personnels soignants qui mettent la pression dans un sens >ou dans l'autre.
Tu veux dire "le personnel des maternités" ou "la société en général"? cf mon message précédent. On est dans le cadre d'une discussion IHAB, donc j'ai du mal à voir comment on introduit "la société en général", et de l'application de pratiques en milieu hispitalier.
BB
Tu as raison. "Mersonnel des maternités" me paraît une expression assez large.
CL
Bon, alors il est tout bon ce texte maintenant :-) Il faudrait quand même le faire circuler sur la liste CIANE pour transmission aux associations avant de le rendre public me semble-t-il (avec un délai de une semaine ?).
BB
A mon avis, circuler une semaine sur a liste CIANE, puis affichage sur http://ciane.info comme un "projet de motion". On retirera "projet" après un délai de 2 semaines environ.
AS
Bon, je me répète plus clairement parce que c'est important et même capital pour moi mais je suis opposée au point 5 en l'état, la définition ou description de l'IHAB est fausse et ça me bouleverse .( CF mes messages de ce matin ) Cela me donne l'impression ne n'avoir pas réussi à vous convaincre de ce qu'est l'IHAB ou que je ne vouliez pas entendre ou croire ce que j'en dis . De ce fait , je suis assez enquiquinée par ce communiqué qui va résonner comme une provocation envers la COFAM alors que mon souhait était d'avancer dans la même direction , parce que je suis persuadée que c'est la même direction... Aurélie PS pour biberon de complément il faudrait rajouter "biberon de complément injustifié" car dans de rares cas ça se justifie.
MA
Le label IHAB est principalement centré sur le respect du nouveau-né. Nous apprécions néanmoins les efforts portés par la CoFam ces trois dernières années pour étendre le champ de ses réflexions au respect de la physiologie de l'accouchement. Mais pour le Ciane, cette approche est insatisfaisante: l'histoire regorge trop d'exemples dans lesquels l'intérêt supposé de l'enfant a été utilisé pour s'opposer à la volonté, à l'intérêt, au désir des femmes pour que nous nous contentions du cadre proposé par la CoFAM. Le projet de label des maternités sur lequel le Ciane réfléchit - et qui s'inspire du label de l'International Mother Baby Childbirth Initiative - développe une approche plus globale et prend en compte le respect de la femme, des parents et du nouveau-né.
Je ne comprends pas; Il n'est pas question de la définition de l'IHAB, sauf pour flatter la COFAM des efforts qu'ils ont fait pour prendre en compte au delà de l'allaitement l'accouchement respecté. Le reste est une position de principe sur un label qui met au centre de ses préoccupations le bébé (c'est dans leur titre quand même), et dire qu'on préfèrerait un autre label qui prenne explicitement en compte les femmes. qu'est-ce qui te gêne? Qu'on fasse référence au fait que la considération de l'intérêt des enfants a été et est toujours utilisée comme argument pour imposer des choses aux femmes? Si les gens qui appliquent aujourd'hui le lable IHAB font des efforts méritoires, il n'y a rien dans le label lui-même qui garantisse contre une autre version, cf le témoignage donné par Chantal sur le fonctionnement de Lons il y a quelques années.
Fais une proposition qui respecte ce point fondamental sur lequel je pense qu'il y a un accord très large.
AE
Je crois que ce que souligne Madeleine est important : oui, concrètement, ceux qui mettent en oeuvre l'IHAB font de vrais efforts sans doute pour que cela soit le plus global possible. Mais le label en lui-même, sa définition, son contenu théorique ne sont pas modifiés. Les dix points mis en avant pour l'obtention du label sont certes des indispensables pour qu'un allaitement s'enclenche le mieux possible et que l'on ne nuise pas aux mamans qui souhaitent allaiter, mais n'empêche que ces dix points se positionnent toujours du coté du soignant. Il est logique que le CIANE, sans remettre en cause bien sûr leur bien fondé, réagisse en mettant en avant une demande de formulation qui parle de la mère et de son choix.
