CRCASSFWednesday5May2010
Compte rendu de Amélie Clavère (extraits)
Quelques mots sur le CASSF d’abord. C’est le collectif des associations et syndicats de sages femmes. Cà existe depuis environ 10 ans et l’idée est de créer du lien entre les professionnels.
Le CASSF regroupe donc un certain nombre d’associations :
- ANSFL : association nationale des sages-femmes libérales
- UNSSF : union nationale des syndicats de sages-femmes
- ANESF : association nationale des étudiants sages-femmes
- ANFIC : association nationale formation initiale et continue
- ANSFO : association nationale des sages-femmes orthogéniques
- ANSFT : association nationale des sages-femmes territoriales
- ANSFTF : association nationale des sages-femmes tabacologues françaises
- ASFEF : association des sages-femmes enseignantes françaises
- ASINCOPROB : association d’information, de formation continue des praticiens de l’obstétrique
- ASF : avenir sage-femme
Cette énumération peut paraître un peu indigeste mais sur le programme, organisé en table ronde, les associations étaient citées et je trouve çà bien de savoir à quoi çà correspondait !!
1re table ronde (ANSFL, UNSSF)
1)L’accès aux plateaux techniques (M. Moyroud)
Cette sage femme a repris les textes de loi existant et permettant l’accès aux plateaux techniques pour les sages femmes libérales.
Elle s’est beaucoup appuyée sur le mémoire qu’a fait une étudiante, B Lafont, intitulé « l’accès des sages femmes libérales aux plateaux techniques ». le travail de cette étudiante s’est fait en région Rhône-alpes il me semble.
Pour résumer un certain nombre de textes législatifs ont été écrits depuis de nombreuses années permettant cette pratique. L’association des sages femmes libérales avait fait une première action en 1984 dans ce sens et un dossier complet avait été déposé en 1987, un deuxième en 1988. Depuis de nombreux textes ont été écrits et figurent pour la plupart dans le code de la santé publique.
Ces textes précisent l’organisation, les modalités.
Dans le cadre de la loi HPST, l’accès aux CHU par des praticiens libéraux est réaffirmé. Le plan périnatalité 2005-2007 va également dans ce sens. Bref tout existe mais çà ne marche pas.
Le conseil de l’ordre a fait une enquête : en 2007 5% des SF avaient un accès aux plateaux techniques, en 2008 plus que 4,4% alors que la demande des usagers semble avoir augmentée de 30%.....
Dans l’enquête qu’a menée l’étudiante elle a tenté de comprendre les freins des maternités
- Maternité de niveau 3 : l’équipe médicale était contre en évoquant la responsabilité médico-légale et qu’ils donnaient priorité en terme de place aux grossesses pathologiques
- Maternité de niveau 2 : refus également car « les mentalités ne sont pas prêtes »
- Maternité de niveau 1 : Eux avaient accepté car cela a permis d’augmenter le nombre d’accouchements et par conséquent d’éviter la fermeture de la maternité…
Il existe aussi des freins au niveau des sages femmes libérales ne souhaitant pas faire ce type d’accompagnement.
Moi j’avoue que cette intervention m’a vraiment intéressée car je ne connaissais pas suffisamment les textes encadrant cette possibilité d’accès aux plateaux techniques. Du coup çà m’a donné envie d’interroger les sages femmes libérales de mon département pour savoir un peu combien seraient prêtes à développer cette pratique et d’en faire mon prochain cheval de bataille au réseau périnat de ma région
2) les maisons de naissance (L Platel)
Séquence déprime….Laurence a refait un historique de comment devaient être mises en place ces fameuses MDN, les différentes échéances etc… Ca fait un sacré bail !!
Petite anecdote rigolote, les MDN devaient être mises en place, entre autres, parce que les accès aux plateaux techniques ne fonctionnaient pas (C’est Mr Kouchner qui l’avait dit je crois…C’était assez marrant vu l’intervention qui venait d’avoir lieu). On pourrait presque croire qu’il y a une forte résistance en France à tout ce qui ressemble à de l’accompagnement global non ?!!!!!
