CRCongresMarce2012

Présentation du Congrès

Journées de la Marcé International à Paris Du 3 au 5 octobre 2012 "Agir ensemble en périnatalité" / "Acting together around childbirth" « La grossesse et le postpartum sont des périodes de bouleversement, non seulement pour la femme et pour l'homme qui vont devenir parents, mais aussi pour le foetus et le bébé immature qui ne peut exister tout seul. La naissance, évènement social primordial pour la famille et la société, est imprégnée du contexte culturel et émotionnel de chaque parent et de celui du pays d'accueil de l'enfant. Ce congrès visitera la façon dont les parents traversant ces moments sensibles et souffrant psychiquement peuvent être reconnus, soutenus, soignés et accompagnés pendant la grossesse et le postpartum. Ce congrès invitera aussi la Psychiatrie et la Santé mentale à regarder au dessus du berceau de la naissance, les aspects spécifiques, incluant le scientifique et biologique, de la période anté et postnatale. Nous porterons une attention particulière à l'enfant et à sa relation précoce avec ses deux parents. Au plaisir de vous retrouver lors de ce congrès »

Résumé/abstract de l'intervention

(pour publication dans Archives of Women's Mental Health?)

Agir avec les associations de parents, pour mieux répondre à leur besoins.

Congrès International de la Société Marce, 3-5 octobe 2012, Paris

Le collectif CIANE défend le respect des parents dans les choix et les décisions concernant la grossesse, la naissance et l'accueil de leur bébé. Leur reconnaître le rôle d'acteurs centraux de cette période, compétents pour poser des choix légitimes, est donc le préalable à tout travail en commun entre professionnels de santé mentale et associations de parents.

Cette collaboration ne peut s'entendre que dans la reconnaissance de compétences de nos associations, de notre expertise, même «profane », et donc de notre capacité à agir, entre parents et auprès des parents, en acteurs à part entière du système de périnatalité.

L'obstétrique semble aujourd'hui manifester une certaine curiosité face au vécu psychique, émotionnel et affectif des parents et de leurs bébés. Mais si le discours des professionnels les plus novateurs insiste sur l'importance cruciale de ces éléments, dans les faits, les évolutions concrètes sont encore bien discrètes.

L'attention aux facteurs de vulnérabilité chez les futures mères est devenue, en France, une formule répétitive et politiquement correcte, qui a quelques peu biaisé ce concept originel très prometteur. Dans le même temps, les pratiques médicales et les attitudes des professionnels, pourtant très pourvoyeuses de vulnérabilités, sont très rarement interpellées. Reconnaître l'influence directe des actes et postures professionnelles sur l'état de la mère, du père, de leur bébé et de leurs liens, est aujourd'hui indispensable.

Les professionnels doivent prendre conscience du rôle spécifique de nos associations dans le « prendre soin » et dans les processus de réparation des mères fragilisées et blessées. Les lien suivis entre une femme, un couple, et un autre parent militant à leur écoute permettent bien souvent d'ouvrir la porte à un accompagnement professionnel, jusqu'alors inenvisageable.

Il s'agit donc bien, pour les professionnels, « d'agir avec » les associations de parents. Cette collaboration devrait d'ailleurs être le reflet du partenariat indispensable entre les parents et les professionnels de la périnatalité amenés à les accompagner au cours de la grossesse, de la naissance et des suites de couches.

We should work with parents’associations to improve our response to their needs

Congrès International de la Société Marce, 3-5 octobre 2012, Paris

The CIANE (a collective of parents’associations concerned with chilbirth) advocates the respect of parents as they make choices and decisions during pregnancy, birth and early care of their baby. Acknowledging them as central actors in this period of life, with enough skills to impose legitimate choices, is therefore a precondition to any collaboration between mental-health professionals and parents’ associations.

This common decision-making can only be conceived if we acknowledge the skills of our associations, our expertise – even lay - and hence the capacity to act, as parents and with parents, as full-fledged actors of the perinatal system.

Today’s obstetrics seems to display some curiosity for the emotional, mental and affective experiences of parents and their babies. Indeed a few pioneering professional speeches insist on taking these crucial data seriously; still one must admit that tangible evolutions remain much unnoticed.

In France, attention paid to the factors of vulnerability for mothers-to-be has become a repetitive and politically correct phrase which has slightly biased the original promising concept. In the same time,the practice and attitudes of caregivers, yet very much the sources of vulnerability, are seldom questioned. Today it has become essential to take into consideration the direct influence of medical acts and viewpoints on the well-being of mothers, fathers, their babies and relational aspects.

Doctors should take into account the specific role played by our associations in the “care” given and in the recovery process of hurt and weakened mothers. Steady relationships between a woman, a couple and an activist parent listening to them often allows a professional to follow up, which could not be previously considered.

Compte-rendu de Anne Evrard après l'intervention

Bon, eh bien heureusement que l'on n'a rien payé!

