PoidsDesFemmes
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Débats sur l'alimentation des femmes enceintes
EP: D'autre part, il y a un sujet qui me semble important dans le respect des femmes, c'est tout ce qui a rapport au poids des femmes (avant/pendant/après grossesse). Les témoignages que j'entends font état de harcèlements, infantilisations, prescriptions délirantes de la part de professionnels, avec comme conséquence stress, état dépressif, choix d'allaitement/ non allaitement/ débuter une grossesse ...et toutes leurs conséquences. Il me semble que si il doit y avoir des conseiles ou presciptions liés au poids, ils doivent être basés sur des preuves et non sur des croyances. Pour moi c'est un sujet de RPC.
MA: Je trouve que tu as tout à fait raison. c'est une idée en plus typiquement usagers...
Il me semble qu'il y a deux questions un peu différentes bien que liées:
- les justifications "médicales" de cette pression mise en parallèle avec les dégats que cette pression norative crée
- la manière de traiter les gens: il peut être justifié de dire à une femme que sa prise de poids peut poserdes problèmes, mais il y a manière et manière de le faire. Et ça serait une innovation, j'ai l'impression, que les recommandations s'intéressent à ce volet. Il ne faudrait pas que ce volet soit,oublié.
CC: Entièrement d'accord. J'en entend dire que leur gynéco leur a demandé de ne pas prendre plus de 1 kg par mois. Et si ça ne colle pas, elles se font "engueuler" (je cite).
On m'a personnellement fait une réflexion désagréable par rapport à ma prise de poids (19kg) alors que je venais juste (c'était encore en salle d'accouchement) d'accoucher de mon 2e (pas de problèmes de tension ou autre)
Une de mes belles soeurs s'est entendu dire "ben dites-donc, va falloir faire quelque chose pour faire disparaître toute cette cellulite". C'était par une sage-femme, lors de soins, le lendemain de l'accouchement.
Ma mère se faisait régulièrement "engueuler" (je cite toujours) par son gynéco lorsqu'elle était enceinte d'un de mes frangins (22 kg en tout, aucun pb de santé, accouchement normal).
Une copine (de tendance plutôt ronde) m'a avoué que chez le gynéco, durant sa grossese, elle mentait toujours en passant sur la balance. Elle l'a grugé de 15 kg ! Il n'a même pas capté...
Pour ce qui est du risque de diabète gestationnel (il me semble qu'on ne l'appelle plus ainsi ?), c'est surtout le poids d'avant la grossesse qui compterait (risque d'avoir un gros placenta, donc plus de nutriments qui passent au bébé, donc plus de risques (estimés à combien ?) d'avoir un "gros" (trop gros ?) bébé.
Tout ça mériterait d'être approfondi et assorti de recommandation de bonne conduite envers les femmes : nous ne sommes pas des morceaux de viande, pas des gamines non plus.
MA Je pense que c'est un sujet aujourd'hui difficile parce que on est en pleine crise par rapport à l'obésité. Ceci dit, pour contrer le tout "plan nutrition santé" j'avais entendu ou lu quelqu'un sur la question du poids qui m'avait assez convaincue: l'idée, dite de façon un peu trop caricaturale, était que l'obésité était le résultat des politiques destinées à la combattre. C'est à dire que l'obsession du poids conduit à instaurer un rapport complètement "dénaturé"à la nourriture: on regarde les choses du dehors de soi-même et on perd complètement le sens interne de ce qu'il faut qu'on mange, les "réflexes" de satiété etc. Pour étayer cette idée, les chercheurs s'appuyaient sur une étude qui avait été faite en crèche: un jour on donnait aux enfants des gâteaux "normaux", le lendemain, on leur donnait des gâteaux allégés; et on se rendait compte que les enfants mangeaient la même chose en termes nutritionnels, c'est-à-dire qu'ils avaient une sorte de sens inné de leurs besoins. Evidemment, il faudrait regarder l'étude de près et je ne suis que modérément convaincue: il y a des questions de goûts par exemple, et si ce n'est pas des gâteaux qu'est-ce qui se passe etc. Mais je pense qu'en tout état de cause, trop de normes nuit. Le problème, ce ne sont pas seulement les médecins, comme on le sait, les images de la pub etc. participent de cette affaire (les mannequins bien sûr, mais aussi tous ces contre-messages à la télé dont j'ai le sentiment qu'ils sont catastrophiques. )Mais enfin si les médecins ne s'y mettaient pas en plus, ça ne serait peut-être pas une mauvaise idée.