Elle a rappelé que la date de la fermeture de l’expérimentation c’était le 25 avril 2010…..Et personne ne sait rien de la suite des évènements…
Laurence a parlé des différentes villes qui avait un projet depuis de nombreuses années et des quelques projets qui avait réussi à monter quelque chose tant bien que mal, s’adaptant aux réalités locales et aux textes (CALM, Pontoise, Beauvais, Remiremont…)
Ensuite il y a eu des questions sur ces deux interventions et j’ai noté les plus intéressantes à mon sens :
- l’autonomie des sages femmes intervenant en plateau technique ? La réponse était que tout dépendait des protocoles de la maternité d’accueil…
- intervention d’une sage femme du CALM quia parlé de la dynamique associative du CALM (association de parents et de sages femmes). Le fonctionnement se fait bien sur le mode l’accompagnement global mais que les accouchements se faisaient en plateau technique sans être obligé d’appliquer les protocoles de la maternité. Malgré tout le fait de faire les accouchements dans la maternité, de franchir la porte mettait une pression. Il y a eu une réunion au bout d’un an de fonctionnement au cours de laquelle les médecins n’ont pas voulu s’exprimer devant les usagers. Les SF du CALM ont dit que c’était lourd à porter : à la fois cela donne une bonne image des Bluets mais il y a quand même de bonnes réticences.
- concernant les plateaux techniques une sage-femme pensait que les maternités avaient tout intérêt à ouvrir leurs plateaux aux sages femmes libérales parce que cela faisait entrer des actes avec l’histoire de la T2A. Remarque a été faite qu’avec l’arrivée des ARS (agence régionale de la Santé) il y avait sans doute des choses à négocier, des dossiers bétons à préparer et à déposer.
3) le suivi gynécologique par les sages femmes (C. Burban)
Il y a tout d’abord un rappel des nouvelles compétences de s sages-femmes, compétences qui s’inscrivent dans la loi HPST et sont inscrites dans le code de la santé publique.
Ces nouvelles compétences ont été décidées pour assurer en partie la fonction des gynécologues obstétriciens et pour pallier à l’incapacité des médecins généralistes à absorber ces demandes.
L’impact pour les sages-femmes est de taille, il y a une nécessité de formation.
Ce n’est pas encore dans les mentalités. Les médecins sont plutôt contre, ils en gardent d’ailleurs une partie, par exemple la pilule, ce sont qui peuvent assurés la surveillance et le suivi biologique, même si c’est la sage-femme qui prescrit…
Les sages-femmes ne sont pas toutes forcément prêtes non plus. Il y a une réelle nécessité de formation. Elles ne veulent pas le faire à n’importe quel prix non plus (prix d’une consultation en libéral comparé au tarif du médecin pour le même travail…). Et enfin certaines sages-femmes par principe idéologique (collectif sages-femmes de demain).
Les patientes seraient plutôt pour dans une idée de globalité de la prise en charge.
Selon l’intervenante les sages femmes doivent défendre leur compétence dans la prise en charge globale des femmes : grossesse, accouchement, contraception mais aussi prescription de l’IVG car tout cela fait partie de la vie et de la santé des femmes.
Intervention d’une député, ancienne sage femme, B. Poletti avant la dernière partie de la table ronde
Elle est députée des Ardennes et a défendu l’extension des compétences des sages-femmes, notamment la prescription de l’IVG médicamenteuse par les sages-femmes.
Vu son parcours les problématiques de santé publique l’intéresse et c’est pour cela qu’elle a défendu la contraception et l’IVG pris en charge par les sages-femmes.
Elle s’inquiète notamment pour l’IVG car les médecins qui portant ces idéaux vont partir en retraite et elle a expliqué la violence des mouvements anti-IVG. Elle a reçu des menaces et expliquait également que c’était la première fois qu’en recevant des personnes de ces mouvements, elle mettait les gens à la porte.