Que sur le terrain on trouve des équipes que ce label fasse réfléchir sur la globalité de l'accompagnement, tant mieux, mais cela ne doit en aucun cas nous empêcher de travailler à ce que le support théorique, donc celui qui fonde tout de même la communication autour de l'IHAB, reflètent plus, dans sa formulation, les principes qui nous sont chers. Par exemple, « Encourager la constitution d'associations de soutien à l'allaitement maternel et leur adresser les mères dès leur sortie de l'hôpital ou de la clinique. » : franchement, moi, je travaille dans toutes les réunions du réseau où l'on parle des messages aux mères pour que l'on raye définitivement ces formulations. C'est peut-être symbolique, mais non, on « n'adresse pas des mères » aux associations. On s'informe des soutiens éventuels qu'elles peuvent avoir, parce qu'elles en ont peut-être, et on leur remet les coordonnées des associations existantes, et elles sont grandes alors, si elles veulent, elles s'adressent toutes seules. Bon, on ne risque pas grand-chose sur ce coup là, vu qu'avant déjà que les maternités donnent effectivement le nom des associations, on a de la marge. Mais cet exemple pour dire que il y a du travail à faire, parce que ce label n'a pas été élaboré par des usagers, et que ça se sent. Pour Aurélie, qui est tous les jours là-dedans, sa perception est sans aucun doute différente. Mais je ne trouve pas antinomique de soutenir les initiatives qui vont dans ce sens tout en rappelant que le droit des parents/ couples/mère/femme/père
Communiqué version 3 (2 novembre)
Version 3. Toujours sur Ciane-CA. Ajouts en gras et entre '''. En gros, c'est le paragraphe 5 qui est en gras et sur lequel il faut que tout le monde soit d'accord. E.Phan
Nous sommes régulièrement interpelés sur la position du CIANE vis à vis de l'Initiative Hopital ami des bébés (IHAB) pilotée, en France, par la Coordination française pour l'allaitement maternel.
Le Ciane est attaché à la liberté de choix des parents, et ce principe s'applique à l'allaitement comme à la grossesse et à l'accouchement. Ceci nous amène à formuler les remarques suivantes:
1. Le CIANE considère que le choix d'allaiter ou de ne pas allaiter est un choix personnel de chaque femme, et qui doit être respecté en toutes circonstances.
2. Pour le Ciane, ce choix doit s'exercer par libre détermination personnelle, ce qui suppose que les femmes aient à leur disposition des informations exactes sur les avantages connus de l'allaitement et sur les pratiques qui permettent la mise en place et la poursuite de l'allaitement, quelle qu'en soit la durée envisagée. Le Ciane souligne que, en même temps que ces informations sont 'proposées aux femmes', il est important de leur rappeler que la décision leur appartient et qu'elles n'ont pas à la justifier.
3. Les pratiques associées à la réussite de l'allaitement (ex pas de compléments 'injustifiés') au même titre que celles qui favorisent le lien mère enfant (ex. peau à peau,) doivent être connues des professionnels de santé et des femmes qui souhaitent en être informées. Le Ciane souhaite la vigilance sur le fait que ces pratiques doivent être favorisées, mais qu'elles ne doivent pas être imposées de manière rigide par des protocoles hospitaliers, ni même pouvoir être ressenties comme imposées, du fait de jugements de valeur implicitement contenus dans l'information donnée par le personnel des maternités.
4. Les indicateurs de qualité proposés aux maternités par l'IHAB, taux d'allaitement ou indicateurs secondaires (complément, biberon, sucette) sont des chiffres qui concernent uniquement la santé publique et les pratiques professionnelles. Le Ciane considère que ces indicateurs sont insuffisants, car ils ne prennent pas en compte les choix (et éventuellement leur évolution) de la femme et le fait qu'elle ait ou non été soutenue efficacement dans ses choix.