Sur le fond, je défendrais une position assez radicale: on devrait interdire aux médecins ou aux sages-femmes de demander aux femmes enceintes de passer sur la balance. Aucune femme n'a besoin d'une balance pour savoir qu'elle a beaucoup grossi ou pas, si elle se sent à l'aise dans sa peau ou pas, aucun professionnal non plus pour savoir si son embonpoint devient un facteur de risque pour l'accouchement. Et pour le reste - le diabète, une rétention d'eau anormale - ce n'est pas avec la balance qu'on le mesure. Evidemment, ils pourraient avoir une balance dans leur salle d'examen et si par hasard une femme n'a pas de balance chez elle, elle pourrait se peser... On pourrait aussi proposer - hors consultation et sur un dépliant d'information - aux femmes, à toutes les femmes, une consultation avec un nutritionniste... Mais ça ne devrait pas aller plus loin.
J'ai des souvenirs très désagréables des visites à l'hôpital, pendant mes grossesses. Tous les examens se faisaient avant la consultation dans une pièce commune: d'un côté, des toilettes pour aller faire pipi dans le bocal! au milieu des fauteuils pour faire les prises de sang (et puis alors là pour discuter de la pertinence de faire tel ou tel examen, on peut toujours s'accrocher: je pense que c'étaient seulement des aides-soignantes qui ne pouvaient prendre aucune décision et qui se sentaient agressées à la moindre question), et dans un autre coin une balance où chacune était sommée d'aller se peser, avec une aide-soignante qui gueulait "ça fait combien?". Pas génial tout ça!
EP Gilles (je crois) proposait comme titre "Informations aux femmes enceintes ou ayant un projet de maternité en situation dite "de surpoids".
Recadrons: ce ne sont pas uniquement les femmes en surpoids qui se sentent harcelées sur les questions de poids et d'alimentation.
Cf témoignages. Des toutes maigres sommées d'arrêter le chocolat et félicitées pour leur coopération si elles y arrivent. Des régimes draconniens prescrits sous prétexte de tout léger diabète gestationnel, même ... si la femme est anorexique. Mise en danger de la femme et de l'enfant . Tout cela dans une atmosphère d'infantilisation, de culpabilisation et de menaces ("si vous continuez le nutella, c'est césarienne").
CC Que l'obésité puisse en partie être liée à la lutte contre les kilos superflus, c'est clair pour moi. Quand on se met "au régime" (sans qu'il n'y ait de raisons médicales), on se prive, le corps tourne au ralenti et dès qu'on s'alimente normalement, il stocke en prévision d'une possible nouvelle période de disette... D'où un nouveau régime plus draconien, d'où de nouveaux stocks, c'est ce qu'on appelle le régime yoyo... Avec une diabolisation de certains aliments (gras, sucrés) qui amène parfois à des conduites anorexiques ou boulimiques (la privation est vécue tellement mal que quand on se lâche, on n'a plus de limites). Exit la notion de plaisir.
Le problème, c'est toujours cette infantilisation des femmes qu'on pense incapables de comprendre un discours raisonné sur le sujet (régime équilibré, c'est tout ; qui inclut la notion de plaisir en mettant en garde contre les excès) et qui vont forcément mettre leur bébé en danger si on n'a pas un discours ferme et si on ne les rappelle pas à l'ordre régulièrement.
Dans une pub tournée pour des yaourts 0% (fabriqués avec du vrai sucre, pas des édulcorants de synthèse), on voyait il y a quelques temps un homme parler de sa femme, enceinte ET belle (comprendre "pas grosse") puis on apercevait sa jolie moitié, juste ronde du ventre pas des fesses, pas des cuisses ou des bras, bref, une belle femme qui mange des yaourts à 0% pour rester mince et ne pas se transformer en grosse dondon qui n'aurait plus aucune chance d'être sexuellement attirante pour son cher et tendre une fois le petit démoulé.
