DiscussionFeminismeEtNaissance2009

Cette page présente des discussions qui ont eu lieu sur la liste Ciane au sujet de : l'accouchement sans douleur (ASD), féminisme, etc

Ressources

  • L'accouchement sans douleur: Histoire d'une révolution oubliée Par Marianne Caron-Leulliez, Jocelyne George Publié par Atelier, 2004 ISBN 2708237519, 9782708237513 254 pages
  • Accoucher, Femmes sages-femmes et médecins depuis le milieu du XXè siècle. Y.Knibielher.
  • La péridurale, un choix douloureux Madeleine Akrich Les cahiers du Genre, 25-26 (1999) 17-48 http://hal.ccsd.cnrs.fr/docs/00/08/20/60/PDF/99peridurale.pdf
  • « Accouche et tais-toi » de Gisèle Tichané (vigoureux réquisitoire contre els pratiques à partir de témoignage de femmes sur leur accouchement), publié en 1980
  • Michel Dreyfus. La polyclinique des Bluets et les débuts de l'accouchement sans douleur (1938-1957), Matériaux pour l'histoire de notre temps, 1999, n° 1, pp. 27-33. doi : 10.3406/mat.1999.402207 url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mat_0769-3206_1999_num_53_1_402207

Discussions

EP (février 2009)

Etant en train de rechercher dans l'histoire d'où vien et de quand date la prise en main des femmes sur la manière dont elles veulent vivre leurs grossesses et leurs accouchements, je tombe sur cette conclusion d'un article de 1999 sur l'histoire de la clinique des Bluets et accouchement sans douleur (années 1950-60). Je voudrais savoir ce que vous en pensez (d'un point de vue analyse historique par exemple). Emmanuelle Phan

  • Dernière remarque : on est frappé du fait que I'ASD (note: ASD = accouchement sans douleurse) soit développé dans un milieu a priori ni féminin, ni féministe. Au sein du mouvement syndical, la métallurgie constitue une branche peu féminisée; les femmes n'y jouent un rôle que très secondaire. Pourtant, c'est dans ce milieu, apparemment peu propice, que cette démarche, pionnière pour les femmes, a vu le jour. Cette situation paradoxale s'ex plique-t-elle seulement par la rencontre de ces deux médecins d'exception que furent P. Rouquès et F. Lamaze avec le syndicalisme de la métallurgie? Souhaitons que des recherches ultérieures permet tent de répondre à ces questions, tout en rendant aux pionniers de l'accouchement sans douleur l'hommage qu'ils méritent.''

Michel Dreyfus. La polyclinique des Bluets et les débuts de l'accouchement sans douleur (1938-1957), Matériaux pour l'histoire de notre temps, 1999, n° 1, pp. 27-33. doi : 10.3406/mat.1999.402207 url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mat_0769-3206_1999_num_53_1_402207 Consulté le 25 février 2009

BB

Max pourra te faire un exposé beaucoup plus précis, mais il me semble que la réponse à ta question est dans l'article que tu cites : dans la métallurgie le syndicalisme était très fort, et notamment la CGT, à l'époque très proche du PCF, et le PCF à son tour très proche de l'Union Soviétique où la méthode aurait vu le jour sous l'influence de Pavlov.

Ajoutons que, pour faire bref, l'idée d'accoucher sans douleur était une manière comme une autre de bouffer du curé en conjurant la malédiction biblique.

C'est un rapprochement historique intéressant qui effectivement peut paraître bizarre aujourd'hui alors que les cartes ont été redistribuées de sorte que ces affinités culturelles/politiques/idéologiques nous apparaissent comme des stéréotypes.

Bernard

MA (réponse à EP)

Personnellement, j'ai tendance à penser que ce n'est vraiment pas dans l'accouchement sans douleur français que l'on peut trouver l'origine d'une revendication feminine sur l'accouchement.

Mon sentiment c'est qu'à l'inverse, cela a été une nouvelle manière, peut-être plus subtile, d'étendre la main-mise des médecins sur les femmes (et peut-être bien d'en éloigner les sages-femmes). Je ne dis pas que cette méthode n'ait pas - pour un certain nombre de femmes - amélioré leur expérience de l'accouchement, notamment en leur donnant quelques techniques pour ne pas se laisser embarquer par la douleur et/ou la panique. Ceci étant, c'est une technique d'homme, que les hommes enseignent aux femmes, dans une relation très paternaliste: nous allons vous libérer Mesdames de vos peurs ancestrales, suivez-nous, obéissez-nous, tenez-vous comme il faut et tout ira pour le mieux.

Je me souviens d'avoir vu un petit film sur un accouchement avec Lamaze: la dame était au garde à vous, tenue impec, parfaitement disciplinée et obéissant au chef d'orchestre Lamaze. Elle était couchée bien comme il faut sur le dos, il y avait cette rythmique très française de l'accompagnement (poussez, poussez, poussez...) réalisée il me semble par une sage-femme, obéissant elle aussi au chef d'orchestre. Bref, c'était une scène parfaitement ordonnée, et à quelques machines près, extrêmement semblable à celle que l'on voit dans les maternités contemporaines. Je me souviens aussi qu'à intervalles réguliers, la dame respirait dans un masque et on s'était dit quand on l'a vu avec ma collègue néerlandaise que ça devait être un gaz hilarant: donc accouchement sans douleur sans douleur, mon oeil!

Par ailleurs, j'ai interviewé un jour un vieux généraliste bourguignon qui avait justement appris avec lamaze la technique et qui se rappelait émerveillé du bon vieux temps où il faisait des accouchements. Lui aussi employait le vocabulaire de l'émancipation, mais en même temps, j'avais été frappé par des expressions qui montraient que cette technique lui avait permis à lui de se sentir un acteur central dans l'événement - ce n'était pas la femme qui accouchait, mais une sorte de collectif dont il était un membre important.

Donc j'ai tendance à penser que l'accouchement sans douleur a contribué à discipliner les femmes d'une manière qui a facilité l'intrusion progessive de tout un tas de techniques.

D'ailleurs, certaines femmes ont dénoncé très fort ce qu'elles considéraient comme une imposture. Il y a un livre de Marie-Josée Jaubert "les bateleurs du mal-joli" publié en 79 qui est un pamphlet "féministe" dévastateur sur l'ASD. En gros, elle dit que cette technique ne supprime en rien la douleur, mais fait juste croire à l'entourage qu'elle est inexistante ; en plus, elle culpabilise et dévalorise les femmes qui ne parvienne pas à entrer dans le rôle qui leur est assigné. En définitive, elle profite essentiellement aux médecins qui peuvent travailler sur des corps disciplinés. Peut-être faut-il voir dans cette histoire un des éléments qui expliquent que la péridurale ait été perçue très positivement par un grand nombre de féministes françaises?

Madeleine

CC (à MA)

Je suis d'accord avec toi. D'ailleurs dans l'article, il est question de cette méthode comme permettant aux femmes de se "maîtriser" et d'agir "en tant que sujet". Une femme qui crie de douleur ou qui pleure ne vit pas son accouchement en tant que sujet ? Le manque de maîtrise est-il à déplorer ou à souhaiter ?

Plutôt que d'encourager à la liberté de mouvement, d'accompagner par un soutien affectif, de proposer des bains chauds... on fige une femme dans une position extrêmement douloureuse (sur le dos !). Une partie de la douleur contre laquelle l'ASD veut lutter est générée par cette posture imposée ! Rajoute à ça le lavement de rigueur qui te refilait des crampes et autres joyeuseté liées à la prise en charge hospitalière.

Je pense que l'ASD a été une méthode adaptée à l'accouchement à l'hôpital. Dans un environnement où tu ne pouvais pas bouger et pas faire (ni même exprimer) ce que tu voulais.

Alors oui, dans cet environnement là, soumises au jugement des autres et au devoir de bienséance, les femmes ont certainement mieux vécu leur accouchement grâce à l'ASD. Mais je suis persuadée que le degré de satisfaction de beaucoup de femmes pour lesquelles la méthode a bien marché tenait en fait à un sentiment de maîtrise d'elles-même devant des spectateurs.

Ma mère et ma belle-mère ont toutes deux les mêmes mots, avec un soupçon d'ironie et d'amertume quand elles en parlent : "Accouchement sans douleur, mon oeil ; faut arrêter de dire n'importe quoi". Maman a eu 7 enfants et a suivi la préparation à chaque fois car elle avait peur. Ma belle-mère a eu deux enfants. Le premier accouchement l'avait tellement traumatisée (comme son mari) qu'ils ne voulaient plus d'enfants. Maman est née en 1953 et ma belle-mère en 1950.