5. 'Le Ciane entend que la mise en oeuvre de l'IHAB se fait de façon respectueuse des choix des femmes et apprécie les efforts de la CoFam pour étendre le champs de ses réflexions au respect de la physiologie de l'accouchement. Néanmoins, le contenu théorique et la dénomination même du label IHAB reflètent des préoccupations centrées prioritairement sur le nouveau-né. Or, le Ciane refuse par principe ce positionnement car, historiquement, c'est l'argument de l'intérêt supposé de l'enfant qui a été mis en avant pour s'opposer à la volonté, à l'intérêt, au désir des femmes. C'est pour cette raison que le projet de label des maternités sur lequel le Ciane réfléchit - et qui s'inspire du label de l'International Mother Baby Childbirth Initiative - développe une approche plus globale et prend en compte le respect des femmes, des parents et des nouveau-nés.'
Le label IHAB permet aux les femmes d'être informées sur les pratiques des maternités en matière d'allaitement et de choisir en connaissance de cause. C'est la raison pour laquelle le Ciane y est favorable, avec les réserves exprimées plus haut et en soulignant qu'il ne s'agit là que d'une réponse partielle aux besoins des usagers concernés par la naissance.
AE
Je trouverais très important qu'Aurélie nous réponde sur le débat par rapport à l'IHAB. Aurélie, tu as témoigné d'une émotion très vive quant à ce que le point t'évoquait. Il y a eu d'autres réactions sur le sujet, dont la mienne. Peux-tu nous dire ce que tu en penses maintenant ? Bonne journée à tous. Anne
BB
D'accord avec l'ensemble y compris le paragraphe 5 dont la réserve est tempérée par le soutien énoncé en conclusion.
(=> "Le champ", sans 's'.)
Il me semble qu'à ce stade on pourrait étendre la discussion du texte à la liste du CIANE pour arriver à un communiqué commun qui fasse consensus.
AS
J'ai une remarque sur le dernier paragraphe , le 5 est mieux pour moi , je vous comprends mieux.
>Le label IHAB permet aux les femmes d'être informées sur les pratiques des maternités en matière d'allaitement et de choisir en connaissance de cause.
Là, je trouve que vous réduisez l' action de l'IHAB. C'est surtout que cela permet aux femmes d'être soutenues pour démarrer leur allaitement dans d'excellentes conditions , avec des personnels formés qui ont un discours cohérent , du temps et qui ne mettent pas l'allaitement en péril par de mauvaises pratiques, c'est pas juste bien donner un info, c'est aider une femme à réaliser un projet important pour elle qui va peut-^tre lui permettre d'allaiter de temps qu'elle souhaite, quelques jours ou quelques mois ou années , c'est pas rien quand même !
> C'est la raison pour laquelle le Ciane y est favorable, avec les réserves exprimées plus haut et en soulignant qu'il ne s'agit là que d'une réponse partielle aux besoins des usagers concernés par la naissance.
EP
Je propose cette conclusion (le gras a changé)
- Le label IHAB permet aux femmes d'identifier les maternités organisées pour accompagner de manière cohérentes le démarrage de l'allaitement'''. C'est la raison pour laquelle le Ciane y est favorable, avec les réserves exprimées plus haut et en soulignant qu'il ne s'agit là que d'une réponse partielle aux besoins des usagers concernés par la naissance.
Cela va comme ça Aurélie?
AS 7 nov
Bonjour , merci beaucoup Emmanuelle, c'est mieux! Si on pouvait mettre plutôt :en soulignant qu'il s'agit d'une réponse partielle aux besoins des usagers concernés par la naissance. au lieu de :
en soulignant qu'il ne s'agit là que d'une réponse partielle aux besoins des usagers concernés par la naissance.
Version 4. Envoi sur liste Ciane
EP 11 nov 2009
Pour la liste Ciane. Voici un projet de communiqué qui a été discuté par les membres du CA du Ciane, et un consensus a pu être atteint après pas mal de discussions. Le sujet est difficile. Il est important que les associations membres du Ciane soient aussi en accord. J'invite les membres de la liste à réagir, éventuellement au nom de leur association.
Nous sommes régulièrement interpelés sur la position du CIANE vis à vis de l'Initiative Hopital ami des bébés (IHAB) pilotée, en France, par la Coordination française pour l'allaitement maternel.
