CNNDoulas2008
Réunion du Groupe de travail
préparatoire à l'avis de la CNN sur l'activité des doulas
le 15 septembre 2008
Présents :
Francis Puech : président CNN Valérie LEDOUR, médecin : CG91 - PMI Anne BATTU : CNSF Dominique VERNIER : psychiatre représentant Françoise Molenat Jacques LANSAC : SNGOF Bénédicte ISABEY Anne-Noelle MACHU : DHOS Jacqueline PATUREAU : Inspectrice à la DGS Mme CURAT :CN de l'ordre des SF Laurence PLATEL : ANSFL Agnes LORDIER-BRAULT :médecin à la DHOS Chantal DUCROUX-SCHOUWEY : CIANE
Au préalable, M Puech nous a fait lecture du courrier du Ministère du Travail interpellant le Ministère de la Santé à travers la CNN. Une demande d'étude de statuts a été faite auprès du Ministère du Travail par DDF (Doulas de France). Celui-ci ne se sentant pas compétent a refilé le bb au Ministère de la Santé qui a demandé à la CNN d'émettre un avis circonstancier avt la fin du 3ème trimestre (ce qui sera impossible).
Puech nous a exposé le déroulement de la journée :
Audition des représentantes DDF Audition du Pr Roger Henrion de l'Académie de Médecine Collation Discussion pour émettre l'avis
Lansac a fait faire un mémoire sur les doulas par une SF (Melle PAILLET en 2007 - pièce jointe). Ce qui en ressort : une demande venant de gens instruits sur le plan intello, des primipares autour de 35 ans et sur les 138 grossesses accompagnées 34 AAD (= 1/3). Ces demandes de doulas émanent surtout de femmes habitant la ville.
Patureau : il y a une étude pilotée parla DRESS sur les usagères de la mat (satisfactions et attentes). On est en attente des résultats...(je crois qu'il y a beaucoup de retard pour cette étude !)
Ciane : les femmes en demande de ce genre d'accompagnement sont d'après les appels que nous recevons, des femmes pour qui le suivi de grossesse médical les déstabilise, les effraie....Elles recherches de l'assurance auprès de la doula. D'autres, souhaitent être aidés pour mettre en place un DPN, d'autres encore, ont eu un vécu difficile et douloureux lors d'un précédent accouchement, d'autres encore ne se sentent pas assez accompagnés et pensent que la doula sera une sorte de "filtre/barrière" entre elles et le personnel soignant dans un milieu angoissant tant par le nombre d'intervenants que par un accueil déshumanisé, hostile.
Curat : dans le midi-pyrénées, des doulas font des "ANA" !
Le tarif que pratique les doulas a été qualifié d'assez exorbitant : 700 € environ en forfait. Les "consultations" sont de l'ordre de 70 €. Un autre reproche : les doulas sortent du cadre auquel elles se disent se tenir, certaines se permettent de donner un avis sur des examens médicaux, analyses médicales ! Elles dépassent largement le cadre de l'aide à la personne dont elles se prévalent aujourd'hui, ne serait-ce que quand on voit leur planning de formation qui inclue l'IMG par exemple.
Arrivent Valérie DUPIN et Charlotte MARCHANDISE, doulas et coprésidentes de Doulas de France.
Exposé de leur travail et du rôle de la doula :
- 22 doulas en exercice et 54 en formation
- il y a une demande de la part de femmes : isolées (pas de famille proche)/ avec une mauvaise expérience/ ne parlant pas correctement la langue
- La doula établit une relation de confiance avt la naissance avec une transmission d'expérience de femme à femme, et petit à petit, il leur a été demandé une présence, un soutien maternant lors de l'accouchement se faisant diversement en structure ou à domicile avec une SFL.
- La doula donne l'info sur les ressources que les femmes peuvent trouver autour d'elles (PMI...) et les renvoie vers des professionnels de la naissance si il y a besoin.
- Elle se rend tjrs chez les parents, elle rentre dans leur intimité.
- Elle répond à l'instante, ponctuellement avec l'idée de guider les femmes.
- Elle est un substitut de famille (éclatement de la cellule familiale), une voisine
- Quand une femme l'appelle, si celle-ci n'a pas mangé, à son arrivée, la doula lui préparera un repas pour la réconforter. Lors de l'accouchement, la sage-femme étant auprès de la femme, la doula peut s'occuper des autres enfants. La doula peut être amenée ponctuellement à faire quelques courses ou emmener les enfants à l'école si le besoin s'en faire sentir.
