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À propos de la culture des cellules foetales<br>Fetal cell culture in question

Suite à la dépêche de l'_APM (6 octobre 2008) le CIANE? a demandé à Mme Paterlini-Bréchot, chercheur à l'origine de la méthode ISET, d'expliquer pourquoi son équipe n'avait pas envisagé d'utiliser la méthode préconisée par le Prof. Yvon Cayre, conseiller scientifique de Métagénex?, reposant sur la mise en culture des cellules trophoblastiques recueillies (communication au Congrès : I. Desitter et al, 2008). Ci-dessous la réponse.


Date: Thu, 9 Oct 2008 19:09:40 +0200
From: "patrizia paterlini" <...>

Le but de cultiver les cellules foetales circulantes (CFC) est d'analyser une quantité plus importante d'ADN car il faut une formation particulière pour travailler sur les cellules uniques fixées comme nous le faisons (Vona et al., 2002 ; Beroud C et al, 2003 ; Saker A et al ; 2006).

La culture se heurte à trois problèmes :

1. l'enrichissement, 2. la culture elle-même, 3. La pureté des CFC isolées

  1. L'enrichissement sélectif des cellules foetales circulantes qui ne persistent pas après l'accouchement (cellules foetales érythroides et épitheliales trophoblastiques) n'est pas faisable pour des raisons techniques. En effet, ni la sélection par anticorps ni celle par la taille permettent d'obtenir uniquement des cellules foetales du type voulu.
  2. La culture d'un mélange de cellules non foetales et foetales pose ensuite le problème de l'expansion des cellules non foetales et des foetales qui persistent après l'accouchement (donc inutiles pour le diagnostic prénatal : cellules foetales lymphoides et myéloides). Ces cellules prolifèrent mieux que les cellules foetales recherchées. Voir in Guetta E et al., 2005, Table 1 : la proportion de cellules foetales et non foetales après culture est de 1 à 1000 à 1 à 8000. Le temps de mise en culture peut être rédhibitoire.
  3. Après culture, les problèmes d'identification spécifique des cellules foetales érythroides ou épithéliales trophoblastiques et de leur analyse génétique exclusive sans que l'ADN d'autres cellules puisse masquer les mutations de leur ADN, persistent. L'application de la FISH pour identifier les cellules foetales avec anomalie chromosomique se heurte à l'identification du type cellulaire par analyse immunologique, ce qui expose le diagnostic à un risque d'erreur.

Nous pensons donc que l'approche qui cible l'ADN foetal pur (celui de la cellule unique démontrée de nature foetale) est la plus sûre. Ceci a été d'ailleurs démontré par les deux validations cliniques portées à terme avec succès. La méthode de CGH (Comparative Genomic Hybridization) que nous avons mise au point (3 ans de travail) pour l'appliquer aux cellules uniques est capable d'analyser tous les chromosomes et de dire s'ils sont en nombre normal ou pas. Nous l'avons appliquée avec succès aux cellules foetales, aux cellules normales et aux cellules tumorales, montrant sa grande spécificité.

Le projet que nous avions soumis à l'_ANR a été financé à la hauteur de 611 K€ (ce ne sont pas des sommes données à la légère !) car un pannel d'experts internationaux avait évalué nos résultats et jugé que nous serions arrivés à valider le test.

Dans ce contexte, le blocage de nos recherches, évaluées comme excellentes et déjà financées, et la mise en route de nouvelles études visant à développer une autre méthode est un gâchis de temps, d'argent et d'énergies, dans un domaine très compétitif, sans compter le facteur le plus important : le risque que la nouvelle méthode ne fonctionne pas.


Références


Modif. August 29, 2009, at 10:15 PM<br />(:addThis username="xa-4b5388e32c732dfe" btn="lg-share":)