Par contre, l'ère de l'ASD a été celle d'une meilleure information donnée aux femmes de ce qui se passe dans leur corps quand elles accouchent et ça, c'est franchement bien. D'autre part, je pense que comme toutes les méthodes, elle a dû en aider certaines à ne pas être dépassées par des douleurs et des peurs... dont beaucoup cependant sont générées par l'environnement médical. Ça on en parle rarement. Avant de rentrer dans une salle d'accouchement, je me sens toujours affreusement mal, avec la peur de ce qu'on va me faire, avec cette odeur d'endroit où on souffre généralement, ces gens qui vont vous mettre une perf en place... bref, comme quand on est malade. Rien que ça, c'est anxiogène.

FB

Je pense aussi que ca a ete l'occasion d'informer les femmes qui jusqu'alors pouvaient etre tres ignorantes de ce qui allait se passer.je pense quand meme que l'AAD etait un pas vers une matenite plus informee et consciente. les "cours d'ASD" etaient enseignes par les sages femmes. Dans toutes les "techniques"on peut voir des femmes qui sont totalement gouroutees et qui sourient en accouchant:ASD, hapto, orgasmic birth...La realite du terrain est tout autre. Chaque femme ayant a vivre son accouchement avec le niveau de liberte physique et morale qui est la sienne... FB

FB (réponse à CC)

> Je suis d'accord avec toi. D'ailleurs dans l'article, il est question de > cette méthode comme permettant aux femmes de se "maîtriser" et d'agir > "en tant que sujet". > Une femme qui crie de douleur ou qui pleure ne vit pas son accouchement > en tant que sujet ? Le manque de maîtrise est-il à déplorer ou à souhaiter ? > > Plutôt que d'encourager à la liberté de mouvement, d'accompagner par un > soutien affectif, de proposer des bains chauds... on fige une femme dans > une position extrêmement douloureuse (sur le dos !). Une partie de la > douleur contre laquelle l'ASD veut lutter est générée par cette posture > imposée ! Rajoute à ça le lavement de rigueur qui te refilait des > crampes et autres joyeuseté liées à la prise en charge hospitalière. > Pas du tout en ce temps la il n'y avait pas de monito!!! On etait donc ps obligees de rester des heures sur le dos!!! > Le premier accouchement l'avait tellement > traumatisée (comme son mari) qu'ils ne voulaient plus d'enfants. Maman > est née en 1953 et ma belle-mère en 1950. > ma grand mere sans ASD a ete tellement traumatisee qu'elle n'a eu qu'un enfant(1911)!!!Pour le traumatisme , il ne vient pas que de l'exterieur!!! D'ailleurs je suis toujours admirative des femmes (couples) qui aujourd'hui encore reussissent a vivre la naissance de leur bb positiivement en effet malgre l'envirronnement medical froid et dispersant du fait d'une absence d'humains disponibles pour les accompagner en cours de grossesse et lors de l'accouchement!!! Les humains sont extraordinaires!!! > Par contre, l'ère de l'ASD a été celle d'une meilleure information > donnée aux femmes de ce qui se passe dans leur corps quand elles > accouchent et ça, c'est franchement bien. D'autre part, je pense que > comme toutes les méthodes, elle a dû en aider certaines à ne pas être > dépassées par des douleurs et des peurs... dont beaucoup cependant sont > générées par l'environnement médical. Je crois que tu ne peux pas generaliser!!! Certain(e)s sont rassures par cet envirronnement!!!Et pour la peur elle est en chacun(E) plus ou moins selon son histoire. l'exterieur amplifie ou non selon chacun(e).Mais c'est d'abord au coeur du sujet qu'elle est nichee.

CC (réponse à FB)

Franchement Françoise, pour accoucher ma mère n'a jamais été dans une autre position que sur le dos ! Au début du travail on l'envoyait marcher, mais comme on le fait déjà aujourd'hui. Après, c'était allongée. Et le syntho, elle y a eu droit à chaque fois. Quant au monitoring, en 1974 et en 1980, ma belle-mère y a eu droit ! Pareil pour maman, elle a eu des enfants entre 1970 et 1992 ! C'est clair, pour moi, elle n'a pas eu le temps (arrivée à dilatation complète) mais elle a subi d'autres maltraitances.

Je ne dis pas que l'accouchement ne pouvait pas être traumatisant avant. D'autant que l'information donnée avec les cours d'ASD, comme tu l'as souligné, étaient une bonne chose pour retirer aux femmes certaines peurs liées à l'accouchement et les aider à mieux vivre ce qui se passe dans leur corps à ce moment. Sinon, je pense aussi que ce qui a diminué les peurs, c'est la baisse de la mortalité. Quand tu as une cousine et une voisine qui y sont restées, ça te travaille forcément plus que quand c'est un événement extrêmement rare.

D'accord avec toi, l'environnement médical en rassure certaines... mais aussi parce que le milieu médical insiste sur idée de la dangerosité de l'accouchement (à cause de laquelle il vaut mieux être à l'hôpital) ! Les femmes Françaises ont une idée plus morbide de l'accouchement que certaines Nordiques...

CC

Sinon, je crois aussi que l'AAD d'aujourd'hui n'a pas grand chose à voir avec l'AAD de nos grand-mères (elles n'avaient pas le choix). Notre meilleure compréhension de la physiologie de l'accouchement fait que l'approche est différente et le comportement des femmes comme celui des sages-femme aussi !

En plus, quand il était accompagné par une matrone ou une sage-femme, c'était pas forcément sympa. Et toute seule, c'était parfois flippant ;-)

L'AAD aujourd'hui, pour les femmes qui le choisissent, c'est une vraie libération !

CC

Il me revient entête un passage d'un livre très intéressant sur les débuts de l'hospitalisation des femmes qui accouchent "La cornette sous le paillasson". On y parle de la période ASD où les femmes étaient notées selon leur bonne conduite à l'accouchement ! Celles qui n'avaient pas été à la hauteur alors qu'elles avaient suivi les cours étaient encore plus mal que les autres après (honteuses de n'avoir pas bien fait).

Et déjà au début de la prise en charge hospitalière des accouchements, les protocoles étaient loin de favoriser la liberté de mouvement des femmes qui accouchent et rajoutaient de la douleur à celle inhérente au simple processus de l'accouchement (qui englobe beaucoup de choses et qui varie selon les femmes). Lavement, jeûne imposé, position gynéco pour l'accouchement une fois que le travail était bien lancé, toucher rectal pour apprécier la position et la progression du bébé. Le toucher vaginal était réservé au médecin, après rasage et asepsie de la vulve et mise en place d'un champ opératoire (qu'on ne voie que l'entrée du vagin).

Bon, c'était en Suisse... Mais je doute que les choses aient été bien mieux chez nous...

Sinon, avant l'ASD, on endormait les femmes avec du chloroforme. Dans le bouquin, il est précisé que quand le médecin n'était pas là, on laissait les femmes crier. mais que quand il venait, il fallait que ce soit silencieux alors on les sédatait...

MP (à CC)

Je ne peux pas laisser dire cela : J'ai participé aux tout début de l'ASD et l'ai pratiqué en campagne, en médecine rurale, puis dans une petite maternité de 10 lits (Les « Bluets »de Châteauroux), et enfin à la Clinique Montaigne . Il était conseillé à chacun d'adapter cette méthode à sa manière, au lieu, aux habitudes, aux désirs des usagers ... Ainsi les mamans pouvaient déambuler tout à leur aise, se mettre dans différentes positions, prendre des bains pendant l'accouchement etc. L'image stéréotypée que vous donnez de la parturiente préparée à l'ASD n'est pas très juste, sincèrement ...et je vous le dit en toute amitié !

D'abord cela a été un grand espoir pour les mères de pouvoir accoucher elles mêmes et avec moins de peur au ventre ...c'était d'autre part une manière de se débarrasser en partie et souvent complètement de la douleur considérée jusque là comme irrémédiable, comme une malédiction contre les femmes victimes d'une culpabilisation d'une société dirigée en grande partie par des hommes (culpabilisation qui continue d'ailleurs et encore plus fortement actuellement)...et puis cette méthode a permis d'accepter le déroulement physiologique de la présentation du siège( et en ce sens cela a été une grande victoire pour les femmes) Et cette méthode a permis de diviser le nombre de césariennes par deux !