Le Ciane est attaché à la liberté de choix des parents, et ce principe s'applique à l'allaitement comme à la grossesse et à l'accouchement. Ceci nous amène à formuler les remarques suivantes:
1. Le CIANE considère que le choix d'allaiter ou de ne pas allaiter est un choix personnel de chaque femme, et qui doit être respecté en toutes circonstances.
2. Pour le Ciane, ce choix doit s'exercer par libre détermination personnelle, ce qui suppose que les femmes aient à leur disposition des informations exactes sur les avantages connus de l'allaitement et sur les pratiques qui permettent la mise en place et la poursuite de l'allaitement, quelle qu'en soit la durée envisagée. Le Ciane souligne que, en même temps que ces informations sont 'proposées aux femmes', il est important de leur rappeler que la décision leur appartient et qu'elles n'ont pas à la justifier.
3. Les pratiques associées à la réussite de l'allaitement (ex pas de compléments 'injustifiés') au même titre que celles qui favorisent le lien mère enfant (ex. peau à peau,) doivent être connues des professionnels de santé et des femmes qui souhaitent en être informées. Le Ciane souhaite la vigilance sur le fait que ces pratiques doivent être favorisées, mais qu'elles ne doivent pas être imposées de manière rigide par des protocoles hospitaliers, ni même pouvoir être ressenties comme imposées, du fait de jugements de valeur implicitement contenus dans l'information donnée par le personnel des maternités.
4. Les indicateurs de qualité proposés aux maternités par l'IHAB, taux d'allaitement ou indicateurs secondaires (complément, biberon, sucette) sont des chiffres qui concernent uniquement la santé publique et les pratiques professionnelles. Le Ciane considère que ces indicateurs sont insuffisants, car ils ne prennent pas en compte les choix (et éventuellement leur évolution) de la femme et le fait qu'elle ait ou non été soutenue efficacement dans ses choix.
5. Le Ciane entend que la mise en oeuvre de l'IHAB se fait de façon respectueuse des choix des femmes et apprécie les efforts de la CoFam pour étendre le champs de ses réflexions au respect de la physiologie de l'accouchement. Néanmoins, le contenu théorique et la dénomination même du label IHAB reflètent des préoccupations centrées prioritairement sur le nouveau-né. Or, le Ciane refuse par principe ce positionnement car, historiquement, c'est l'argument de l'intérêt supposé de l'enfant qui a été mis en avant pour s'opposer à la volonté, à l'intérêt, au désir des femmes. C'est pour cette raison que le projet de label des maternités sur lequel le Ciane réfléchit - et qui s'inspire du label de l'International Mother Baby Childbirth Initiative - développe une approche plus globale et prend en compte le respect des femmes, des parents et des nouveau-nés.
Le label IHAB permet aux femmes d'identifier les maternités organisées pour accompagner de manière cohérentes le démarrage de l'allaitement'''. C'est la raison pour laquelle le Ciane y est favorable, avec les réserves exprimées plus haut et en soulignant qu'il s'agit là d'une réponse partielle aux besoins des usagers concernés par la naissance
CC 11 nov
Juste une petite remarque : à mon avis, le Ciane n'a absolument aucun problème avec l'allaitement... Mais les "pro allaitements" on un problème avec l'idée que même informées, certaines femmes n'aient pas envie d'allaiter. Et encore plus avec l'idée que le Ciane puisse soutenir ce choix comme étant légitime et respectable.
On sent une vraie pression toujours dans le sens "c'est bon pour la santé du bébé", "il a le droit", blablabla... Comparer le choix de ne pas allaiter avec celui d'une demande de césarienne de convenance me paraît pour le moins déplacé : la césarienne de convenance, c'est un geste chirurgical réclamant l'intervention du médecin et comportant un risque grave pour la femme (mortalité maternelle '''3 par rapport à la voie basse).
Les bébés nourris au lait maternisés vont bien. Même si les statistiques établissent un gain sur le plan santé (résistance aux infections par exemple), ce ne sont que des statistiques. J'ai dans mon entourage plein de bébés allaités faisant des réactions allergiques alors que d'autres nourris au lait maternisé se portent bien.