- Au grand jamais, elle n'effectue d'actes médicaux.
- chez DDF, les doulas signent une charte qu'elle s'engage à suivre sinon, elle risque la radiation. Cela est déjà arrivé par 2 fois.
- l'élaboration de cette charte a été mise en place car de nombreuse formations (du n'importe quoi) arrivaient en France avec des naturopathes, des médecines parallèles.
Lordier-Brault leur pose la question : et qui peut vous assurez que toutes les doulas font comme vous (sous-entendu, pas de médical) ? CIANE qui rétorque : on sait très bien que dans chaque corps de métier, il y a toujours le risque d'un individu jouant le "canard boiteux "...même si on borde au maximum !
C'est ensuite au Pr Henrion d'intervenir une fois les doulas retirées.
Henrion reprend son rapport émis le 10 juin dernier sur "les doulas, une profession émergente ?" (tout le monde le connait). Il rajoute ça et là quelques réflexions :
- la femme en demande de doula veut un soutien psy + physique, elle veut un lien entre elle et les professionnels.
- la femme prend la doula comme une "traductrice" de ce que disent et font les professionnels : c'est excessif !
- ces femmes refusent la médicalisation.Soit, il y en a eu trop mais des efforts ont été faits !
- on nous (les médecins) a poussés à faire rentrer les pères en salle d'accouchement....quelle est la place du père avec la doula ?
- il rappelle qu'il y a déjà 1 entretien individuel précoce + 3 écho + 8 consultations, + 8 (on lui a dit que non, c'était 7 !) séances de prépa à la naissance = plus de 18 consultations, mais que veulent donc de plus les femmes
- il y a les fameux PDN. Pourtant de son temps, il y en avait déjà : et ben oui, le médecin disait bien à la mère, qu'on allait LUI FAIRE ci et ça et qu'ON LUI dirait ce QU'il FALLAIT QU'ELLE FASSE !!!
- il n'y a aujourd'hui que 40 % de femmes qui font des préparations à l'accouchement, à mon époque, toutes les faisaient et elles étaient "conditionnées" (sic)
- elles suscitent les femmes à sortit précocement de la maternité et le dépistage de la surdité, par exemple, ne peut plus se faire !
- elles influencent les femmes qui ont déjà des réflexions de médecine "parallèle"
- on peut s'inquiéter du retour des AAD qui est une marche arrière évidente. Une hémmoragie peut être mortelle à domicile alors qu'en milieu hospitalier, on peut y faire face de suite. De même, on ne peut pratiquer de césarienne en dehors d'une structure médicale et cela peut être grave si il y a souffrance foeutale.
Conclusion : "les doulas ont posées de bonnes question, à nous d'apporter les bonnes réponses" (sic). Henrion propose de faire encore une enquête pour voir si les femmes sont contentes de ce qu'on leur offre pour le suivi de leur grossesse et de l'accouchement.
Sortie de Henrion.
Discussion dans le groupe :
Puech : le statut qu'elle souhaite dépasse l'aide à la personne, ne serait-ce que par rapport à la formation IMG ainsi que la rémunération élevée qui s'adresse à une "clientèle ciblée".
Lordier-Brault : on n'a pas le pouvoir d'interdire mais on ne peut autoriser les statuts
Isabey : et si il n'y a pas de statut, ce sera un choix que fera la femme en connaissance de cause
Patureau : les doulas ne rentrent pas dans le cadre "chèque emploi-service", elles sont hors la loi ! Lordier-Brault : si on leur donne un statut, on leur donne un pouvoir de professionnel. Aujourd'hui, ce qui est dangereux, c'est qu'avec leur formation interne, elles pensent être professionnels, vaut mieux pas, du coup, de formation !
Lansac : leur formation est grotesque, comme celle des conseillères conjugales !
Puech : il y a de l'ambigüité dans leur position, elles disent être comme une voisine" mais elle sentent le besoin de se former ! par exemple, dans leur plan de formation, on voit "gestion de la douleur "
Une sage-femme (Laurence Platel ?) : et justement, ça, c'est le boulot des SF !
Patureau : et puis une voisine, c'est gratuit ! les personnes de la LLL sont bien bénévoles !