Une sage femme du CALM l’a interpellé sur la question des MDN et de l’accompagnement global. Cette députée est prête à travailler sur le sujet et à être sollicité par le collectif MDN mais cela nécessite des réunions de travail car elle ne connaît pas suffisamment le sujet (elle le connaît un peu quand même, ce n’est pas totalement nouveau). Elle pourra alors interroger le gouvernement par le biais de questions écrites.
Elles sont 3 sages-femmes à l’assemblée nationale mais il y a beaucoup plus de médecins….
4) Le suivi des nourrissons (J. Lavillonnière)
Intervention sympathique et intéressante. La sage femme s’est penchée sur la question car elle avait beaucoup de demandes des mères quelle avait suivi pour la grossesse. C’était important pour elle de répondre à la demande des parents, d’apporter une aide aux mères isolées et de confirmer toutes ces mères dans leur capacité à être des « bonnes mères ».
La sécurité sociale de l’autre côté a répondu que ce n’était pas de la compétence de sages femmes.
Elle s’est alors penchée sur les textes qui disent que les sages femmes ne peuvent pas signer les 9 consultations médicales de la première année. Pour le reste il n’y a rien et du coup elle a fait reconnaître ce suivi par les caisses. Cela concerne des objectifs de santé publique :
- surveillance de la croissance
- observation du développement psychique, psychomoteur et affectif
- dépistage des anomalies et des déficiences
Les parents amènent des questions très variées : alimentation, hygiène, croissance et développement, santé etc. Le rôle de la sage-femme est d’observer, d’écouter les parents, de savoir obtenir la bonne information et de restituer et d’encourager les parents dans leurs savoir faire.
2e table ronde (ASINCOPROB, ANFIC, ANESF, ASFEF)
1) le référentiel métier (N. Mesnil)
Alors pour cette table ronde je dois bien avouer que heureusement que je suis dans le paramédical sinon je suis pas sure que j’aurai tout pigé.
En fait les études médicales et paramédicales vont être réformées pour avoir un statut LMD (licence, master, doctorat). Les organisations professionnelles et syndicales bossent du coup sur ce qui est appelé les référentiels métiers. Cela définit chaque profession, son champ de compétences.
Les enjeux mobilisés sont une évolution en terme de reconnaissance et une évolution de la formation. Le référentiel métier est structuré selon 3 axes :
- description de situations types de la profession de sages-femmes. 8 situations types ont été écrites
- les compétences transversales
- les savoirs spécifiques
Ce référentiel métier des sages-femmes devraient permettre une inscription sociale des sages-femmes, une reconnaissance par les pairs et le développement d’un sens partagé.
2) le référentiel formation (F. N’Guyen, L. Léger)
Les études de sages-femmes vont se modifier du fait de ce cursus LMD avec des particularités bien de chez nous.
Tout d’abord il y aura une première année commune à (médecine, pharma, dentaire et sages-femmes) qui s’appellera la PACES (première année communes d’études …et le S je ne sais plus ce que çà veut dire). Malgré tout pour cette première année commune il n’y aura pas de vraie logique LMD car il y aura bien 4 filières distinctes et 4 concours.
Ca se mettrait en place cette première année dès la rentrée 2011.
L’intérêt de passer en LMD c’est que cela permet une plus grande lisibilité au niveau européen, il y aura plus de passerelles entrantes et sortantes et une mutualisation des enseignements.
La mobilité étudiante sera facilitée ce qui permettra une flexibilité des parcours de formation. Cà m’a paru intéressant car il y des pays européens qui me semble plus axés sur l’accompagnement global avec des structures qui permettent cela.
3) l’évolution de la formation initiale et continue à l’université (N. Mesnil)
Là j’avoue que j’ai rien compris. Ca m’a semblé très flou et peu intéressant. En gros il va y avoir des changements. Ca va s’appeler le DPC : développement professionnel continu. Ca va avoir un lien avec les ARS (agence régionale de santé) et c’est en gros ce que j’ai compris….. L’intervention était très speed car elle a eu lieu l’après midi alors que çà aurait du être le matin ce qui n’a pas aidé.