Il n'est pas juste d'avoir une position aussi péremptoire vis-à-vis de cette méthode, très efficace, mais qui a été « maltraitée » dans tous les sens du terme, dans de nombreux centres hospitaliers, alléchés par ses possibilités mais

Qui n'avaient pas donné une véritable formation à l'ensemble des SF ! L'application de cette méthode a, dans ce sens , été malhonnête ! Et pourtant ses bienfaits ont été reconnus pratiquement unanimement et ce dans des lieux très divers.

Actuellement je conseille toujours de recourir à cette méthode, quand les mamans préparées à l'accompagnement haptonomique qui était notre formule principale de préparation, ( où à une autre formule) ne trouvent pas de solutions pour supprimer ou atténuer la douleur et s'apprête à demander la péridurale ...et cela marche ! C'est pourquoi j'enseigne toujours, ---et l'haptonomie, ---et l'ASD, modifiée, améliorée, adaptée telle qu'on l'enseignait à Montaigne, utilisable en cas de besoin (même si déontologiquement ce n'est pas compatible avec le « laisser venir » et « le ressentir » de l'Hapto qui n'est toujours efficace contre la douleur, même s'il l'est pour l'enrichissement des rapports affectifs entre la mère , le bébé et le père )

Voila une méthode qui, même appliquée d'une manière disons primaire, pourrait encore de nos jours faire diminuer le nombre de forceps, césariennes et péridurales et pourrait permettre aux mamans de retrouver leur dignité et leur autonomie, même si pour moi l'hapto, bien comprise et bien adaptée, c'est mieux.

CC (réponse à MP)

Oui, Max. Tu fais bien de pondérer mon propos.

Tes mots sont très justes et me font penser au film "Le cas du Dr Laurent" que j'ai vu il y a quelques mois.

Mais comme tu le signales, la méthode a été détournée. Car la plupart des femmes n'ont pas vécu, et ne vivent pas car elle est toujours enseignée, l'ASD selon ce qui se passait à Montaigne !

Aujourd'hui, elle reste une méthode parmi les autres, qui peut aider une femme si elle en a besoin. Nous sommes d'accord sur ce point. Et c'est d'autant plus efficace qu'on ne rajoute pas à la douleur de l'accouchement celle des actes médicaux inutiles et qu'on ne perturbe pas la femmes qui accouche, en la laissant libre de ses mouvements et positions.

Mais ça, c'est une méthode de diminution de la douleur à laquelle le milieu hospitalier résiste fortement en bien des endroits !

Catherine

BB

Je pense qu'il faut être attentif à distinguer les méthodes des applications qui en sont faites. Le problème étant que, la plupart du temps, nous ne connaissons les méthodes qu'à travers leurs applications. Et nous connaissons surtout les dérapages qui produisent de l'insatisfaction. Je vois passer presque chaque jour des gens qui ont été esquintés par des psy ou des ostéopathes... pour la simple raison que ceux qui ont réellement bénéficié de ce genre d'intervention ne consultent pas ailleurs. ;-)

CC

Entre la volonté déclarée de celles et ceux qui veulent soulager les femmes et les effets secondaires de ce qu'ils mettent en place, il y souvent de terribles contradictions.

Ainsi, en voulant libérer la femme de la douleur et de la peur de l'accouchement, le milieu médical l'a simultanément fortement assujettie à sa conception morbide de l'accouchement, faisant d'elle un personnage passif soumis à de plus en plus d'actes douloureux.

Peu de médecins ont poussé le mouvement de libération de la femme auquel ils prétendaient participer avec l'ASD plus loin que ce qui contribuait à leur propre confort.

A part ça, je trouve que bon nombre de femmes, bien que connaissant les mécanismes physiologiques de l'accouchement, ont aujourd'hui bien plus peur d'accoucher que ma grand-mère...

MP

Tout dépend de ce que l'on appelle "faire connaître les mécanismes physiologiques" ...les cours donnés souvent actuellement dans la majorité des lieux de naissance (et ceci souvent d'une manière inconsciente par d'excellentes SF) doivent effectivement concourir à une certaine angoisse de la mère (et non à la lever)surtout si l'on rappelle alors... qu'heureusement il y a la consultation de l'anesthésiste , en vue de la possibilité(l'obligation???) de la péridurale!

Il convient à mon avis plutôt de faire en sorte que la maman se dégage des conditionnements et préjugés culturels,( qu'elle en prenne au moins conscience) et puisse "ressentir et vivre" par elle-même ces mécanismes physiologiques, tout en en comprenant le déroulement naturel physiologique, et qu'elle prenne confiance de sa puissance personnelle à mettre son bébé au monde elle même, à sa manière, et que les entretiens théoriques et pratiques tendent à la rendre le plus possible autonome y compris dans sa recherche personnelle à retrouver ses réactions primales...cela n'a rien à voir avec les "cours" de la plupart des formules hospitalières.

Il est vrai que les confrères ...et les consoeurs sages femmes qui ont eu, ou qui ont, cette attitude de progrès,( et il y en a..., peu connues mais solides parmi elles) n'ont pas été beaucoup soutenus dans ce combat, débordés ou ridiculisés par une majorité conservatrice ou tout simplement passive et se satisfaisant du courant majoritaire en s'y adaptant, soit pour ne pas faire de vagues, soit pour vivre tranquille...Il en est de même du combat pour le choix des usagers, pour les MdM ou l'AAD ! le progrès passe par la recherche, la connaissance, le combat contre les préjugés et les jugements rapides et simplets, l'approche du « ressenti », la libre explication, le faire savoir, le libre débat, et l'union des forces communes, etc... et dans le domaine de la Naissance l'ASD s'est révélé être un sacré progrès à l'époque pour les femmes.

FB

Etant de la generation de la mere de Catherine, je peux dire que l'ASD a ete pour moi un excellent soutien(plus la sage femme en accompagnement global) pour les naissances en mater je n'ai eu qu'une ecoute trrrreees discontinue du bb et une grande liberte(et solitude!!!) dans ma chambre. je n'ai eu a m'allonger que tout a la fin. Mon ASD de depart et la premiere naissance super bien accompagnee par une sage femme m'ont permis de franchir ces longues heures seule (en mouvement) sans encombre!!! j'ai fait un stage en mater en 76 pour voir si je pouvais devenir sage femme et j'ai pu verifier que ma solitude et liberte en chambre ne m'etait pas reservee!!! Les jeunes femmes que j'ai accompagnee alors etant tout a fait seules, libres et auraient peut-etre ete angoissees de cette solitude. MAis l'ignorance qui regnait du temps de ma grand mere(elle etait prof a l'ecole normale de jeunes filles) est peu imaginabe aujourdhui:l'une etait accouru aupres d'elle ne sachant ce qui lui arrivait(elle etait en travail de parturition!!!)!!!Il faut dire qu'en ce temps la une autre etait accourru parceque son mari se devetait devant elle la nuit de ses noces et qu'elle a cru qu'il devenait fou!!! Ceci etait dans les annees 1910-1930 je dirais. Alors l'ASD a contribue a aider les femmes a sortir de cette ignorance sans doute doublee de crainte avec tous les non dits qui s'y rajoutaient. On ne parlait pas de ces sujets!!!On revient de loin je pense(et d'ailleurs on a pas tant avance que l'on croit!!!) FB

MA

Ton témoignage est tout à fait intéressant, ainsi que celui de Max; cela montre bien, comme disait quelqu'un, qu'on ne peut juger une méthode indépendamment du contexte de sa mise en oeuvre, de la personnalité de ceux qui sont concernés etc.

En même temps, si on revient au point de départ de la question soulevée par Emmanuelle, je n'ai pas l'impression que ça puisse être considéré comme un mouvement significatif d'une volonté venant des femmes de prendre en main leur grossesse et leur accouchement: c'est plutôt un outil qui a été proposé par des médecins pour que l'accouchement se passe mieux pour tout le monde, femmes et professionnels, et qui était "vendu" sous l'étiquette "suppression/ gestion de la douleur" et pas "émancipation de la femme", l'émancipation de la femme via la connaissance étant un instrument pour la suppression / gestion de la douleur. Du coup, mon impression est qu'avec un scenario de ce type, il n'était pas difficile de remplacer l'ASD par la péridurale, plus performante sur le plan de la suppression de la douleur.