Ça me fait beaucoup penser aux stats avancées par les pro ou anti accouchement à domicile : toujours des batailles de chiffres avec des études plus ou moins biaisées parfois mais qui font totalement abstraction d'un fait qui me paraît important : on a le droit d'opter pour une voie qui n'offre pas sur le plan statistique et au vu des études disponibles le meilleur gain en matière de santé (d'autant que les critères sont toujours ciblés : impact sur quoi et comment ?).
Si demain on "prouvait" que l'accouchement à domicile est statistiquement moins sûr, aurait-on le droit de l'interdire ? Si on prouvait que l'AAD est moins risqué que l'accouchement à l'hosto, devrait-on interdire l'accès à l'hôpital pour les femmes à bas risque ? Si on prouvait que les nouvelles formules lactées pour nourrissons sont meilleures à certains égards du fait de la pollution du lait maternel, faudrait-il interdire l'allaitement ?
Et le vécu dans tout cela ? Et le plaisir ? Et le droit de disposer de son corps librement ? De mener sa vie comme bon nous semble ? D'être enfin reconnu comme des adultes responsables ? Merde, les statistiques y a un moment où il faut les remettre à leur place ! Des probabilités plus ou moins importantes sur le plan collectif d'avoir tel ou tel souci. Point. Ça ne détermine pas forcément l'issue d'un choix individuel ! Et même, y a pas que la "Santé" dans la vie, non ?
J'ai beaucoup aimé la remarque de Paul Cesbron concernant le choix des femmes à allaiter : elles y trouvent du plaisir à travers ce contact particulier avec leur bébé, suscitant de nombreux sens. Il faut aussi admettre que pour certaines femmes, ce contact puisse se faire autrement qu'avec un sein. Si pas de plaisir à offrir un sein nourricier, autant prendre plaisir à donner un biberon ! Ca n'empêche pas le contact avec la peau, de respirer l'odeur de son petit, de le caresser, etc.
Allaiter par plaisir. Biberonner par plaisir si on ne ressent pas de plaisir à allaiter. Accoucher par plaisir, chez soi ou à l'hosto, de la manière qui nous plait le plus. Etre mère en restant en accord avec soi même ; ne pas devenir invisible, sacrifiée à la cause d'un bébé selon les vertus que la société reconnaît à telle ou telle pratique le concernant. Pourquoi faudrait-il être l'otage de statistiques (toujours susceptibles d'être remises en cause au fil du temps) pour se voir imposer tel ou tel comportement ?
Le discours "pro allaitement" m'est de plus en plus difficile à entendre. Car je le trouve souvent "anti femmes" ; portant un jugement négatif sur celles qui ne veulent pas s'y coller et une auréole de sainteté sur celles qui ont compris que c'était la Juste Voie pour avoir de jolis bébés très intelligents très gentils et en bonne santé (on a des responsabilités, non quand on enfante !). Sous entendu les autres sont irresponsables ou connes. Et pourtant j'ai allaité, pris du plaisir à le faire et le referai si j'avais un autre enfant. Mais les statistiques, je m'en balance en l'occurrence.
Voilà ma coup de gueule du mercredi 11 novembre. Il n'engage évidemment que moi :-)
Le communiqué me paraît très bien. Emmanuelle : pas de suggestion là sur le passage où tu demandes de l'aide. Pas vraiment le temps, je dois sortir ;-)
JC
Personnellement je trouve ce texte très bien écrit et je suis entièrement en accord avec son contenu. Je transmets au reste du CA de mon asso pour avoir leur avis !
(Association Simplement Parents)
SH (à CC)
il y a un truc qui me chiffonne dans ton argumentation.
> Les bébés nourris au lait maternisés vont bien. Même si les statistiques établissent un gain sur le plan santé (résistance aux infections par
exemple), 'ce ne sont que des statistiques'.