Personnellement, quand j'étais enceinte, j'avais faim, oui, faim, pas juste envie de manger. Je ne m'imaginais pas lutter contre ce besoin impérieux et priver mon corps de ce qu'il me réclamait. + 17 kg ; Pas de pb de santé, pas de gros bébé, pas de pb à l'accouchement. J'ai appris à la naissance que le placenta était petit. C'était peut-être lié : pour combler les besoins du bébé (qui au final, juste à terme, pesait 3,450) il fallait plus de nutriments car petite surface d'approvisionnement ?
Oui, je trouvais ça désagréable de passer sur la balance chez ma sage-femme et de devoir annoncer ma "prise de poids" (que je surveillais à la maison). En plus, allez savoir pourquoi, chez les toubibs ou les sages-femmes, la balance est toujours moins sympa que la mienne ;-)
BB l est bien connu que les régimes privatifs augmentent la capacité du corps à stocker. Autrement dit, la plaquette de chocolat fabrique plus de stock après 3 jours de diète sans sucre qu'en temps ordinaire. Il est probable aussi que le stress influe sur le stockage - ce serait justifié du point de vue de conservation de l'espèce - et on en revient à cette évidence simple que le plus important pour une femme enceinte est de ne pas être soumise à du stress inutile. (Cf. l'étude sur "l'effet nocebo des consultations prénatales" que cite Michel Odent...)
Le sujet est difficile car on y voit se percuter des mesures de "santé publique", basées sur des facteurs de risques établis à partir de moyennes (contestables ou non) et des comportements individuels qui relèvent de l'intimité des individus et de facteurs bien plus complexes. Donc je rejoins ce point de vue...
R Voici en effet une thématique sensible car émotionnellement très chargée. Il me semble qu'on pourrait étoffer la réflexion en se questionnant sur la perte de poids post natale. En effet, je ne sais pas s'il existe des données statistiques sur la perte de poids après l'accouchement (rythme, durée, poids un an après l'accouchement, différences entre femmes allaitantes ou non).
Car le poids n'est souvent plus guère évoqué en consultations post natales alors qu'il peut parfois être un indicateur de l'épuisement de la mère (perte de poids très rapide, poids rapidement inférieur à celui d'avant la grossesse, perte de poids très lente ou stagnante,etc). Dans ces cas, les médecins semblent peu soucieux de vérifier la bonne alimentation de la mère (dont on se soucie beaucoup moins après la naissance du bébé), ses carences éventuelles, son ressenti.
Mes observations autour de moi (je suis une maman, pas une professionnelle de santé) m'amènent à penser que, souvent, l'allaitement long favorise un retour à un poids "normal". Quoi qu'il en soit, je suis d'accord avec les messages précédents sur le fait que le ressenti de la femme avant ou après l'accouchement devrait être d'avantage pris en compte car la transformation du corps pendant la grossesse et après est parfois très mal vécue , y compris par des femmes qui ont pris très peu de poids pendant la grossesse.
CH Très vrai. J'ai la (mal?)chance de faire partie des femmes qui fondent comme neige au soleil après l'accouchement, je suis rapidement plus maigre après qu'avant (et pourtant y'a pas bcp de marge) et, oui, en parler comme indicateur d'épuisement ... c'est une bonne idée.
Globalement, les médecins sont assez démunis ("vous allaitez ? ah ben faut que vous preniez un gouter") et/ou ne prennent pas ça très sérieusement (à part une certaine SF de ma connaissance qui a fortement insisté pour que je voie une nutritionniste ;)). Le problème de l'alimentation de la mère-de-famille-jeune-accouchée est un vrai problème (allez faire un repas équilibré avec un nouveau né...) auquel perso je n'ai pas trouvé la solution (Findus et Picard, mes deux héros).
Bref : très bonne idée de rajouter le volet post-accouchement !!!
CC Sauf que si je n'apprécie pas forcément de devoir passer systématiquement sur la balance en étant enceinte, ça ne va pas me plaire davantage une fois bébé sorti de mon ventre. Le genre de truc qui te donne l'impression d'aller chez weight watchers !
Je comprends l'intérêt scientifique éventuellement lié au fait que l'allaitement permette de brûler plus rapidement les kilos qui restent mais franchement, il y a déjà des études qui le démontrent...