MP

otamment l'émancipation du dogme imposé ou entretenu par les Églises mais dont l'origine était « faussé » puisqu'il s'agissait de du fameux « Tu enfanteras de fils dans la douleur » faisant allusion à la prophétie de cette pythonisse d'après laquelle un fils d'esclave mettrait l'Égypte à feu et à sang, ce qui entraînait l'ordre de tuer les mâles naissant des tribus d'esclaves ( ordre non suivi semble t'il par les matrones de l'époque prétendant que ceux-ci était d'une telle vigueur qu'ils s'étaient enfui avant l'arrivée des Sages femmes !) Et qui est devenu le trop fameux « TU ENFANTERAS DANS LA DOULEUR » qui a ,fait le tour des chaumières du monde entier...et pas uniquement du monde des religions monothéistes ...faisant un mal fou aux femmes en les marquant du sceau de ce qui allait devenir une malédiction ...

C'est de ce dogme et de bien d'autres que l'ASD allait essayer de faire en sorte que les femmes se délivrent, se libèrent ...avec le secret espoir pour certains...selon leur formule philosophique, syndicale ou politique , et j'en faisait parti,( avec la dedans des féministes très divisées) qu'elles se libèrent d'autres dogmes, d'autres carcans...

L'ASD s'est répandue mais pas toujours dans de très bonnes conditions ...Un certain nombre de médecins et plus encore de Sages-femmes se sont formées dans cet esprit mais pas suffisamment en nombre... et la préparation s'est petit à petit vidée de son contenu, devenant une sorte de technique non plus prophylactique, mais disons « réparatrice » de la douleur déjà fortement ancrée dans la vie des femmes... Seuls quelques uns d'entre nous ont entretenu la formule de la prophylaxie obstétricale initiale, et même se sont efforcé de l'améliorer ...cette méthode il faut le dire gênait énormément la majorité politique de l'époque qui la voyait comme une injure à la religion et à Dieu (même après l'avis donné par Pie XII le 26 janvier 1956) et qu'ils avaient peut être peur d'une certaine émancipation de la femme

... et la péridurale partie de France nous est revenue des USA ...et ce fut le début de la fin des l'ASD et de l'ensemble des préparations à la naissance pendant un certain temps sauf dans des secteurs isolés ( comme Serge Bazelaire aux Bleuets de Reims, Robert Guterz aux bluets de Nimes, Daniel Lipsig et ses confrères et consoeurs SF aux « LILAS », nous-mêmes aux Bluets de Châteauroux , puis à Montaigne de CHATEAUROUX, Jean Marie Cheynier aux Bluets de Paris, Claude Émile TOURNE de Perpignan ...j'en oublie quelques uns ...Mais surtout je vous demande de considérer que des centaines de SF ont continué à travailler dans l'esprit de l'ASD en libéral mais ont été rapidement « absorbées » ou « exclues »' par la généralisation de la ,péridurale (qui devenait même un critère de qualité pour les hôpitaux et cliniques qui la pratiquaient)...et sur ce point la je suis parfaitement d'accord avec Madeleine. max

CC (à MP)

Je connais et respecte ta conviction. Néanmoins, j'aimerais exprimer, comme ça me vient, ce que ça m'inspire.

Faut arrêter un peu avec l'histoire de la malédiction divine et de notre prétendu formatage, seuls responsables des douleurs de l'accouchement et dont l'ASD ou autres méthodes nous délivreraient. La plupart des femmes, à des degrés divers mais pour une grande majorité de manière assez similaire, ressentent une douleur liée au processus de l'accouchement. Merci de ne pas faire de nous des aliénées (je trouve cela blessant vis à vis de mon vécu, de mon ressenti et de mes convictions). Ce n'est pas parce qu'une méthode permet de gérer ou gommer la douleur qu'elle fait disparaître le processus qui la génère (et qui n'est pas que psychique : même un simple travail musculaire intense génère des douleurs après quelques minutes d'effort ininterrompu). Je ne me sens pas du tout conditionnée de la sorte et je ne vois ce qui autorise qui que ce soit à poser cela comme un fait.

L'auto hypnose permet aussi de diminuer la douleur sans que ça ne supprime l'éventuelle croyance en une fatalité de la douleur insupportable de l'enfantement.

Au moins, que cela soit énoncé comme une théorie...

De ce fait, je ne vois pas du tout l'ASD comme une émancipation : juste l'adhésion au postulat de l'unique composante psychologique de la douleur ! La femme énonce en fait, selon ce que des médecins ont établi comme théorie : "Je reconnais que la douleur que je ressens n'existe que parce que que je le permets (voire parce que je le souhaite) et si je n'arrive pas à la gommer suffisamment, c'est parce que je suis trop conditionnée pour cela (c'est pas de ma faute, mais c'est comme ça)."

Je ne nie pas que certains conditionnements, que certaines peurs, tout comme une simple fatigue physique ou émotionnelle puissent baisser notre seuil de tolérance à la douleur, mais une fois cela posé, chacune vit, accepte et deale au mieux avec son ressenti corporel !

CC

Par contre, là où je suis 100% d'accord, c'est que ça doit être certainement moins effrayant et donc moins douloureux, de comprendre ce qui se passe dans son corps quand on accouche. Donc merci à l'ASD pour ça.

C'est vrai qu'on a parfois du mal à imaginer les non dits des femmes entre elles concernant leurs expériences sexuelles (dont l'accouchement).

Ma mère, à 16 ans, pensait qu'on faisait les bébés en s'embrassant. Quand elle a eu ses règles (elle était paniquée à la vue du sang qui coulait de son entrejambe et avait peur de mourir), sa mère ne lui a rien expliqué. Elle lui a juste dit, en lui donnant une bande hygiénique "Maintenant, tu es une femme". Sa nuit de noce (elle n'avait jamais "vu le loup" avant) n'a pas été un moment voluptueux et sensuel. Elle ne savait rien de ce qui l'attendait : sa grand-mère lui avait dit "Tu te déshabilles et tu te laisses faire).

J'ai l'impression, au sujet de l'accouchement, que la seule chose que les femmes s'en disaient, c'est que ça faisait mal (tout en le minorant souvent : le fameux "joli mal").

Une sorte de tabou repris par Florence Foresti dans son sketch sur l'accouchement. A la question : "Ça fait mal ?" on te répond : "Un peu, mais tu verras, on oublie vite !"... Parce qu'on savait que tu n'avais pas le choix et qu'il valait mieux ne pas te faire peur. Aujourd'hui, c'est l'inverse : beaucoup de femmes te disent que ça fait atrocement mal parce qu'elles savent qu'elles ont le moyen de s'épargner cette douleur avec la péridurale.

Je suis partie accoucher, pour mon premier, convaincue que ça ne devait pas être si terrible que ça (même pas suivi de prépa, tant j'étais convaincue que c'était naturel et donc facile). Que si ma mère l'avait vécu sans péridurale 5 fois, je pouvais faire pareil. Eh bien j'ai vraiment été surprise de ce que j'ai rencontré comme sensations, au fil des heures (alors qu'au début des contractions, j'étais toute contente). Et pour les autres bébé, à chaque fois, je me voyais accoucher quasiment sans douleur et à chaque fois, l'intensité de la douleur ressentie, à certains moments, m'a surprise.

J'ai suivi une prépa qui m'a aidée, pour le 3e, à traverser ces moments douloureux. Mais je sais dans mon corps et dans ma tête, que ce que je ressentais n'avait absolument rien à voir avec un quelconque conditionnement culturel. Les femmes n'ont pas mal parce qu'elles sont conditionnées. Elles ont cet avis parce que ça fait mal la plupart du temps, pour la grande majorité des femmes. Pourquoi devrait-on le taire ? Une de mes amies en a voulu à sa mère de ne pas l'avoir prévenue car elle aurait pu s'y préparer ! Elle a été surprise et donc affolée de ce qu'elle a ressenti (donc douleur +++).

CC

Dernier rajout : d'ailleurs la généralisation de la péridurale donne aussi le sentiment d'une douleur insupportable, la peur de ne pas pouvoir faire sans et donc des douleurs potentiellement décuplées si pas possible d'y recourir alors que c'était prévu !

Donc paradoxalement, elle installe dans l'esprit de beaucoup de femmes l'idée d'une douleur fatalement insupportable ! D'un truc invivable et qu'on ne saurait souhaiter vivre... Pour elles, maîtriser son accouchement, c'est remettre leur corps entre les mains du médecin et de l'anesthésiste. Ce n'est pas s'abandonner à leur ressenti corporel qui, même s'il peut leur apporter des sensations agréables, peut aussi les mettre en contact avec une douleur dont elles ne veulent pas et leur faire perdre la maîtrise d'elles -mêmes (dans un monde où la maîtrise de soi et de ses réaction ainsi que de son image sont valorisés).

