CRInterneEnca2013
Compte Rendu rencontre ENCA 26-28 avril 2013 / Bucarest, Roumanie
//En italique, les pistes de travail évoquées – à suivre…//
Ce qui se passe ailleurs en Europe.
Chaque rencontre commence par un résumé par chaque pays de ce qui les occupe. En voici un aperçu :
Royaume Uni > en ce moment des manifestations ont lieu pour défendre la profession de sage-femme libérale (independent midwife) et permettre aux femmes de choisir leur SF. Le problème est que, suivant une directive européenne, le gouvernement britannique impose à présent à toutes les SF une assurance. Ce qui est souvent hors de prix. Les sages-femmes risquent donc de toutes se rallier au NHS (service public de santé) limitant ainsi le choix des femmes. Deuxième dossier en cours : une vaste étude, dont les résultats sont prévus pour 2016, étudie les conditions de VBAC (naissance par voie basse après césarienne) dans 6 pays européens. Le RU en fait partie avec l’Allemagne, La suède, l’Irlande, les Pays Bas et l’Italie. A la fin de la recherche il est prévu une rencontre avec les associations d’usagers, ce qui pourrait en fait permettre de payer les déplacements pour une rencontre ENCA si on arrivait à faire correspondre les 2 Cf http://www.optibirth.eu
Grèce > Un problème lié à l’AAD et au placenta : 69 parents et 10 SF sont accusés par le syndicat des SF du Nord d’avoir enterré le placenta, ou projeté de le faire, ce qui entrainerait des risques de pollution. Il est évident que c’est une attaque des SF contre une catégorie de SF (les lay midwives, sans diplôme officiel mais faisant office de SF) qui pratiquent l’AAD : trois professionnels sont mis en cause dont une sage-femme et une lay midwife ; en fait, les autres professionnels sont visés pour avoir signé des certificats d’accouchement pour la lay midwife qui n’a pas le droit de le faire, ni de faire des accouchements. Conflit violent, et procès le 11 juin. Attention : il ne s’agit pas pour l’ENCA de défendre les lay-midwives (question posée par la France) mais de souligner que le manque de prise en charge de l’AAD par les pouvoirs publics (pas d’organisation capable d’assurer ce service) mène à ce genre de problème (réponse du RU). Il y a entre autre des doulas qui font des AAD en absence de tout professionnel. //L’ENCA propose de former un groupe indépendant de sages-femmes qui rédigeraient ensemble une charte commune de l’AAD. Idée aussi de mettre sur le site de l'ENCA le recueil d'expériences qu'a fait la représentante grecque sur ce que les gens qui accouchent à domicile font du placenta (à fournir par chaque pays membre)//
Bulgarie > AAD illegal et SF pas formées à la physiologie (et donc à l’AAD) 60 naissances à domicile ont neanmoins eu lieu. Une plainte est portée auprès de la Cour européenne des Droits de l’Homme sur le modèle du cas Ternovszky. cf http://www.humanrightsinchildbirth.com/ternovszky-vs-hungary/anna-ternovszky Développement de birth centers dans les hôpitaux pour des naissances plus « naturelles » : mais n’est pas accessible à tout le monde : 175€ en province, jusqu’à 1000€ à Sofia. Deux doulas qui font des accouchements, mais pratique condamnée par les doulas en général. Position UK à nouveau : il faut renverser le problème, que fait le gouvernement pour apporter le service demandé par ces femmes ? //Nous prenons la décision de rédiger un courrier à l’intention de la rencontre européenne des doulas en septembre 2013 pour dire notre inquiétude (et désaccord ?) face aux doulas qui se prennent pour des SF (Maria Andreoulaki s’en charge) // Roumanie > Combat contre le taux de Césarienne, en moyenne 60% jusqu’à 80% dans certaines maternités privées. Enfin, la question a eu un écho un peu général et est sortie dans les médias grand public. Michel Odent est venu faire une formation pour des doulas qui, ironie du sort, a été payée par un réseau de santé qui ne soutient pas les doulas. Certaines doulas font des accouchements, elles sont payées très cher, et ne sont pas très responsables. Ceci étant, Ana Maita et son organisation ont fait beaucoup de lobbying en faveur des sages-femmes, or celles-ci sont excessivement passives : d’où une grande colère des usagers à l’égard des sages-femmes. En définitive, les obstétriciens semblent plus ouverts que les sages-femmes, et pour le développement de la maison de naissance, Ana accueillera aussi bien les obstétriciens que les sages-femmes. Un groupe de travail a été formé pour le développement des sages-femmes libérales, mais les représentants des usagers ont été mis en dehors du groupe.