C'est quoi le pb, finalement ? Est-il forcément important qu'une femme ayant eu un bébé revienne à son poids d'avant sa grossesse ? Et si on nous fichait la paix avec ces histoires ! Si elle est perturbée par son surpoids, cette jeune maman, elle peut toujours en parler avec sa sage-femme, son médecin, un diététicien... Pourquoi on le lui laisse pas l'initiative de la démarche ? Pour ça aussi, elle n'est pas assez futée ? Là aussi, je trouve qu'on nous infantilise un tantinet.
Je suis persuadée qu'il y a des femmes qui se mettent au régime ultra sec après la naissance parce qu'elles sont conditionnées par le message distillé par notre société occidentale, notamment à travers la pub : une femme, faut que ce soit mince (mais de préférence avec des gros seins, hein) pour plaire à son bonhomme sinon il va la quitter pour une qui ne se "laisse pas aller". Faut faire vite, salade verte, eau à volonté et sport ; c'est tout ce qui compte.
Si on leur disait qu'elles ont le temps ? Qu'il est surtout important qu'elles profitent pleinement de leur bébé ; que les kilos, ils partiront doucettement si elles ne font pas d'excès et que s'ils s'accrochent et que ça gêne, il sera toujours temps après quelques mois de s'y attaquer sérieusement.
Bref, pour moi c'est lié : les pb de perte de poids en post partum (trop, trop vite) viennent souvent de la pression qu'on met sur les femmes en ante partum.
MA Je ne suis pas si sûre de cette histoire d'allaitement qui ferait partir les kilos plus vite, et je ne sais pas si c'est très bonne idée de faire miroiter cette perspective à des femmes qui restent d'être déçues. Personnellement, l'expérience que j'ai eu c'est que tant que j'allaitais (entre 6 mois et un an), mon corps se transformait peu, et je n'ai pas maigri d'un gramme (plutôt le contraire d'ailleurs, mais je n'avais pris énormément de poids pendant la grossesse, de l'ordre de 10kg max). Quand j'arrêtais l'allaitement, j'avais l'impression de fondre (de manière très limitée, ceci dit! 2 kg quoi!). Bernadette de Gasquet m'avait dit que tant qu'on allaite, on est dans une configuration hormonale qui est relativement proche de la grossesse, et donc (en tout cas pour un certain nombre de femmes), on mincit moins vite que si on n'allaite pas.
Bref tout ça pour dire que sur le constat et l'attitude globale, il faudrait surtout dire aux femmes de rester cool, et qu'on ne peut pas revenir en 5mn dans l'état où on était 9 mois avant après un tel bouleversement hormonal et physique: c'est déjà assez étonnant en un sens la plasticité du corps féminin!
Sauf cas particulier, ni avant ni après, ça ne doit être a priori médicalisé, au sens de mis sous le regard scrutateur du médecin; il y a déjà tellement de pressions absolument partout que c'est pas la peine d'en rajouter. les femmes y viennent toutes seules...
CC C'est vrai, je le réalise maintenant que tu le dis MA, que j'ai dans mon entourage des femmes qui en allaitant ne perdaient pas leurs kilos voire en prenaient... Mais c'est clair : on ne devrait pas faire le choix d'allaiter pour perdre du poids... pas plus qu'on ne devrait arrêter d'allaiter pour en perdre plus vite ;-) C'est vraiment pas essentiel ces histoires de kilos en plus ou en moins , qui partent vite, pas vite ou qui restent. Et si ça a de l'importance pour une femme, elle en parlera d'elle même.
Comme quoi, on est bien toutes différentes et quand il s'agit d'hormones, on ne réagit pas toutes de la même façon (il n'y a qu'à voir comment deux femmes différentes peuvent réagir de façon diamétralement opposée à une contraception hormonale).
Entièrement d'accord avec ta conclusion. La situation ne devrait amener le médecin ou la sage-femme à aborder la question que si la perte de poids est rapide et excessive et lui fait craindre un pb de santé.
FB e me demande souvent si la surveillance manique de la prise de poids ne reflete as le souci de deceler une toxemie(oedeme, prise de poids brutale). Qui s'est melange avec le souci de "ligne "
CL En partie c'est bien possible, mais la prise de poids "excessive" est aussi rendu responsable de problèmes à l'accouchement comme la dystocie, ou des déchirures liées à un gros bébé...