FB ((éponse à CC?)

> Je ne nie pas que certains conditionnements, que certaines peurs, tout > comme une simple fatigue physique ou émotionnelle puissent baisser notre > seuil de tolérance à la douleur, mais une fois cela posé, chacune vit, > accepte et deale au mieux avec son ressenti corporel > Je trouve en effet que la perception des contractions est eminement variable d'une femme a une autre. Mais souvent douloureuse!!! Il me semble que la respiration a un role important de regulation de sensations, de l'humeur et donc n'est pas juste un "truc". C'est vrai que assister qq'une qui a tres mal est difficile. parfois on a le bonheur d'accompagner des naissances tres paisibles, ou la douleur reste a un seuil acceptable pour cette femme la . Et c'est magnifique!!! pour qui? comment? cela est peu previsiible!!!Dommage... mais il me reste en memoire la phrase de ??? Marypa? "on accouche comme on est". j'avais eu tendance a negliger la preparation considerant qu'on ne peut pas se preparer a l'imprévisible... or quelques femmes, couples recemment m'ont etonnee , et je me dis que pourquoi pas tout de meme faire un petit pas au cours de la grossesse vers une meilleure acceptation de ce moment a venir, connaisance de soi ,de son equilibre physique et psychique... Il me semble que c'est un pas vers une naissance mieux vecue egalement...

mais il ne s'agit pas de dire qu'il n'y aura pas de sensations fortes et fatiguantes ....(il ne s'agit pas d'une baguette magique anti douleur!!!)

MP

Le critère intéressant Catherine c'est que chacun peut trouver dans cette méthode (comme dans d'autres) ce qui l'intéresse.. L'ASD est un libre choix comme s'en est un de rechercher simplement son réflexe primale, mais ce que je peux te dire c'est que 1/ quand cette méthode est bien enseignée, bien vécue, bien appliquée lors d'un accompagnement subtil, adapté, intelligent, respectueux, voire discret, (ce qui n'est pas incompatible) CELA MARCHE !

2/ Je pense qu'on peut obtenir de meilleurs résultats par l'approche affective et le toucher affectif, « le laisser venir », le « laisser se faire les ouvertures » de l'Haptonomie qui permet à bébé et aux parents de mieux se connaître, s'apprécier et s'aimer bien avant la naissance ... Résultats meilleurs, au niveau de l'indolorisation ? ...pas toujours !

3/Et si cela ne marche pas alors et que la douleur envahit la parturiente, alors il vaut mieux avoir recours à l'ASD plutôt qu'à la péridurale et tout ce que cela implique ( injection d'ocytocines artificielles de synthèse et tout le contrôle du déroulement de la naissance médicalisé)

4/ Enfin si malgré tout la progression de l'accouchement ne se fait pas, ou se fait mal, les « retrouvailles » avec ses réactions primales s'imposent :abandon de tout « contrôle », isolement, « aggrippement », bains, « derviche-balanceur » (tel que cela se faisait à Montaigne)- tous éléments bien plus facile à retrouver d'ailleurs dans les accouchements à domicile, chez soi, ce qui est une justification de l'AAD,-- : (il y a des mamans qui ne peuvent accoucher qu'à domicile, et c'est logique)

5/ Mais il y a bien d'autres possibilités offertes aux mamans – La Sophro ( qui diminue le seuil de vigilance, contrairement à l'ASD qui l'augmente, mais dont les résultats sont bons ), l'Hypno analgésie, le YOGA, le Chant prénatal dans un autre registre, qui marchent bien également dans l'indolorisation de l'accouchement ...ne sont pas à négliger.

6/ N'oublions pas également le mélange subtil qui existe également parfois entre les éléments douloureux de l'accouchement et une véritable jouissance que la naissance peut provoquer chez la mère, qui parfois l'exprime mais qui parfois la retient n'osant pas l'exprimer par une sorte de honte , de gène, à en éprouver du plaisir... ; cette « libération » existe de plus en plus si la maman se sent bien avec son entourage respectueux de son libre comportement

Voila au sein de quoi se situe l'ASD actuellement ! avec toute ma fraternelle amitié max

MP

Qu'on le veuille ou non, même si c'est pénible à admettre: nous sommes aliénés à notre histoire...commune ..et personnelle

MP (rép à FB)

Il ne faut pas seulement "gérer" ou gommer la douleur c'est vrai, tu as parfaitement raison, il faut , si on le peut, atteindre la ou les « Causes primitives » de cette douleur- qui, à mon avis appartiennent à notre grand passé préhistorique-- mais sont perpétués actuellement par les Tenants( gynécos et autres...)de cette obstétrique moderne- à savoir une hyper culpabilisation et sa conséquence : une sévère infantilisation féminine!

CC

Oui, sauf que quand on mal aux muscles pendant un cours de cuisses-abdos-fessiers, qu'à un moment ils tremblent et qu'on ne peut poursuivre l'effort, personne ne vient te dire que c'est à cause de ton conditionnement culturel contemporain et/ou préhistorique que tu as mal...

Avec le même type de corpulence et le même mode de vie, deux personnes différentes ne le vivront pas de la même façon (certains prennent du plaisir à sentir leurs muscles travailler, même quand c'est douloureux, chacun a son seuil de tolérance à la douleur). Et il existe aussi des méthodes de conditionnement mental qui permettent de tenir plus longtemps...

Ce n 'est pas parce que l'ASD fonctionne sur la prise en charge de la douleur que le postulat selon lequel ces douleurs sont purement liées à un conditionnement culturel aliénant est vrai ! Et ça m'énerve d'autant plus quand c'est soutenu mordicus par des personnes qui n'ont jamais accouché. Tels des hommes ou telle cette sage-femme (n'ayant pas eu d'enfants) parlant d'une femme qu'elle avait accompagnée comme se comportant comme une "gamine de 4 ans". Ou une autre, très humiliante dans ses propos à mon égard qui s'était déjà "imaginée mettre un bébé au monde", maître d'elle -même, et qui prétendait qu'il suffisait d'être dans l'ouverture. Il aurait fallu que je consulte pour savoir pourquoi j'avais aussi mal vécu mon accouchement...

Un utérus, c'est sensible et nous ne sommes pas à égalité avec lui : certaines femmes ont des douleurs menstruelles très fortes, d'autres pas du tout par ex.

Je connais des femmes totalement "infantilisées" par leur gygy qui ont vécu une accouchement rapide et presque sans douleurs et d'autres plus "responsables" qui ont enduré quelque chose d'éprouvant.

CC

Je précise que pour le bébé suivant, j'ai eu un accouchement merveilleux, avec un puissant réflexe d'éjection. J'étais tout autant "aliénée" qu'avant (voire davantage du fait de ma précédente expérience

), juste mieux armée face à la douleur grâce à une prépa adaptée, un

environnement serein, un accompagnement respectueux et... un bébé qui se présentait autrement, un travail qui s'est fait différemment aussi - plus vite et moins douloureux - (est-ce forcément lié aux premiers paramètres évoqués, je ne saurais l'affirmer à 100% !).

J'ai pu faire avec ce que j'étais, et ça, c'est beau.

MP (2 mars)

U comme cela,ce n'est plus un débat très sérieux... et puis tant pis si des personnes font le choix de ne pas se préparer ainsi; ils sont libres après tout ; n'empêchons pas les autres de le faire s'ils le veulent à leur manière. Cela ne m'empêchera pas de penser que l'ASD est, avec l'Hapto, une des formules de préparation sérieuse simple et non aliénante à qui que ce soit, et qui tendent à rendre les mères relativement autonomes ...Ce qui est bien utile pour accoucher A bientôt max

CC

Je me suis peut-être mal exprimée : je ne suis absolument pas opposée à toute forme de préparation, que ce soit, l'ASD, l'hapto, l'eutonie, la sophro, le chant prénatal, l'hypnose... Bien au contraire ! D'ailleurs je répondais à l'un de tes mails que j'adhérais à 100% à ce que tu en disais.

Pour une meilleur connaissance de son corps et des processus de l'accouchement. Pour une meilleur confiance en soi, pour pouvoir disposer de "trucs" (respiration, visualisation, etc) permettant de surmonter les moments difficiles, etc.