A la suite de cette table ronde des sages femmes ont souligné leur inquiétude par rapport à la formation des étudiants dont certains, pour ne pas dire une grande majorité d’entre eux, ne voyaient jamais durant leurs études d’accouchements physiologiques. Il n’y a pas assez de terrains de stage (les MDN ca n’existe pas, Les plateaux techniques peu de SF y ont accès et l’AAD il n’y a pas beaucoup de praticiens non plus.)
Pour l’AAD en plus certains disaient que les étudiants ne pouvaient pas faire de stage chez les SF le pratiquant car elles n’avaient pas d’assurance. A priori çà doit dépendre des endroits car à Nantes par exemple c’est possible disait un enseignante de l’école de Nantes. Et je confirme puisque qu’à mon deuxième RDV chez la sage femme qui me suit il y avait une étudiante et qu’elle avait assisté quelques jours avant à un accouchement à la maison.
3e table ronde (association invitée: la société d’histoire de la naissance)
Le travail invisible des sages femmes en établissements de santé (F. Bourdais)
(F.Bourdais) Elle travaille à la maternité de l’hôpital de Saint-Nazaire donc dans ma région et à l’association bien naitre à Nantes on l’avait fait venir à une soirée sur le projet de naissance. Elle est passionnante. C’est une copine de Chantal Birman, je crois qu’elles ont fait leurs études ensemble et se sont battues pour le droit à la contraception et à l’avortement. C’est d’ailleurs fort quand elles en parlent toutes les deux, on sent bien que çà leur tient à cœur.
Donc Françoise Bourdais se décrit elle-même comme une sage femme « de base ». En gros elle dit que 9 accouchements sur 10 se déroulent à l’hôpital et que du coup elle ne se voit pas être ailleurs.
Son travail lui permet de faire des accouchements, du suivi, de la préparation mais aussi de travailler au niveau de la PMI. Et je me demande si elle n’a pas travaillé au planning familial aussi.
Son intervention était très chouette. Elle faisait toute une métaphore sur la préparation d’un cake et de tous les ingrédients nécessaires en faisant donc la comparaison de ces ingrédients de cuisine à tous les ingrédients subtils qui concernent sa pratique hospitalière : l’engagement, la réflexion, le travail en équipe, la dynamique de la structure, l’humour, la personnalité des parents, leurs choix etc…
4e table ronde (ANSFT, ANSFTF)
1) quel risque obstétrical pour les femmes en situation de précarité ? (B Pierron, C. Morel)
Encore une très belle intervention de sages-femmes de terrain qui parlaient avec passion de leur engagement après des femmes les plus démunies.
Il existe plusieurs possibilités d’accès gratuit aux soins mais beaucoup de gens ne sont pas au courant. Le travail en réseau des associations est très important pour que ces informations circulent. Les femmes en situation précaire veulent être bien suivies aussi. Il y a beaucoup à faire et je me suis dit à la fin de cette intervention que les combats à mener en faveur des femmes, de toutes les femmes, étaient encore bien nombreux.
2) enjeux de santé publique : rôle de la sage-femme dans la prévention et le suivi des addictions maternelles (C. Gomez)
C’était très statistique et très ennuyeux.
CONCLUSION
C. Birman a conclu la journée en parlant des MDN, qu’il faut que çà démarre cette histoire, avec peut-être l’idée de forcer la main en ouvrant de manière illégale des structures.
Une sage femme a rappelé son inquiétude quant à l’avenir de la profession, la physiologie de moins en moins présente, que les usagers devaient se mobiliser, écrire, qu’ils avaient besoin de nous pour solliciter les ARS, les directions des maternités etc…. C. Birman a dit que le Ciane était présent et vu que le Ciane c’était moi, je me suis un peu planquée au fond de ma chaise car je ne souhaitais pas tellement intervenir !!!
Pour un prochain colloque il n’y a pas eu d’idée forte qui est ressortie mais l’envie d’un peu moins de sujets avec plus de temps de débats avec la salle.
Modif. May 26, 2010, at 10:51 PM<br />(:addThis username="xa-4b5388e32c732dfe" btn="lg-share":)