Allemagne > Des avancées, comme la prise en charge par certaines mutuelles des dépassements lors des AAD à hauteur de 250€. Ils exploitent aussi les résultats d’une enquête qui montrerait que pour les grossesses à bas risques, l’accouchement hors hôpital était plus sûr. L’asso en a fait des cartes postales à envoyer aux professionnels, dont la revue officielle n’avait pas relayé les résultats de l’enquête. //L’Espagne soulève la difficulté de définir ce qui est bas risque / haut risque. Ils vont tenter d’en faire une définition commune qui sera publiée sur le site de l’ENCA. (appel à leur envoyer les définitions des différents pays, voir pour la France doc HAS sur l’orientation des grossesses)//
Hongrie > Il est difficile d’obtenir que la femme sorte juste après l’accouchement (type accouchement plateau technique), notamment pour des raisons financières, car l’hôpital ne touche pas la même chose. Il y a maintenant une législation qui rend en principe possible l’accouchement à domicile, mais l’assurance est trop chère… et des accidents ont eu lieu (dont un décès du bébé)
Pays-Bas > Le taux d’AAD n’est plus que de 20%, baisse en partie compensée par le développement des maisons de naissance. L’AAD avait été montré du doigt comme cause possible des mauvais chiffres de mortalité néonatale, mais en définitive une analyse plus fine a démontré que c’était dû à des taux élevés de prématurés.
Autriche > Une loi a rendue obligatoire une visite de la femme chez la sage-femme, ce qui en principe renforce la position de la sage-femme. Mais là encore, au lieu de se saisir de l’opportunité, les sages-femmes sont toujours en train de se plaindre. Une sage-femme a fait une conférence qui a eu un certain écho pour essayer d’imposer l’idée qu’un toucher vaginal durant l’accouchement est une intervention. Discussion sur le lien entre cette pratique et la nécessité d’inscrire dans les dossiers la progression du travail : mais d’après les autrichiennes, les données dans le dossier sont fausses et remplies a posteriori pour qu’il n’y ait pas d’entorse visible par rapport au temps prescrit entre dilatation complète et naissance.
Luxembourg > signale qu’il existe un Child Rights Committee à Genève, qui fait un rapport tous les 5 ans. Les ONG peuvent envoyer leurs propres rapports qui peuvent être mobilisés par le Comité pour poser des questions et demander des comptes aux gouvernements des pays (qu’est-ce que vous avez fait pour développer l’allaitement ? par exemple)
Espagne > Les idées développées par El Parto es Nuestro commencent à être relayées par une minorité grandissante. Les hôpitaux proposent des choix différents et le but de l’asso est donc de faire de l’information pour que les femmes puissent faire un réel choix. Ils mettent à disposition des documents et des enquêtes sur des sujets divers. Une campagne ces derniers mois sur l’expression abdominale lors de l’accouchement (qu’elles appellent manœuvre de Kristeller), relativement fréquente. Une autre campagne sur les unités néonatales, avec un questionnaire envoyé aux maternités, avec seulement quelques questions simples sur les horaires d’accès des parents, sur le peau à peau etc. La nouvelle présidente de l’association travaille à l’institut national de la statistique et a donc accès en primeur aux données disponibles. Ils ont fait une enquête « Full-breast empty-arms », c’est-à-dire allaitement dans le cas du décès du bébé. Ils sont en train de développer pas mal de relations avec les pays d’Amérique Latine – Equateur, Argentine, Vénézuela – qui ont apparemment soif de contacts.
France > nous avons parlé de la campagne d’info menée par Timeo et les Autres via le CIANe sur le Cytotec. Certains pays nous disent leur interêt pour la question (entre autre le RU). Nous avons donc souligné le fait que l’organisation d’un recueil des problèmes rencontrés par les femmes après l’administration d’ocytotec pourrait être un objectif d’ENCA. Avons aussi parlé de l’enquête et montré l’infographie sur la satisfaction des femmes et la péridurale, traduite pour l’occasion. Enfin, avons mentionné le travail d’Emmanuelle sur la question des assurances, qui intéresserait d’autres pays. Traduire juste le graphique ?
Projets et dossiers en cours
Cytotec : recueil de données dans les pays concernés pour action commune (interpeller medias et instances) > France, Madeleine doit voir avec Anne Loirette en fonction du rendez-vous à l’ANSM ce qu’il est possible de faire.