Je suis juste en désaccord avec le fait de dire que l'accouchement physiologique n'est pas douloureux a priori et que s'il l'est pour la plupart des femmes, c'est uniquement à cause d'un conditionnement culturel. Genre "c'est juste dans ta tête que ça se passe ma chérie..."

Si la douleur de l'accouchement n'était que psychique, la péridurale n'aurait aucun effet sur elle...

Mais nous en avions déjà discuté il y quelques mois et je doute qu'il soit nécessaire d'en rajouter.

MP

hacun son avis ...Pour moi c'est une aberration que l'accouchement, acte physiologique, nécessaire à la reproduction de l'espèce, soit devenu , à travers les ages , douloureux pour les mères..et donc je recherche pourquoi et j'ai cru le découvrir à travers une culpabilisation ancestrale en rapport avec le " meurtre du père" et répercuté à travers les ages et jusqu'à aujourd'hui, par différents systèmes socio-culturels à travers le langage. ( trop difficiles à commenter en 10 lignes) et qui se sont inscrit dans le système comportemental des femmes ( des humains)un peu comme peuvent s'inscrire certains évènements marquant d'un individu par voie psychosomatique...mais je n'aurais jamais du aborder ce problème ..trop compliqué et amenant des contre-verses,et pourtant tellement intéressant!Passons à autre chose ...on risque de "barber" tout le monde affectueusement max

EP (notes de lecture, non envoyées sur liste Ciane)

Les Bateleurs du mal joli Pamphlet anti-ASD

Mes commentaires J'y vois moi un livre féministe, dans le sens où nous l'entendons aujourd'hui, ici. Remarque: Edmonde Morin est citée dans les "remerciement" (pour mémoire, auteur du Petit manuel de guerilla... 1985).

Extraits avec zoom sur ce que je veux Introduction: accouchemeent = oublié par les féministes, qui supposent que la question de la douleur est résolue ; mais emprise morale (volontariste), médicale, religieuse, politique (c'est ce que J.George voit comme caricature de telle ou telle gauche, discours stéréotypé - mais ça moi je ne le vois pas) Et les féministes se lancent dans les "accouchements deifférents (leboyer) sans se rendre compte que leur douleur et leur parole ne sont pas prises en compte

Chapitre 1. Revue des best sellers bêtifiants pour femme enceinte. Les femmes n'ont vue personne accoucher, le médecin entend remplacer l''entourage et expérience. Retour sur contraception, avortement, sous l'angle de la main mise du pouvoir médical (qui refusait de s'en mêler)

Chapitre 2. Sur les psy

Chapitre 3. Les best sellers contre "les bavardages de femmes enceintes".. Grief principal: mainmise médicale (faites nous confiance, n'écoutez pas les autres et surtout pas les femmes, juste votre médecin) Liste des "savoir populaires dénigrés par la médecine, mais fondés (ex. chats)

Allaitement, en 1979 semble etre prôné partout dans les livre. Pas de place pour le choix (retrouver la page, citation). Seulement jugements, bonne mère, escamotage du bib. Et pourtant, en maternté, réalité = tout pour faire foirer, car plus pratique, rapide...

Régimes! 10 kg pas plus. Etudes récentes montrent que 12 kg ok... (1979!) façonnage du corps de la femme suit les modes esthétiques?

(finalement, le chapitre dit que les médecins disent aussi n'importe quoi)

Chapitre 4 (sur l'accouchement) Début de procès sur l'épisiotomie? Valeur symbolique (délire du Dr. sur le bébé fallus, le médecin-amant, qui coupe et recoud. Veut bien croire que c'est anodin, mais l'endroit où c'est fait n'est pas anodin. Témoignages de complications.

EP (mai 2009, dans une autre conversation privée avec SG)

Jaubert est pour moi la première en France à dénoncer les gourousation de toute part, qu'elles soit ASD, obsétrico-écolo (Odent en prend plein les dents) et hypermédic. 1979 et 1982. Mais les historiennes (de l'ASD, Caron et Leulliez) la voient (Joubert) comme une anti ASD gauchiste primaire et promoteuse de la péri pour tous. Il y a aussi Françoise Edmonde Morin en 1985, Manuel de guérilla à l'usage des femmes enceinte, chez Seuil, qui elle remet en cause frontalement toutes les pratiques qui sont encore nos combats aujourd'hui. Connaissais-tu ce livre? Je n'arrive pas à savoir s'il a eu un quelconque impact à l'époque

Anne D (autre conversation)

> - P 3, il faudrait à mon avis citer le titre du livre de > Morin (je suppose qu'il s'agit de « Petit manuel de guérilla à l'usage > des femmes enceintes » car il est très éloquent). Un autre livre, > antérieur, est aussi emblématique « Accouche et tais-toi » de Gisèle > Tichané (vigoureux réquisitoire contre els pratiques à partir de > témoignage de femmes sur leur accouchement), publié en 1980. >

Paul C (fév. 2009)

e peux envoyer le livre de Jocelyne George et Mariane Leulliez ( historiennes, la seconde étant la petite nièce de Fernand Lamaze). Il suffit de me donner une adresse. Le débat sur les MdN et le "bas risque" est très intéressant. J'essaierai d'y apporter une contribution. Juste un mot de conclusion ,personnel,: les accoucheurs occidentaux sont très largement hostiles à l'AAD et aux MdN, y compris désormais les hollandais, pour des raisons non médicales, quoiqu'ils en disent, mais socio-culturelles. Y aurait-il réellement des raisons médicales, rien n'autorise un corps professionnel à imposer, par des dispositions cohercitives, un mode de vie, un choix d'existence, qui regarde en premier la personne. Transmettre la vie relève désormais de la stricte liberté des individus. Il s'agit d'un temps essentiel de l'histoire d'une femme, d'un couple, d'une personne nouvelle, qui ne relève en rien de la règlementation administrative. Les femmes se sont battues pour obtenir la libre disposition de leur corps et les médecins ne les ont guère aidé dans cette très dure lutte, alors qu'ils étaient, pour le moins, souvent les témoins des formes les plus abjectes de leur oppression (viols, avortements, grossesses imposées, violences conjugales...). Alors que l'on sait depuis bientôt trente ans que la systématisation de l'épisiotomie est nocive, beaucoup ont continué à la pratiquer largement. Nous savons depuis environ cinq ans que cette technique n'a aucune indication indiscutable (cf les conclusions de la revue de la littérature internationale de Venditelli en 2005, alors qu'elle-même était convaincue de son bien fondé dans quelques circonstances et ne manquait pas de considérer que les associations qui luttaient contre les abus de cette pratique étaient marquées par un fanatisme "écolo."), il est encore nécéssaire de se battre pour faire le faire admettre. Les médecins sont souvent beaucoup plus discrets à propos de nombreuses pratiques humaines bien plus dangereuses pour la vie et la santé . Etant entendu qu'il leur revient d'assurer autant qu'ils le peuvent le bon déroulement de la mise au monde des bébés. Et tout d'abord en respectant le déroulement physiologique des accouchements non dystociques, ce qui exclut les déclenchements systématiques, de convenances ou liés à l'organisation des services, la perfusion d'ocytociques systématique, la rupture systématique des membranes, l'incitation à la péridurale (cf Madeleine A.)...... En l'occurence leur fonction est de soigner, d'informer avec modestie, de soulager et d'écouter avec respect la riche expérience des humains, du soin et de l'accompagnement de la souffrance. Paul

EP

L'un d'autre vous aurait-il accès au texte intégral de cet article (doi: 10.3917/spi.047.0021) et pourrait nous le faire passer

L'ACCOUCHEMENT SANS DOULEUR : UNE RÉVOLUTION CULTURELLE AU MILIEU DU XXE SIÈCLE Marianne Caron-Leulliez, Spirale érès, I.S.B.N.9782749209326, 218 pages, p. 21 à 26 , doi: 10.3917/spi.047.0021

D'autre part, je recherche des pistes, que j'ai du mal à rassembler, sur le rôle des femmes et des féministes dans la généralisation de la péridurale. Je trouve déjà des information dans l'introduction dans cet article (de Madeleine).