Puech : cela ressemble à la conseillère conjugale qui se retrouve aujourd'hui dans une impasse au niveau du cadre de sa "profession" C'est comme ses nouvelles activités non règlementée qui n'ont aucun cadre et formation, les consultantes périnatale, les animatrices périnatales
Lordier-Brault : les doulas qui étaient là étaient bien gentilles avec un discours bien lisse... qui avaient l'air d'être honnêtes, mais qu'en est-il des autres ?
Lansac : ces doulas agissent comme des personnes de confiance. Alors, les décrets autorisent maintenant les femmes à choisir et avoir une personne de confiance qui les accompagne. Libre aux maternités de les admettre en salle d'accouchement ou non.
Ciane : certaines femmes souhaitant une doula ont la demande d'une même personne qui les suit et accompagne durant tout le chemin de la maternité Lansac : chez moi, les femmes sont suivies par la même SF.....
Tolé général : vous avez bien de la chance, Monsieur Lansac, c'est loin d'être partout pareil !
Patureau : de toutes manières, ces femmes veulent être de plus en plus assistées.
Patureau : pourquoi un statut, les doulas (celles qui étaient là), le disent bien, elles font le ménage, le repas, emmène les enfants à l'école...elles n'ont qu'a prendre le statut de TISF (Technicien de l' Intervention Sociale et Familiale qui existe déjà et elles seront salariés avec une spécialité qui serait la périnatalité !
Puech lit un passage du livre en fabrication de Sophie Gamelin sur les TISF.
Patureau et Isabey : c'est tout à fait ça...comme ça, elles auront une formation et un statut déjà reconnus !
Ciane : je ne pense pas du tout que la définition de TISF leur corresponde et c'est ce qu'elle demande.
Vernier : oui, je suis d'accord avec le Ciane
Lordier-Brault : TISF serait bien sauf que ces futures mères "bobos universitaires" (sic) souhaitent autres choses !
Puech et autres : la TISF peut intervenir en cas de grossesse patho, il faudrait voir si on peut élargir son statut actuel pour les doulas.
Il est 13h, Lansac dit qu'il n'a pas le temps de revenir cet après-midi.
La réunion finit sur ces conclusions :
- la sécurité sanitaire n'est plus respectée lorsqu'il y a une doula avec une femme. Cette dernière est trop influencée par la doula, qui du coup, lui enlève des pertes de chances d'être soignée comme le dit le médecin (rendez-vous compte, lorsque la SF demande quelque chose à la femme, celle-ci n'est pas capable de répondre de suite, elle demande l'avis de la doula !)
- la doula rend service, oui, mais cela doit rester dans le cadre du bénévolat associatif et ne nécessite pas un nouveau corps statutaire
- la qualité des pratiques est douteuse
Enfin, il est propose :
- augmentation du nombre des SF
- communication sur le métier de SF
- création d'aides-natales (= travailleuse familiale orientée sur la maternité, comme en Hollande)
Cet avis sera transmis à la réunion de la CNN du 21 octobre prochain.
Madeleine est arrivée en renfort mais c'était quasiment fini.
Mon impression personnelle : Une fois de plus, je suis toujours aussi choquée (je devrais pourtant plus l'être) par le peu de respect "d'écoute" que certaines personnes du groupe ont eu vis à vis des 2 doulas pendant leur audition. Le très peu de respect lorsqu'on parle des femmes enceintes. Il est très difficile pour les professionnels d'envisager et d'admettre que les femmes qui demandent une doula ne sont pas FORCEMENT, des femmes en perdition, des cas sociaux ou psychologiques, ou encore fragiles...ça ne peut être des gens "normaux" ! Cette réunion était biaisée d'avance. Les dés étaient jetées (un peu comme les MDN), ils ont reçu les doulas : on ne pourra pas dire que cela n'a pas été fait car il faut noter que ni Lansac, ni Henrion n'avaient pris la peine de les rencontrer avant de porter un quelconque jugement sur elles. D'ailleurs, je crois que personne autour de la table n'avait eu l'occasion de leur parler en direct. Ce que souhaitaient les doulas est loin d'aboutir.
J'oubliais : aucune réflexion ou même réplique de la part des SF présentes en ce qui concernait les propos d'Henrion sur "la grosse dangerosité de l'AAD et son retour".
Ce compte-rendu est un peu long, mais je voulais vous transmettre au mieux l'ambiance qui régnait autour du sujet évoqué.
Modif. November 18, 2008, at 09:48 PM<br />(:addThis username="xa-4b5388e32c732dfe" btn="lg-share":)