Résolution européenne sur « l’accouchement normal » date de 1986. Demander une nouvelle résolution actualisée > Luxembourg
Des données ont été demandées en plus de chaque rapport de pays : inégalement rempli selon les pays. Idée de publier au moins une partie de ces données sur le site de sorte à rendre visible l’activité de l’ENCA, et de constituer une ressource commune d’argumentation > Madeleine regarde ce qui a été fourni et ce qui peut être fait.
Faire un film avec des enfants (2 à 4 ans) qui s'expriment sur ce qu'est ou a été l'allaitement, comment ils l’ont vécu, avec comme optique de mettre des trucs "chou » sur le site de l'ENCA.
Mettre sur le site de l'ENCA un powerpoint réalisé par les Hollandaises (avec de très beaux dessins faits par des enfants tchèques) à la gloire de l'accouchement naturel.
+ Chaque pays doit envoyer un petit topo de ses activités (une dizaine/quinzaine de lignes de manière à compléter la page sur laquelle se trouvent les liens vers les sites web) et tout document utile (en anglais) pour alimenter le site et informer les autres. Il faudrait aussi envoyer le logo du Ciane. L’idée serait de plus systématiquement relayer les publications que l’on fait sur chaque site/blog/facebook. Ana Maïta (Roumanie) doit en principe voir comment greffer une page « blog » sur le site actuel > pour la France, Soizic enverra les données.
+ Autres choses en violet dans le CR
SMAR (Semaine Mondiale de l’Accouchement Respecté)
2013 : Cette année elle a lieu du 20 au 26 mai, sur le thème « Pas Touche, j’accouche ! » Des doorhangers (affichettes de porte : les trucs qu’on suspend à la poignée dans les hôtels) ont été réalisées en toutes langues par l’équipe Espagnole, à charge de chaque pays d’en faire la diffusion. Petit couac parce que les Pays Bas en ont fait un dans leur coin, qu’ils vendent 1€ pièce ou distribuent lors des congrès et salons, avec infos et liens internet au dos. Il aurait fallu une meilleure coordination pour qu’un projet commun soit mené. 2014 : thème choisi après de longs débat = la notion de pouvoir donné aux femmes (empowerment, intraduisible en français !) Du 19 au 25 mai.
Gestion ENCA
Deux questions posées lors de cette rencontre, sur les finances et sur le statut de l’ENCA. Statuts : Soutenue par l’Espagne et la France (entre autres) la représentante de la Roumanie demande à ce que l’ENCA devienne une organisation légale, déclarée auprès des instances européennes, pour avoir plus de légitimité et prétendre à des subventions. L’Allemagne, le Royaume Uni et le Luxembourg s’opposent à cette idée, trop chronophage (administration, démarches, etc..) et qui risque de mettre mal certains pays dont l’asso membre de l’ENCA n’est pas déclarée. Ceci étant, il est souligné qu’il est tout à fait possible d’avoir à la fois des adhésions d’associations et des adhésions individuelles lorsque les associations n’existent pas légalement. //Nous décidons néanmoins de laisser la Roumanie travailler en ce sens et voir ce qui est possible.//
Finances : l’ENCA est en possession de 3872€ en banque (+ les cotisations à venir en 2013) , et gagne environ 450€ par an en souscription de ses membres. Les dépenses sont le site internet (hébergement et nom de domaine pour 80€ par an) et les aides accordées aux pays membres pour assister aux rencontres ou à des conférences. S’ensuit un débat sur la question des nouveaux adhérents : critères d’acceptation et surtout critères d’aide financière accordée ? Il est décidé que pour obtenir l’aide financière et participer aux rencontres ENCA, le pays doit montrer son intérêt pour le collectif en envoyant un compte rendu (country report) et en se présentant. Il est voté 400€ de dépense pour aide par an, maximum, tous dossiers confondus. De même, pour utiliser le nom ENCA il faut au moins être déjà venu et avoir rencontré les membres (cf cas de la Belgique qui a créé une association sous le nom ENCA sans jamais avoir assisté à aucune réunion) Une petite équipe se charge de rédiger une charte, soumise dans un an. La Grèce et l’Espagne se chargent de contacter les anciennes associations membres qui ne donnent plus de nouvelles. La France (soizic) se charge de répondre aux nouvelles demandes arrivées sur le site.
Dates à retenir
ENCA 2014 : Prague du 4 au 6 avril (ou si c’est impossible pour eux, Paris du 9 au 11 mai) SMAR 2014 : thème = le pouvoir des femmes (donnée aux femmes) / du 19 au 25 mai 2014.
SGC / MA pour le CIANE
Modif. November 06, 2013, at 04:24 PM<br />(:addThis username="xa-4b5388e32c732dfe" btn="lg-share":)