La péridurale, un choix douloureux Madeleine Akrich Les cahiers du Genre, 25-26 (1999) 17-48 http://hal.ccsd.cnrs.fr/docs/00/08/20/60/PDF/99peridurale.pdf

Et puis je cherche à comprendre où, comment "on", les parents, a commencé à oser remettre en cause les pratiques mdéciales autour de la grossesse, accouchement. Dans le temps, cela semble avoir commencé dans les années 1980 au plus tôt, 90 sûrement ; mais j'ai du mal à avoir des traces de la genèse de cette tendance, certains (Madeleine dans l'article cité ci dessus) parlent déjà d'une "seconde tendance du féministe ...., insiste davantage sur le droit des femmes à disposer de leurs corps, en opposition avec l'emprise croissante des techniques et l'interventionnisme des médecins en matière obstétricale" et référence = Morin Françoise Edmonde (1985). Petit manuel de guerilla à l'usage des femmes enceintes. Paris. Seuil, 216 p. (livre auquel je n'ai pas d'accès immédiat)

Pour moi c'est encore mystérieux, qui, dans le monde, qui en France, a osé le premier dire zut à l'obstétrique, sous quelle influence, avec quel déclencheur, comment cela s'est diffusé. Quel rôle de Leboyer/Odent là dedans?

Paul

A propos des initiatrices ( et initateurs) des critiques vis à vis de la systématisation de la médicalisation de la grossesse et de l'accouchement, il me semble nécéssaire de distinguer les critiques médicales citées : M.Odent, F.Leboyer, M.Ploquin, M.Biziau, B.This....( bien différentes d'ailleurs de celles de F.Lamaze qui se propose de lutter contre la douleur et antérieurement de G.D. Read,1890-1959, en G.B. et aux U.S.A. qu'évoque Madeleine, également médecin, spiritualiste, qui prône :"La naissance sans peur, les principes de la naissance naturelle" ), des critiques de femmes, non médecins le plus souvent, individuelles ou associatives. Affaire de femmes non professionelle, presqu'exclusivement, jusqu'au 16° s., l'intervention des médecins-hommes dans la grossesse est très largement combattue dès cette époque y compris par une sage-femme dont l'autorité est largement reconnue qui enseigne à l'Hôtel-Dieu de Paris et publie des ouvrages d'obstétrique : Louise Bourgeois, sage-femme de Marie de Médicis. Philippe Hecquet doyen de la Faculté de Médecine de Paris, défend la pratique des sages-femmes dans un ouvrage où il considère que ces professionnelles sont tout à fait aptes à pratiquer les gestes jusque là réservés aux seuls médecins (chirurgiens) ( "De l'indescence des hommes à accoucher les femmes") . Au 18° siecle, Mauquet de la Motte, accoucheur du Calvados se plaint de l'hostilité des femmes à l'égard des médecins. Jean-Louis Baudeloque, titulaire de la premiere chaire d'Obstétrique Française, dénonce les pratiques abusives et dangereuses (mortelles) de ses propres collègues (utilisation excessive des forceps). Marie-Louise La Chapelle, Sage-femme, responsable de la Maternité Port-Royal, fin 18°-début 19°s. conteste, avec raison, le nombre de présentation foetale décrit par J.L.Baudeloque. Elle apprend aux médecins à utiliser correctement les Forceps: description remarquable reprise jusqu'à la fin du 20°s. Ce sont également des médecins qui critiquent les conditions d'insalubrité des Maternités hospitalieres Européennes (idem aux U.S.A.) du 19°s. et particulierement le rôle des médecins dans la transmission de la fièvre puerpérale qui entraine une mortalité maternelle en moyenne de 6% ( chiffre très sup. à la mortalité hors Maternités, "naturellement " situé autour de 1%). Ignace Semmelweis, accoucheur à Vienne, démontre que la fièvre puerpérale est beaucoup plus fréquente lorsque ce sont les médecins qui examinent les femmes. Ses préconisations, antiseptiques, seront très sévèrement combattues dans toute l'Europe. Les mouvements de femmes critiquant la systématisation de la médicalisation de la grossesse et de l'accouchement apparaissent aux U.S.A., là où elle est effectivement la plus "avancée". Les Sages-Femmes y ont été combattues, jusqu'à leur élimination et remplacées par des "nurses"(Idem au Canada et forte tendance en Amérique latine dans des conditions sociales bien différentes). Dans le courant des années 7O des associations "interrogent" les accoucheurs sur certaines pratiques systématiques, en particulier l'épisiotomie ( Ruzec S.B.: The Women's health movement. Preager New York 1978). C'est à la suite de ces interpellations que deux études sont menées en G.B., constatant, l'inutilité de la systématisation de l'épisiotomie, puis sa nocivité (Harrison.....Is routine episiotomy necessary? B.M.J. 1984). Anne Dutruge Anthropologue- médecin, publie en 1994 chez l'Harmattan une étude crtique, intitulée "Rites initiatiatiques et pratiques médicales...".F.E. Morin a été citée. elle avait précédemment publié " la rouge différence" en 1982. Monette Vacquin et Marie-Magdeleine Chatel ont également écrit sur le contrôle social du corps des femmes à propos des techniques de procréation assistées. Mais c'est principalement autour de la persistance des accouchements " à la maison" voulus par des femmes et des Sages-Femmes malgré de fortes pressions dissuasives, alors que la généralisation de la médicalisation était admise ( fin des années 60) que de très nombreuses, petites associations locales se sont développées ( "Naître à la Maison" Joëlle Le Goff 1980). Celles-ci, n'ont pas cherchées initialement à théoriser cette pratique obstétricale, ni même à témoigner ou à "militer". Mais la poursuite de cette pratique pose alors de fait, en France, mais aussi dans l'ensemble des pays occidentaux, la question du bien-fondé de la médicalisation systématique. Son évaluation a eu lieu en Amérique du Nord (U.S.A. et Canada) en prospective, dans de bonnes conditions épidémiologiques( B.M.J. 18 06 04) et à la même époque en France dans le cadre d'un mémoire de S.F. (Ecole Baudelocque-Port Royal) dirigée par J.Lavillonniere et prédemment dans une thèse de médecine (Anne Theau 1998). La disparition des "petites Maternités", la systématisation de la pratique de la péridurale ( cf Madeleine), qui entraine l'élévation continue du taux de déclenchement, de césarienne (corrélation n'étant pas nécessairement causalité) vont déclencher ou accentuer le mouvement d'opposition à "l'industrialisation de la naissance", principalement animé par des femmes. Mais c'est aussi une femme qui va dénoncer le caractère "mystificateur" de l'A.S.D. et de ses variantes et réclamer la mise à la disposition des accouchées de l'anesthésie péridurale (Marie-josé Jobert: 1979: "les Bateleurs du Mal-Joli" et 1982: "Ces hommes qui nous accouchent". Tout ça pour dire qu'il existe un mouvement critique des pratiques obstétricales depuis qu'elles sont médicalisées, principalement chez les femmes, mais également chez les soignants. Paul

Concernant les Actes du Colloque "Féminisme et Naissance" au cours duquel Anne a planché (communication très appréciée), organisé par la Société d'Histoire de la Naissance, Bernard va ( s.t.p.) communiquer le lien.

EP (perso à P.C)

Je tiens à te redire mon intérêt et mon enthousiasme pour les recherches dont SHN se fait l'initiateur ou l'écho (je suis bien sûr plongée dans le livre de M.Caron et celui de YK que tu m'as envoyés, ainsi que dans le Guide de la guerilla... de F.E.Morin). C'est important pour nous au Ciane d'avoir l'éclairage sur la situation que nous occupons dans l'histoire, même si ce n'est pas primordial. Comme disait Anne Evrard dans son intervention en 2007, être à la fois à l'intérieur de l'action et tenter de l'analyse et la mettre en perspective, ce n'est pas une situation simple. Rien que l'association à laquelle je fais partie de loin, Bien naitre (nantes), je n'avais absolument pas saisi sa place dans l'histoire de la maternité/des maternités/des associations de parents au XXème siècle. En juin dernier, je leur suggérais de retirer de leur plaquette de présentation l'histoire de la visite d'Odent en 1980, de la création de la maison de la naissance à Nantes, Saint Sébastien. Je souhaitais commencer l'histoire au moment de la fusion entre la Maison de la naissance et la Clinique Jules Vernes, mais encore, pour les parents qui s'adressent à l'association, c'est de la vieille histoire qui n'a plus d'intérêt, leur préoccupation (aux parents) c'est: comment c'est maintenant et comment faire pour vivre au mieux une grossesse/accouchement/Accueil du nouveau-né comme nous le souhaitons ; et pour l'association, l'enjeu, c'est d'attirer adhésions et enthousiasmes pour conforter sa place d'interlocuteur des pouvoirs publics, des maternités, école de sage-femme... tout en continuant leur activité encore principale, information et soutien aux parents.