En ce qui concerne la surveillance de l'oedème, c'est encore une aberation de vouloir le faire au poids. Ca se voit l'oedème, au toucher la texture est particulière, bref il suffit de se regarder ou d'un examen clinique, pas besoin de balance.
FB effectivement la prise de poids excessive fait aussi penser diabete d'ou gros bb mais on peut verifier si diabete ou non!!! Et gros bb peut comme mentionne etre du davantage au poids avant grossesse qu'a une prise de poids en cours!!!
MH >> D'autant plus que l'on se rend compte, hors grossesse, que les >> régimes, prescriptions alimentaires en tous genres, autant ceux des >> mag que ceux de soi-disant spécialistes, sont la cause d'une bonne >> partie des pbs de poids des femmes aujourd'hui (effet yoyo et >> incapacité à repérer les signaux naturels envoyés par le >> corps/cerveau genre satiété, besoin de tel aliment, etc.). IL y a >> d'énormes enjeux économiques derrière aussi : bon nombre de régimes >> ou modes alimentaires prescrits l'ont été par l'effet du lobying >> d'une partie de l'agroalimentaire. >> >> combien de femmes sont totalemnet obsédées en effet par la question >> du poids durant leur grossesse, accessoirement ne veulent pas >> allaiter ensuite parce qu'elles veulent faire un régime draconien là >> tout de suite en sortant de la maternité. Je n'ai pas du tout envie >> de rigoler quand je vois une de mes copines par exemple, devenir >> anorexique à chaque grossesse et faire des bébés de tout petit poids >> (1,500 le premier, 2,2 kg le second...). Dernièrement ne riez pas on >> lui a diagnostiqué un diabète gestationnel et on l'a mis au régime >> ultra strict, alors qu'il suffisait de la regarder pour se rendre >> compte qu'elle était dangereusement maigre. Heureusement que j'ai >> réussi à la faire rigoler en lui mettant le nez sur l'absurdité >> totale du schmilblick. > > CL > Tu as vraiment bien fait !!! Je partage complètement ton point de > vue, à force de rendre les femmes dingues avec des idées de minceur on > crée de toute pièce un risque d'anorexie pendant la grossesse > qui est beaucoup plus dangereux que de prendre de bonnes rondeurs. > J'avais d'ailleurs insisté là dessus à la HAS pendant le groupe > de travail sur le suivi des grossesse normales. Ils ne voyaient > comme facteur de risque que l'obésité (BMI > 30), je leur ai > fait ajouter l'extrème maigreur (BMI<17), à condition de regarder > au cas pas cas puisqu'il y a des gens maigres par nature.
CL (sur discussion non reproduite ici) C'est vrai que si les stats prennent totalement le pas sur la clinique on tombe dans ce genre d'aburdité. Mais, c'est aussi parce que les variable utilisées dans les études sont mauvaises ou mal choisies, ou même dans certains cas qu'il faudrait admettre que la complexité est telle que l'on ne peut pas répondre. Dans ce que je vous disais j'ai directement cité l'indice de masse corporelle comme variable, pas le poids tout seul. Mais au départ certains des membres du groupe de travail raisonnaient en poids ... pas tous. On a été quelque'uns a bien insister pour que la variable soit le BMI. Or dans le suivi de grossesse tout le monde raisonne uniquement en prise de poids en kg, exit le BMI. Déjà la variable est mauvaise de toute façon. Finalement l'EBM est comme tous les outils. Ce n'est pas l'outil qui fabrique les réponses, c'est la façon de s'en servir, en incluant les limites de son application. Pareil pour un ordi, ce n'est pas magique un ordi, c'est un outil, dont on se sert plus ou moins correctement.
Le problème que tu soulignes JC c'est que justement de plus en on détourne cet outil, en le sortant de son champ d'application, ou en y mettant de mauvaises variables, alors qu'en même temps l'EBM devient une sorte de bible de la pratique, par paresse intellectuelle peut-être.
Donc oui, dire aux gens en général quels sont leurs droits, ou trouver de l'information, qu'ils sont maitres de leur corps et de leur sensations, c'est fondamental. C'est aussi la réponse à ta question en ce sens que dans la loi c'est la patient qui en principe (...) a le dernier mot. C'est quand même ce qu'on essaye de faire ici à l'AFAR, même si on ne touche pas encore tout le monde. Le nombre d'articles grand-public qui parait depuis quelque temps remettant en cause certains grands dogmes de l'obstétrique est significatif. C'est le fruit d'un travail de très longue haleine de plein d'associations.
