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2 mai 2009, message de l'ANESF association nationale des étudiants sages-femmes au Ciane

From: Chloé BARASINSKI <barasinski.chloe@hotmail.fr> To: CIANE <collectif_ciane@yahoo.fr>, <gilles_gaebel@carrefour.com>, <makrich2@free.fr>, <bernardbel@gmail.com> Subject: ANESF Date: Sat, 2 May 2009 22:59:31 +0200

Madame, Monsieur,

Je vous sollicite dans le cadre général de mobilisation annoncée mardi 5 mai prochain, journée internationale de la sage-femme. A cette occasion, les étudiants sages-femmes, représentés par l'ANESF, souhaitent tout particulièrement soulever l'incohérence de leur formation et demander l'intégration universitaire de celle-ci.

L'ANESF, Association Nationale des Etudiants Sages-Femmes, représente les étudiants dans les instances et les débats nationaux. Elle est l'unique organe représentatif des étudiants sages-femmes, créée pour faire valoir les problématiques de la filière sage-femme. L'ANESF défend l'avenir de la filière sage-femme en coopération avec le Conseil National de l'Ordre des Sages-Femmes, l'ensemble des associations et des syndicats représentatifs des sages-femmes, et la FAGE en particulier avec les mono disciplinaires de santé par la Commission Sectorielle de Santé.

L'intégration universitaire de notre formation est une revendication de longue date puisque celle-ci avait été demandée dès les mobilisations sages-femmes de 2001. Nous avions, à cette occasion, obtenu le recrutement des étudiants sages-femmes par la première année de médecine devenue aujourd'hui une année indispensable à notre formation.

Sage-femme est la seule profession médicale non universitaire. Le cursus des études de sages-femmes débute donc par la première année de médecine commune aux étudiants en médecine, odontologie et prochainement pharmacie mais se poursuit au sein d'une école hospitalière sous la tutelle de la région. Cette scission brutale et incohérente empêche le développement d'une culture commune déjà amorcée. Afin de permettre une collaboration professionnelle efficiente, les étudiants doivent être formé ensemble. Ainsi nous pourrons ensemble construire un parcours de soins cohérents aux femmes, couples et nouveaux-nés.

Aussi, l'intégration à l'université permettra aux étudiants sages-femmes d'accéder à la recherche. Aujourd'hui, il existe très peu de recherche spécifique rattaché au domaine de la sage-femme ce qui pénalise la prise en charge des femmes, des couples et des nouveaux-nés. La recherche doit être développée dans les domaines de l'obstétrique physiologique, du nouveau-né sain, de l'allaitement maternelŠ tant de domaine spécifique aux compétences de la sage-femme est souvent mis de côtés. Ce vide empêche le développement de nouvelles pratiques alternatives à l'offre de soins d'aujourd'hui.

La formation des sages-femmes est gérée par les hôpitaux. Les étudiants sont donc conditionnés à l'exercice hospitalier comme il est décliné à l'heure d'aujourd'hui. La surmédicalisation de la grossesse est donc perpétuée par la formation des sages-femmes qui ne possèdent aucun recul vis-à-vis des pratiques hospitalières. Il est important que les sages-femmes, professionnels médicaux autonomes, puissent être formés par un opérateur qui leur offrent l'objectivité sur les pratiques professionnelles. L'université est l'opportunité qui permettra aux étudiants de s'interroger sur leurs pratiques.

Les écoles de sages-femmes sont dirigées par une sage-femme directrice ainsi qu'un médecin directeur technique et d'enseignement qui est garant de la formation des étudiants. Ce mode de direction est inacceptable puisqu'il place une profession médicale autonome sous la tutelle d'une autre profession médicale ! Comment justifier l'indépendance professionnelle à laquelle nous sommes déontologiquement rattachée ? L'intégration universitaire est l'unique moyen de permettre l'évolution de la gestion des écoles.

C'est donc pour l'ensemble de ces raisons que la formation des sages-femmes doit évoluer à l'université où les sages-femmes pourront enfin s'assumer en tant que professionnels médicales autonomes.

C'est à partir de ce constat général que les étudiants sages-femmes se rassembleront à Paris le 5 mai afin d'informer et de sensibiliser le grand public et les médias sur cette profession mais aussi sur l'inadéquation de leur formation au vu du caractère médical de la profession.