Mais les statistiques, c'est le fondement même de l'EBM... non ? Si on les envoie bouler parce que ça ne nous arrange pas .... ou va-t-on ?
Qu'on dise : "j'accepte de prendre ce risque parce que pour moi les bénéfices sont supérieurs", et par bénéfice j'entends aussi les bénéfices non-tangibles du style "je n'ai aucun plaisir à allaiter", c'est une chose. Qu'on dise "ce ne sont que des statistiques, je connais plein de bébés allaités malades et de bébés au biberon qui vont bien", à mes yeux de scientifique-maniaque-des-chiffres, ça me choque profondément.
Et tu vois, si on rembarre le truc avec "ce n'est qu'une statistique", alors du coup ...
> la césarienne de convenance, c'est un geste chirurgical réclamant l'intervention du médecin et comportant un risque grave pour la femme (mortalité maternelle '''3 par rapport à la voie basse).
Du coup, ça aussi je pourrais dire que ce n'est qu'une statistique ('''3 certes, mais c'est '''3 de pas grand chose, et au final ça reste du pas grand chose). L'immense majorité des mères ayant eu une césarienne sont encore vivantes (Dieu merci !)... donc, en quoi est ce que cette statistique-là serait plus valable, plus à prendre en compte, que la statistique de la santé des BBs allaités ?
Bref, pour moi, non,.on ne peut pas dire "ce n'est que des statistiques". C'est un élément dans la balance qu'il ne faut pas nier, à côté de plein d'autres éléments et tu (vous) avez raison de citer la notion de plaisir ou non-plaisir d'allaiter comme un autre élément important. Mais si on commence à dire que "les statistiques ça ne compte pas", pour moi, on sape une bonne partie de la démarche "EBM/bonnes pratiques" du CIANE....
CC (à SH)
Mon argumentation visait à établir que dans la vie de tous les jours, on ne prend pas forcément ses décisions en fonction de "statistiques". Elles ne dictent pas mon choix en matière d'allaitement.
Tu fais bien de parler d'EBM : evidence based "medicine". Ca traduit l'influence majeure, je dirais même le pouvoir de plus en plus important que prend la Médecine dans notre quotidien et de la manière dont elle tend à diriger nos vies. Un jour on nous encourage à ne pas trop manger de choux parce qu'une étude montrerait qu'une alimentation riche en choux favorise l'apparition de tel type de cancer, le lendemain on nous encourage à en manger parce qu'on a fait une autre étude qui démontrerait qu'une alimentation riche en choux diminuerait l'incidence d'autres types de cancers...
Je suis absolument dérangée par le fait qu'on juge le comportement des femmes ne souhaitant pas allaiter en se revendiquant de l'EBM... Parce qu'il n'y a pas que la Santé qui compte dans la vie des gens.
Alors oui, les statistiques c'est important pour déterminer l'impact de certains comportements sur un nombre important de personnes, du point de vue de la santé publique. Ca ne devrait pas pour autant servir à leur imposer des choix de vie en les culpabilisant vis à vis d'un bénéfice potentiel sur un critère bien précis (occultant les autres impacts négatifs engendrés par la décision plus ou moins contrainte : et le plaisir, ça compte !).
En plus, comme on nous en balance, des stats, pour tenter d'entraver nos choix (ex. aad), on a pris le parti de motiver la légitimité de nos choix par d'autres études. Ca devient une guerre de chiffres décrivant une réalité partielle et, d'un point de vue strictement scientifique, toujours susceptible d'être remise en cause lors d'une autre étude incluant d'autres paramètres.
Avec le risque d'être un jour pris à notre propre piège : si une étude démontre un net bénéfice à accoucher en structure hospitalière ou au fait de donner le biberon, on accepte de se coucher ? Je trouve donc très adéquate le position du Ciane qui vise à faire respecter le choix des femmes et l'accès à une information loyale.
La comparaison césarienne de convenance / biberon ne s'entendait pas seulement du fait de statistiques mais surtout sur le fait qu'en cas de césarienne de convenance, on demande à un médecin d'effectuer une opération chirurgicale comportant des risques majeurs et qu'il est donc en devoir d'en informer sa patiente (c'est avec sa participation qu'elle pourrait éventuellement perdre la vie).