Presse grand public
Le Monde vers le 2007/10/10
« Grossesse : la règle des 10 kilos est contestée » >> Le Monde >> >> Sandrine Blanchard note dans Le Monde que « durant la grossesse, la >> prise de poids est habituellement très surveillée. Pour prévenir le >> risque d'un accouchement difficile lié à un bébé trop gros ou, à >> l'inverse, un retard de croissance intra-utérin et l'arrivée d'un >> bébé chétif, la règle des 10 kilos est traditionnellement retenue ». >> La journaliste cite cependant l'épidémiologiste Marie-Aline Charles, >> qui remarque : « Que la future mère prenne 2 ou 12 kilos (hors poids >> du bébé) influence très peu le poids à la naissance ». >> Sandrine Blanchard rend ainsi compte de l'enquête Eden (enquête >> diagnostique et épidémiologique nationale), sur « les déterminants >> pré et postnatals du développement et de la santé de l'enfant rendue >> publique ». >> La journaliste explique que « menée conjointement par quatre unités >> de l'Inserm et deux équipes médicales des maternités de Poitiers et >> de Nancy, cette vaste étude suit depuis 2003 une cohorte de 2 000 >> mères dès leur premier mois de grossesse ainsi que leurs enfants >> jusqu'à l'âge de 5 ans ». >> Marie-Aline Charles, coordinatrice de l'étude, déclare ainsi qu'« il >> est frappant de constater que le poids du bébé à la naissance est >> avant tout lié à la corpulence de la mère avant la grossesse bien >> plus qu'à ce qui se passe pendant la gestation ». >> Sandrine Blanchard observe en outre que « le poids des mères a >> beaucoup augmenté : en 1995, 14 % des femmes pesaient au moins 70 kg >> avant leur grossesse, contre 21 % en 2003 ». >> La journaliste précise que « ce surpoids est à l'origine de >> complications pendant la grossesse : risque de diabète gestationnel, >> d'hypertension artérielle et taux de césarienne plus élevé ». >> Le Dr Charles déclare par ailleurs « craindre que la modification de >> l'état nutritionnel de la population influence la croissance et la >> santé des générations futures ». >> « Bref, que l'on soit dans un cercle vicieux de l'obésité », observe >> Sandrine Blanchard. >> La journaliste indique que « les responsables de l'étude >> recommandent que les jeunes femmes en âge de procréer soient une >> cible privilégiée de "prévention nutritionnelle" ». >
Article paru dans l'UFC que choisir du mois de février 2008
GROSSESSE - LES LIGNES A NE PAS DEPASSER
Invitées hier à ne pas manger pour deux, les femmes enceintes vont devoir apprendre à se serrer la ceinture. En effet, selon des chercheurs suédois, la prise excessive de kilos serait néfaste au bon déroulement de la grossesse ("Optimal gestational weight gain for body mass index categories", Obstetrics & gynecology, dec 2007).
Après avoir analysé près de 300 000 grossesses entre 1994 et 2004, ils démontrent qu'il faudra revoir à la baisse les recommandations actuelles sur la prise de poids pendant la grossesse, notamment pour les femmes ayant déjà trop d'embonpoint avant la conception.
Les recommandations généralement prises en compte par les gynécologues, sont celles de l'Institute of Medicine. Elles prévoient une prise de 13 à 18 kg pour les femmes minces (IMC <20), 11 à 16 kg pour celles d'un poids normal (IMC entre 20 et 24,9), 7 à 11 kg pour celles en surpoids (IMC de 25 à 29,9) et 7 kg pour les femmes obèses (IMC de 30 ou plus).
L'étude revoit les chiffres à la baisse et recommande une prise de moins de 9 kg pour les femmes en surpoids et de moins de 6 kg pour celles qui sont obèses. "Cela permettra de diminuer le risque de grossesses pathologiques, d'accouchements difficiles et de décès pour la mère ou l'enfant", conclut le Dr Marie Cedergren. Pour atteindre cet objectif, certaines activités physiques comme la marche ou la natation peuvent tout à fait s'ajouter à un régime alimentaire équilibré.