Nous aurions donc souhaité connaître le point de vue du Collectif sur ce point ainsi que leur position vis-à-vis des mobilisations du mardi 5 mai.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l'expression de mes sincères salutations.

Chloé BARASINSKI Vice-Présidente Etudes Médicales de l'ANESF Association Nationale des Etudiants Sages-Femmes 06.30.46.30.11/06.83.56.05.57 <barasinski.chloe@hotmail.fr>barasinski.chloe@hotmail.fr

ANESF c/o FAGE 5, rue Frédérick Lemaître 75020 Paris <http://www.anesf.com>www.anesf.com

Discussion sur liste Ciane suite à appel de l'ANESF


Personnellement, je suis sensible à plusieurs arguments:

  • la recherche: cela a déjà été mentionné, il me semble qu'il faut développer d'autres approches, poser de nouvelles questions pour développer une obstétrique plus "physiologique" et c'est aux sages-femmes de s'en saisir si elles veulent avoir leur mot à dire sur les pratiques
  • le lien exclusif à l'hôpital comme lieu d'exercice
  • la sujétion des écoles et des sages-femmes elles-mêmes aux obstétriciens: et pour fréquenter un peu l'école de Baudelocque, j'ai l'impression que sujétion n'est pas un mot exagéré.

Je comprends bien certaines des réserves exprimées par Françoise ou Catherine, et il est vrai qu'il faudrait remodeler ces x années de formation pour qu' elles leur donnent les moyens de s'imposer davantage en tant que professionnelles autonomes vis à vis des obstétriciens (c'est-à-dire il faut à la fois un assez haut niveau de connaissances médicales j'imagine et des compétences spécifiques / obstétriciens).


Même avis,et le CIANE s'était déjà prononcé sur un soutien au cursus universitaire. Perso je suis pour, à condition qu'il y ait un gros volet formation à la recherche et à l'esprit critique. Je suis pour parce que je pense que sans cela elle n'obtiendrons jamais leur indépendance vis à vis des obstétriciens. Ce n'est pas suffisant, il faut aussi une décision politique, et beaucoup de batailles ..., mais notre société étant ce qu'elle est c'est nécessaire.


je vois mal comment une sage-femme pourrait être indépendante d'un gynobs quand elle est placée sous son autorité... A l'hôpital, hors "mdn hospitalière" (si on réussi à les créer indépendantes...), ce sera toujours l'avis du gynéco chef de service qui pèsera sur la manière dont on prend les patientes en charge...

Gynobs ce sera toujours quelques années de plus que sage-femme... Et les gynobs sont en général tout aussi méprisants vis à vis de leurs confrères ou consoeurs qui sont en faveur de la création de filières physiologiques...

Je ne crois pas qu'il y ait un problème de nombre d'années d'études pour ce qui est de "l'indépendance" des sages-femmes. C'est plutôt un problème de reconnaissance de ce qui fait la spécificité du métier de sage-femme. Un problème de connaissance de la physiologie de l'accouchement chez les gynobs (leur rajouter une année de formation avec stages en MdN à l'étranger et accouchement à domicile ?).


(le Ciane n'a pas eu le temps de rédiger quelque chose sur la question)

La loi votée le 6 juin 2009 prévoit l'intégration des SF à la filière universitaire

Art. L. 4151-7-1.

- La formation initiale des sages-femmes peut être

organisée au sein des universités, par dérogation à l'article L. 4151-7, sous réserve de l'accord du conseil régional. Cet accord doit notamment porter sur les modalités de financement de la formation. Un arrêté des ministres chargés de la santé et de l'enseignement supérieur fixe les modalités de cette intégration à l'université pour le ou les sites concernés, et notamment le mode d'administration et les conditions de mise en oeuvre.

Communiqué de l'assocation nationale des étudiants sages-femmes

(qui avait demandé le soutien du Ciane) : http://www.anesf.com/joomla/index.php?option=com_docman&task=doc_download&gid=59

Discussions au Sénat : http://www.senat.fr/cra/s20090603/s20090603_mono.html#par_687

(tous ces liens via http://sagefemme.over-blog.net/article-32235383.html )

Discussions sur liste Ciane suite à adoption de la loi

(8 juin 09) J'aurais besoin de précisions :

Ça veut dire quoi, "sous réserve de l'accord du conseil régional" ? Qu'il y a des régions où ça se fera et pas d'autres ?