MA (fév 2008)

>Je pense qu'il faut lire l'article de Marianne Caron-Leulliez comme une analyse historique et peut être essayer de l'approcher sans anachronisme, dans y appliquer forcément nos réflexions d'aujourd'hui. > >Elle soulève des points sur l'accouchement sans douleurs que je n'ai vu nulle part ailleurs (en même temps, ça ne fait que 3 jours que je cherche, et elle c'est son métier ;-) sur le rôle des femmes dans la promotion de l'ASD (selon elle, il s'agit d'un mouvement collectif de femmes)

Elle ne dit pas exactement ça, elle dit que l'ASD a été "portée" par un mouvement de femmes; mais dans cet article très court, elle ne fait que l'affirmer sans qu'on voit très bien de qui et de quoi il s'agit. J'ai le livre, je ne sais plus où, que j'ai lu un peu en diagonale quand il est paru, et qui je regarderais plus précisément..

EP (mars 2009)

Je suis curieuse aussi de voir d'où vient que "l'ASD a été portée par un mouvement de femmes". Paul a aussi le livre qu'il proposait de prêter à qui le voulait, je lui ai envoyé mon adresse.

A écouter aussi peut être avec l'intervention à Chateauroux 2007 de Jocelyne George, historienne : Un féminisme syndical de classe : la CGT de 1945 à 1980. http://wiki.naissance.asso.fr/index.php/FeminismeEtNaissanceEnregistrements

(la CGT a eu une section féminine plus féministe qu'on ne le pensait, l'association "maternité heureuse" qui est devenu une antenne du planning familial a été fondée/rejointe par deux femmes médecin proches de Lamaze ; l'ASD a permis aux femmes de parler, de leur corps, de leur maternité, et elle y voit ce qui a rendu possible le débat public sur le controle des naissances, restreint jusqu'à là à l'intime - à réécouter et transcrire, j'ai surement pas tout compris et ne connais pas l'histoire du syndicalisme, quels rapports entre les branches de la CGT, union métallurgiste d'une part, sa section féminine d'autre part, comment ça marchait tout ça).

Effectivement donc si j'ai une conclusion à ce point, c'est que l'ASD aurait donné la possibilité aux femmes de parler de leur corps, ce qui a permis ensuite d'avancer dans les revendications publiques (qui elles, étaient bien du fait des féministes femmes de la seconde vague) ; mais qu'on n'est absolument pas dans une quelconque remise en cause (mais que la libération de la pensée/ parole vis à vis du corps aurait contribué à l'idée de libre disposition du corps, 1965-75, et c'est sur cette idée de libre disposition du corps que s'appuient maintenant certains courants déchainés de la mise en cause des pratiques médicales.

Plus tard, je serai plus claire.

Il y a aussi, dans les interventions de Chateauroux, qq chose que je veux noter ici pour ne pas l'oublier. Que quand même, la contraception et l'IVG, c'est la première fois que les médecins devaient faire des prescriptions, des actes médicaux décidées par la patiente pour elle-même, et non pas décidé par le médecin pour la patiente. Que c'était nouveau. Qu'on a retrouvé la même chose avec la péridurale. (je crois que c'est entre autre Jeanne l'anesthéstiste hyper drôle, qui raconte cela - pour moi c'est une découverte aussi)

MA réponse à EP (fév 2009)

'un d'autre vous aurait-il accès au texte intégral de cet article (doi: 10.3917/spi.047.0021) et pourrait nous le faire passer

L'ACCOUCHEMENT SANS DOULEUR : UNE RÉVOLUTION CULTURELLE AU MILIEU DU XXE SIÈCLE Marianne Caron-Leulliez, Spirale érès, I.S.B.N.9782749209326, 218 pages, p. 21 à 26 , doi: 10.3917/spi.047.0021

Le voici...

D'autre part, je recherche des pistes, que j'ai du mal à rassembler, sur le rôle des femmes et des féministes dans la généralisation de la péridurale. Je trouve déjà des information dans l'introduction dans cet article (de Madeleine).

La péridurale, un choix douloureux Madeleine Akrich Les cahiers du Genre, 25-26 (1999) 17-48 http://hal.ccsd.cnrs.fr/docs/00/08/20/60/PDF/99peridurale.pdf

Et puis je cherche à comprendre où, comment "on", les parents, a commencé à oser remettre en cause les pratiques mdéciales autour de la grossesse, accouchement. Dans le temps, cela semble avoir commencé dans les années 1980 au plus tôt, 90 sûrement ; mais j'ai du mal à avoir des traces de la genèse de cette tendance, certains (Madeleine dans l'article cité ci dessus) parlent déjà d'une "seconde tendance du féministe ...., insiste davantage sur le droit des femmes à disposer de leurs corps, en opposition avec l'emprise croissante des techniques et l'interventionnisme des médecins en matière obstétricale" et référence = Morin Françoise Edmonde (1985). Petit manuel de guerilla à l'usage des femmes enceintes. Paris. Seuil, 216 p. (livre auquel je n'ai pas d'accès immédiat)

C'est un petit livre très bien, assez féroce, qui prend tous les gestes et toutes les impositions et les démonte. Voici le résumé du livre tel que fourni je suppose par l'éditeur:

"Résumé: 800 000 femmes accouchent chaque année. La plupart subissent à cette occasion des agressions médicales : leur vulve est coupée par un bistouri, leur bras est attaché à une perfusion, leur corps est ceinturé par un appareil, leurs pieds sont emprisonnés dans les étriers. Or, dans 85% des cas, ces interventions sont inutiles et même nuisibles à la mère et à l'enfant et les femmes ne le savent pas. L'objet d'un tel livre est de leur donner des arguments pour refuser les interventions médicales ou y être associées. Mettre un enfant au monde est un évènement privé, familial, qui se passe en territoire féminin, il conviendrait de faire en sorte que les médecins ne jouent plus aussi souvent avec leur "plateau technique", qu'ils apprennent l'humilité qui consiste à n'intervenir qu'en cas de nécessité absolue. Alors, cessera la confiscation de la maternité."

Il a été écrit, il y a 25 ans, je l'ai lu il y a déjà longtemps et je suis prête à parier qu'il n'a pas pris une ride, malheureusement.

Pour moi c'est encore mystérieux, qui, dans le monde, qui en France, a osé le premier dire zut à l'obstétrique, sous quelle influence, avec quel déclencheur, comment cela s'est diffusé. Quel rôle de Leboyer/Odent là dedans?

Je pense qu'effectivement ces figures ont été importantes. Cependant, je vais le dire de façon très provocatrice et caricaturale: mon sentiment est qu'il y a eu deux ou trois "filières":

  • une filière que je vais qualifier de "mystique de l'accouchement" avec Leboyer et Odent, Odent ayant quand même un truc un peu particulier dans le sens où au moins à partir d'un certain moment, sa position mélange de façon assez originale "mystique" et "scientisme", c'est-à-dire qu'il essaie d'appuyer ses pratiques d'accouchement sur les neurosciences.
  • une filière "alternative", plutôt anti-techno, anti-productiviste; je n'en vois pas de porte-parole identifié mais c'est peut-être par oubli ou par ignorance.
  • une filière que je qualifierais de "féministe pragmatique", qui est celle de Françoise Edmonde Morin, qui se bat sur le droit des femmes à disposer de leur corps. A mon avis, celle-ci a été la moins représentée dans les mouvements des années 80-90.

Les deux premières filières se sont sans doute mélangées en partie: peut-être les gens qui allaient chez Odent étaient-ils plus urbains? Je ne sais pas... J'ai l'impression que les associations regroupées dans la fédération "naissance et liberté" étaient plutôt dans la mouvance alternative.

A noter: en GB, dès les années 30, un médecin propose une méthode d'accouchement sans crainte (childbirth without fear), qui a pas mal de parenté avec la méthode développée plus tard de Lamaze, bien qu'ayant une origine assez différente.

CC (fév 2009)

Il y a des passages qui me laissent perplexe :

"L'accoucheur explique à la parturiente ce qui se passe en elle, ce qu'il va faire, et lui demande d'être, elle aussi, une actrice de son accouchement."

Il lui demande d'être


Modif. March 13, 2010, at 10:16 PM<br />(:addThis username="xa-4b5388e32c732dfe" btn="lg-share":)