Une femme qui ne veut pas allaiter ne demande à personne de prendre un risque avec elle ; on est dans le cadre des choix alimentaires, pas de ceux concernant une opération chirurgicale.
Prenons donc un exemple plus parlant et plus adapté : l'alimentation bio des enfants sur laquelle on pourra aussi faire culpabiliser les mères qui ne consentent pas à diminuer leur budget fringues, sorties, vacances, frais de déplacement ou maquillage pour nourrir leur progéniture au tout bio, alors que des études scientifiques prouvent une moindre incidence de certains cancers chez les personnes élevées au bio... Mais jusqu'où va t-on aller ???
BB (à CC)
Il me semble que la réaction de s portait surtout sur la formulation : "Ce ne sont que des statistiques". Sur le fond on est bien d'accord. Sur la forme, faire appel à l'EBM quand ça nous arrange et la discréditer quand elle dérange, ce serait une attitude partisane en rupture avec l'éthique du Ciane.
Personnellement j'adhère complètement à l'idée que la liberté de choix prime sur "l'optimisation" de comportements en fonction de données objectives. Pour cela il n'est pas nécessaire de nier la pertinence des données, mais seulement de remettre en question le rapport d'autorité. C'est le fondement même du consentement "éclairé".
Pour ce qui est du risque de mortalité sur les césariennes de convenance, je doute que ce risque ait été mesuré. Il faudrait pour cela prendre une population de femmes avec grossesse normale (autrement dit sans aucune indication de césarienne) mais pas opposées à l'idée d'avoir une césarienne, et césariser au hasard la moitié de cette population pour comparer les résultats... Ça n'a rien à voir avec l'accroissement de mortalité pour les césariennes en général.
Enfin, je trouve important que tu aies rappelé que dans le choix d'allaiter il y a une part de choix alimentaire et une part encore plus importante concernant le lien affectif, un lien qui ne peut s'établir que dans le plaisir et qui peut trouver d'autres formes que l'allaitement au sein.
En définitive le projet de communiqué me paraît très bien. Je l'ai soumis à la liste de l'AFAR.
MP (à CC)
"liberté du choix" qu'il est logique d'organiser les résistances ....
EP (à CC)
Les statistiques, il faut les connaître, savoir en faire une analyse critique, pour eventuellement s'asseoir dessus.
Cela s'applique éventuellement du point de vue individuel (pour faire mes choix, je peux vouloir avoir l'information statistique - ou pas) mais surtout collectivement. Le Ciane doit connaître, savoir analyser de façon critique les statistiques, pour éventuellement s'asseoir dessus.
Si on n'est pas d'accord avec ça, moi ça me pose un grooos problème sur la manière dont le Ciane fonctionne. Il faudra peut être se mettre d'accord sur une déclaration commune.
Franchement, je ne veux pas voir de "oh, mais ça s'est que des statistiques". Je veux bien voir: c'est des statistiques, on les connaît, on les a analysées et on a ça et ça comme commentaire, et de toute façon ce qu'on revendique se situe sur un autre plan, donc on s'asseoit dessus.
CC
Rajout : là où l'EBM est importante pour le Ciane, c'est surtout pour démontrer la nocivité de certains gestes imposés aux femmes ou effectués en routine par le corps médical à titre "prophylactique". Il s'agit d'une intrusion de la médecine dans un processus physiologique qui non seulement prive les femmes de la liberté de disposer de leur corps mais en outre leur fait encourir des risques majeurs en termes de santé.
Pour autant, faudrait-il culpabiliser les femmes qui se mettent à quatre pattes pour accoucher si on établit une étude démontrant qu'il y a moins de complications en accouchant sur le côté ?
Le droit de disposer librement de son corps quand il effectue une fonction physiologique peut-il être renié
Modif. January 10, 2011, at 07:37 PM<br />(:addThis username="xa-4b5388e32c732dfe" btn="lg-share":)