Ça veut dire quoi que "cet" accord doit porter sur les modalités de financement de cette formation ? Que la Région doit la financer intégralement, sans soutien de l'Etat ?

Ça veut dire quoi la suite, qu'un arrêté fixera "1) les modalités de cette mise en oeuvre pour 2) le ou les sites concernés (donc pas tous ?) et notamment 3) le mode d'administration et 4) de mise en oeuvre ?

Et en attendant que la formation des sages-femmes soit intégrée à l'Université, qu'en est-il de leur reconnaissance dans le système LMD, pour valider leurs 5 années actuelles ?

Discussion sur programme des études de sage-femme (sciences sociales)

A.D (1er juin 09) sur les programmes école SF

Concernant la formation des Sages-femmes, je voudrais signaler un point qui me préoccupe :

Dans le cadre de la mise en place de la réforme LMD (Licence, master, doctorat), les contenus de formations sont actuellement retravaillés par les enseignantes des différentes écoles de SF pour soumettre une proposition au ministère.

Dans l'état actuel des choses, le projet de nouveau programme fait disparaître l'ancienne rubrique « sciences humaines et sociales » qui n'était pas nécessairement cohérent mais avait le mérite de donner une place explicite à la sociologie et à l'anthropologie, disciplines que j'enseigne depuis des années auprès des SF et qui je pense leur est très bénéfique (c'est aussi ce qu'elle me disent). Dans une formation où domine l'apprentissage par coeur et le bourrage de crâne, la sociologie constitue un véritable « pas de côté » les outillant pour réfléchir aux représentations en jeu dans la relations soignants/soignés, à la construction des identités des professionnels de la santé et au jeu de leurs interactions (et rivalités !), au fonctionnement de l'institution hospitalière, à la construction des normes sociales et morales (si prégnantes en périnat !), etc. Ca les aides à prendre de la distance et à construire un regard critique sur ce qu'on leur fait ingurgiter par ailleurs et ce qu'elles voient en stage.

Le nouveau programme prévoie une unité d'enseignement dénommée « Santé, société, humanité » avec beaucoup de psychologie, du droit (très axé sur la législation professionnelle), un peu d'éthique, des éléments d'histoire et de philosophie de la santé et des choses en matière de santé publique. Il ne subsiste qu'un peu d'anthropologie « médicale » où on retrouve des choses comme « psychologie du couple » ! L'ensemble manque de cohérence épistémologique ce qui es quand même gênant pour une formation à prétention universitaire, et ne me paraît pas non plus cohérent dans une logique plus professionnelle, tournée vers els compétences attendues. C'est encore un projet et ça peut sûrement évoluer.

Or, j'ai déjà alerté le CIANE sur le fait que la même chose est en train de se passer du côté des cadres sages-femmes, désormais formées par l'Ehsp.

Ce n'est pas que je plaide pour « ma » discipline dans un souci de faire des heures mais parce que je suis convaincue qu'il y a la des enjeux importants quant au profil des futures sages-femmes qu'on nous prépare !!!

Je ne sais pas si qq'un suit cette question au CIANE et si un avis collectif pourrait être élaboré pour le faire connaître aux asso de SF.

(je n'arrive pas à entrer dans la page privée de WikiCiane d'Emmanuelle, faute de mot de passe, j'ai du le perdre et je ne sais pas comment m'y prendre !)

J'aimerais bien avoir l'avis de mon illustre consoeur Madeleine sur le sujet !

MA (réponse à AD)

(AD) Le nouveau programme prévoie une unité d'enseignement dénommée « Santé, société, humanité » avec beaucoup de psychologie, du droit (très axé sur la législation professionnelle), un peu d'éthique, des éléments d'histoire et de philosophie de la santé et des choses en matière de santé publique. Il ne subsiste qu'un peu d'anthropologie « médicale » où on retrouve des choses comme « psychologie du couple » ! L'ensemble manque de cohérence épistémologique ce qui es quand même gênant pour une formation à prétention universitaire, et ne me paraît pas non plus cohérent dans une logique plus professionnelle, tournée vers els compétences attendues. C'est encore un projet et ça peut sûrement évoluer.