Discussion (février 2010)
CC
Les aliments à éviter ABSOLUMENT pendant la grossesse (+ quelques autres
à éviter aussi....) !!!
http://www.topsante.com/Femme/Grossesse/Grossesse-5-aliments-a-eviter-absolument/%28num%29/1#titre
EP
Dans Prescrire de février, papier sur la listéria. Conclusion: une liste longue
comme le bras de trucs à pas manger, à manger comme ci, comme ça. Basé sur quoi?
Basé sur l'étude qui montre que 60% des femmes qui on eu la listéria avaient
mangé des aliments "interdits" dans le mois précédent.
Je me demande quelle est la valeur de cette donnée.
100% des femmes qui ont eu la listéria ont bu de l'eau le mois précédent. Conclusion: interdire l'eau.
Je crois qu'il y a un problème méthodologique (mais il faudrait éplucher tout ça et le prouver) ET un problème de prise en compte des femmes enceintes dans leur globalité, dans leur vie en vraie, en regardant ce qu'au final elles ont encore le droit de faire/manger, et non évitement de pathologie par évitement de pathologie, et adapter les recommandations en y mettant de l'information sur les risques réels ("si on prend 10000 femmes qui boivent de l'eau et 100000 qui n'en boivent pas, 1 qui boit de l'eau attrapera la listeria. Bon, les 100000 attraperont la déshydratation, mais c'est pas dans le champs de notre étude)
F, dans un autre message où je rouspétais au sujet de la toxoplasmose, avec interdiction de viande crue et de poisson mariné; et tu me disais que 9 mois sans viande crue et sans poisson mariné c'est pas la mort quand même; bien réfléchi, il n'y a que moi qui peut dire si pour moi, me priver de ci ou de ça, c'est la mort ou pas la mort. Non mais.
CC
On peut avoir accès à cette étude ? Je veux bien aider à l'éplucher.
Ça fait aussi 40% de femmes qui auraient développé la listeria sans manger d'aliments interdits (ou 40% de vilaines menteuses ?) Si ça se trouve, les 60 autres % ont chopé la listeria comme ces 40. C'est à dire autrement qu'en consommant les aliments classés dangereux.
Pas étonnant qu'il y en ait plus d'un côté que de l'autre, puisque les listes d'aliments à proscrire s'allongent et que franchement, ça devient lourd... (pour les crèmes à base d'oeuf cru, je savais même pas, par exemple : les risques que j'ai pris !!!).
Autre remarque, quand on recommande aux femmes de préférer le sous-vide à ce qui est vendu à la coupe ou les gâteaux industriels plutôt que ceux du boulanger, on omet aussi de tenir compte de l'effet potentiel sur leur santé et celle du bébé de l'ajout de conservateurs, colorants, matières grasses hydrogénées et additifs divers...
C
(qui trouve insupportable qu'on fasse culpabiliser les femmes qui ont
chopé la toxo ou la listeria parce qu'elles ont "osé" s'alimenter comme
elles le font d'habitude, et qui elle aussi trouve ces recommandations
de plus en plus lourdes).
M
Oui, c'est disponible le BEH. Voici les deux numéros concernés.
(note EP 14 février 2010 : fiches entrées dans base afar www.afar.info/sujet=nutrition
C
Je commence à lire et je bloque sur un paragraphe : "Cependant, avec la
baisse de la prévalence, le nombre de femmes enceintes susceptibles
augmente, faisant craindre l’augmentation des infections acquises
pendant la grossesse et des formes congénitales. Cette crainte serait
fondée si la prévalence chez les femmes en âge de procréer baissait (et
le nombre de susceptibles augmentait) plus vite que l’incidence !
L’article de Berger et al. indique que la prévalence baisse plus
rapidement que l’incidence chez les femmes âgées de 30 ans et plus,
alors que c’est l’inverse avant cet âge. Une évaluation de l’impact de
cette dynamique complexe sur la toxoplasmose congénitale est donc
nécessaire."
Question : pourrait-on m'expliquer le sens dans ce paragraphe de "prévalence", "susceptibilité" et "incidence" ?