Hormis Nadège Beauvois, a qui on a laissé dire quelques mots en temps que modératrice et une très intéressante intervention d'une membre de l'UNAFAM (familles et amis de malades psychiques) sur le rôle des grands-parents quand leurs enfants malades psychiques deviennent parents (et qui demandaient que l'on s'adresse à eux à d'autres moments que dans l’extrême urgence quand il faut absolument récupérer le bébé parce qu'une mère psychotique a fait une grosse rechute parce que le psy adulte qui la suit n'a aucun lien avec l'équipe obstétricale et réciproquement et que le premier arrête tous les traitements parce qu'il ne sait pas qu'on peut en donner des compatibles avec la grossesse et que les seconds ne rentrent pas en contact avec le premier se contentant de hurler au scandale au moment de la rechute... en plein dans la problématique réseau et elle ne le savait même pas!), RIEN!

En ce qui me concerne, les 15mn d'intervention + questions se sont réduits à 8 sans question, la table ronde avait un contenu qui en grande majorité ne correspondait en rien au titre: 2 usagers sur 5 intervenants, les autres parlant de trucs sans aucun lien avec le schmilblick, et on a même fini sur un très intéressant exposé sur les syndromes dépressifs et post-traumatiques chez les soignants travaillant avec des parents endeuillés en période périnatale. Intéressant certes, mais si à une table ronde sur les associations d'usagers on finit en pleurant sur les soignants, symboliquement, c'est pas terrible.

En plus, le modérateur principal ******) a tronqué très fortement mon intervention et celle de la grand-mère mais a tout de même laissé tout le temps nécessaire aux 3 autres nanas (bon, elle venait d'Australie et de Rotterdam, fallait sans doute rentabiliser le voyage). Le public était manifestement venu surtout pour les trois nanas, il était à 80% anglophone (on m'a bien fait remarquer la chance que j'avais d'être dans une session avec traducteur) et peu au fait du concept d'usagers, du coup, j'ai eu l'impression d'intervenir (enfin, le peu de temps où ça a duré) devant une majorité de poissons rouges.

Il faut dire que ce congrès fonctionne ainsi: les membres de la société proposent des abstracts de communication, 300 pour 3 jours sont retenus. Bien sûr, tenir les temps impartis à chaque table ronde avec un tel rythme, c'est impossible. Le matin, Danièle Capgras, une s-f que certains ont dû croiser, qui a beaucoup travaillé sur l'entretien prénatal précoce a tenté une communication sur le sujet qui aurait pu être passionnante si elle avait eu plus de 10mn questions comprises. En plus, faut surtout pas bouffer le temps des pauses, ce qui m'aurait autoriser à présenter mon papier correctement, parce qu'on leur distribue des gâteaux et que comme le monde entier est soudain à Paris, faut pas louper les gens que tu veux voir. Je vais donc leur faire courtoisement un petit retour sur mon ressenti. Heureusement qu'il faisait beau.

Je suis ressortie très déprimée, mais heureusement, sur le trottoir, je suis tombée sur deux nanas, la s-f coordinatrice et une consultante en lactation-doula du réseau de Martinique, qui m'ont barrée la route les bras ouverts en me disant "ah, vous avez dit l'essentiel, le PARTENARIAT, mais qu'est-ce qu'on était contente!!". Bon faut savoir que c'est mon défi perso, si je ne case pas "partenariat" dans mes parlotes, j'ai perdu. Il y en avait donc au moins deux qui comprenaient ce que je disais. Ensuite, 2e rencontre sympa, une nana du CNRS qui fait le boulot suivant et que je vais rencontrer incessamment sous peu (elle a déjà rencontré Maman Blues mais voudrait un autre point de vue):

"Le travail de recherche que je réalise s'inscrit dans le cadre d'une thèse de psychologie à l'Université Paris 7 dont le sujet porte sur les différentes modalités de prise en charge des "vulnérabilités" maternelles en pré et post partum. La position et le témoignage des associations sur la prise en charge de ces vulnérabilités maternelles multiples m'intéresse également.

Voici mon lien professionnel/

http://www.cermes3.fr/spip.php?article48

Je souhaiterai donc vous proposer un entretien sur :

L'historique du CIANE, les actions/interventions de l'association Bien Naitre, leurs spécificités, vos implications dans la vie institutionnelle... votre mandat de représentant d'usagers.. vos revendications.. Les pratiques des professionnels de santé en périnatalité et leurs conséquences sur le processus de parentalité .. "

Ah oui, l'anecdote rigolote, où on se dit qu'heureusement, un peu de sens de l'humour ne peut pas nuire. J'arrive à l'accueil où je demande l'endroit où j'interviens, ce qui me semblait somme toute assez légitime. Le type se perd dans le programme (bon, je le comprends, on aurait dit une nomenclature de pdts chimiques vu à la fois les codes des salles et celui des interventions) mais me dit "ah mais voilà Mme *****-celle qui m'avait contactée et fait miroiter tout l'intérêt de notre participation pour obtenir "une tribune internationale pour nos travaux"-, vous allez pouvoir voir tout cela avec elle". Je suis courtoise et bien éduquée, donc effectivement, la saluer me semblait nécessaire. Après les bonjours d'usage, elle me dit "ah, quand on entend parler de quelqu'un , on se fait une idée et après, c'est tout différent...", avec un air assez désolé. J'ai supposé qu'elle m'a trouvé trop grande, trop vieille, pas assez bien habillée ou que sais-je, mais manifestement, je n'étais pas raccord avec son film. C'était un accueil charmant... A+. Anne


Modif. November 02, 2012, at 10:29 AM<br />(:addThis username="xa-4b5388e32c732dfe" btn="lg-share":)