Est-ce qu'il y a réellement un programme cohérent de sciences sociales dans toutes les écoles de sages-femmes ou est-ce que c''est laissé à l'appréciation de chaque école? Je donne de temps en temps quelques cours à l'école de sages-femmes de Baudelocque, et j'ai l'impression que les étudiant(e)s ont juste quelques cours épars: deux heures d'histoire par là, deux heures de socio par ici. etc. Il est possible néanmoins que je minimise les choses, mais vu les réactions des étudiant(e)s, je ne crois pas...

(AD)Or, j'ai déjà alerté le CIANE sur le fait que la même chose est en train de se passer du côté des cadres sages-femmes, désormais formées par l'Ehsp.

Ce n'est pas que je plaide pour « ma » discipline dans un souci de faire des heures mais parce que je suis convaincue qu'il y a la des enjeux importants quant au profil des futures sages-femmes qu'on nous prépare !!!

Personnellement, la cohérence épistémologique me laisse plutôt indifférente ; en revanche, ce qui me paraît central, c'est de trouver les moyens de faire réflêchir les sages-femmes sur tout "ce qui va de soi" dans ce qu'on leur enseigne et ce qu'elles voient dans leurs stages: la place des parents et la leur, leur positionnement par rapport aux obstétriciens, le rôle des techniques etc. Bref effectivement faire un pas de côté, prendre de la distance... et de fait, voir que ça ne se passait comme ça dans le passé, que ça se passe différemment dans d'autres pays, que des gens se posent des questions sur les pratiques et que ces questions méritent d'être examinées, etc. c'est effectivement ce que peuvent apporter les sciences sociales.

Par ailleurs, avoir quelques éléments de culture générale sur l'obstétrique, la naissance etc., ça paraît quand même le minimum. Je suis frappée par le fait qu'ils/elles ne savent vraiment pas grand chose sur l'histoire de leur profession par exemple, et qu'il y a une quantité de clichés et de préjugés (et même de croyances erronées genre: l'accouchement à domicile est interdit en France; agressivité farouche à l'égard des doulas directement insufflée par les profs, je suppose, mais sans aucune distance) assez ahurissante. Et quand j'interviens en deux-trois heures, je le fais en dernière année, donc en principe la formation est pour l'essentielle derrière elles.

Maintenant, je n'ai aucune idée de ce qui est effectivement prescrit et fait aujourd'hui et de ce qui pourrait être fait dans le nouveau cursus. Je vais peut-être envoyer un mail à Baudelocque pour leur demander...

EP

Le programme actuel des écoles de sages-femmes semble être ficé par un arrêté ("arrêté du 11 décembre 2001 fixant le programme des études de sages-femmes"). L'arrêté en lui même dit juste que le programme est en annexe, publié au JO du 2002/2.

J'ai eu du mal à trouver ce lien vers qq chose qui ressemblerait à ce qu'on cherche. JO 19 décembre 2001. Je ne suis pas tout à fait sûre que ce soit bien le document officiel bien que sur le site du ministère de la santé. http://www.sante-sports.gouv.fr/fichiers/bo/2002/02-02/a0020155.htm

(ce document a des pb d'affichages sur certains navigateurs, essayer ça : dans le menu de ton navigateur, Affichage, et tu choisis Encodage des caractères : Occidental - ISO 8859-1

CC (pour la Belgique)

J'ai pu trouver ça sur le site de la Haute Ecole de Namur :

Etudes d'accoucheuse en Belgique - Présentation générale :

http://www.henac.be/ects/fr/para/ac/index.php

Détail des 4 années :

http://www.henac.be/ects/fr/para/ac/ac1.php http://www.henac.be/ects/fr/para/ac/ac2.php http://www.henac.be/ects/fr/para/ac/ac3.php http://www.henac.be/ects/fr/para/ac/ac4.php

Je vais en rester là pour ce soir ;-)

MA

Pour ne rien vous cacher, je suis ahurie parce que je lis dans le progamme: 180 heures de sciences humaines et sociales... ça me paraît incroyable par rapport à ce dont j'ai eu l'impression dans mes interventions. Je me demande quelle est la latitude d'organisation de chaque école.


Modif. March 13, 2010, at 10:16 PM<br />(:addThis username="xa-4b5388e32c732dfe" btn="lg-share":)