E
Petit glossaire thématique d'épidémiologie (INRP)
http://acces.inrp.fr/acces/ressources/sante/epidemiologie/GlossairEpidem/GlossEpidAlpha
Prévalence:
Nombre de cas nouveaux et/ou anciens d'une maladie, au sein d'une population donnée, à un moment donné, soit un instant, soit un intervalle de temps. Ce n'est pas un taux mais une proportion. La prévalence est le rapport entre le nombre de personnes atteintes d'une maladie et l'effectif de la population concernée susceptible d'être atteinte par cette maladie.
Incidence L'incidence est le nombre de nouveaux cas de maladie survenant pendant une période donnée, généralement une année.
Il n'y a pas suscptibilité, mais est-ce le nombre de personnes susceptibles d'être touchées?
(je n'ai rien compris à ce paragraphe non plus, faut vraiment les bases de vocabulaire d'épidémiologie... tu me diras si tu comprends mieux avec les définiations?)
M
Je crois surtout qu'il faudrait des gens qui sachent écrire pour que les autres soient capables de les comprendre!!! Un essai de traduction:
augmente, faisant craindre l'augmentation des infections acquises pendant la grossesse et des formes congénitales.
Le pourcentage de personnes ayant eu la maladie dans la population générale diminue. Par voie de conséquence, il y a moins de femmes immunisées, et donc la proportion de femmes enceintes non immunisées, c'est-à-dire susceptibles d'attraper la maladie, augmente. Donc on pourrait craindre que plus de femmes enceintes attrapent la maladie qu'autrefois. Comme on se le dit à première vue, ce raisonnement est a priori idiot: si la répartition de la maladie est homogène dans toutes les classes d'âge, il n'y a pas de raison qu'il y ait plus de femmes enceintes qui aient la maladie sous prétexte que moins l'ont attrapée avant d'être enceintes. Sauf que ces tordus d'épidémiologistes ;-) vont justement aller se poser la question de savoir si c'est le cas ou pas.
Cette crainte serait
fondée si la prévalence chez les femmes en âge de procréer baissait (et le nombre de susceptibles augmentait) plus vite que l'incidence !
rapidement que l'incidence chez les femmes âgées de 30 ans et plus, alors que c'est l'inverse avant cet âge. Une évaluation de l'impact de cette dynamique complexe sur la toxoplasmose congénitale est donc nécessaire."
Et, en se triturant bien les neurones, ils arrivent à démontrer qu'en effet, il y a des cas où ça se passe comme ça. Quand on regarde l'article dont ce paragraphe est le résumé, on se rend compte que: 1) il semble que la grossesse rende les femmes plus vulnérables à la toxo 2) le fait d'avoir déjà des enfants augmente le risque d'être contaminé (parce que les enfants ramènent des cochonneries)
Donc même si globalement la toxoplasmose diminue, le fait que la population des femmes enceintes soit une population particulière peut faire qu'il y en a plus de contaminées.
Pa exemple, mettons que en 1990, il y a 50% de femmes enceintes qui sont immunisées (prévalence), si la probabilité d'attraper la toxo lorsqu'on est enceinte (incidence) est de 20%, il y aura 10% de femmes atteintes. Si en 2000, il n'y a plus que 40% de femmes enceintes qui sont immunisées (diminution de la prévalence de 20%) , ça veut dire que 60% des femmes ne sont pas immunisées. Supposons que la probabilité d'attraper la toxo lorsqu'on est enceinte ait baissé un peu moins vite en raison des caractéristiques de cette population, et que l'incidence de la maladie soit de 18% (au lieu de 16% attendus si ça avait baissé comme la prévalence), la proportion de femmes enceintes contaminées sera 18% de 60% des femmes (au lieu de 20% de 50% des femmes), ce qui fera 10,8% des femmes, donc plus de femmes que précédemment alors que tant la prévalence que l'incidence ont baissé. Un vrai tour de passe-passe! c'est juste qu'on a augmenté la population susceptible d'être contaminée plus vite qu'on n'a baissé la probabilité d'être contaminée si on est enceinte.
Bon, mes chiffres sont totalement fantaisistes et en vrai, ils nous font tout ce foin pour 243 cas d'infection congénitale par an en 2003, sur 800 000 naissances par an, c'est à dire un taux de 0,03%. Et c'est ce qui justifie à leurs yeux de faire des campagnes de prévention...
Modif. February 14, 2010, at 01:58 PM<br />(:addThis username="xa-4b5388e32c732dfe" btn="lg-share":)