Quel accompagnement pour les femmes lors de l’accouchement, qu’il ait lieu par voie basse ou par césarienne ? Quelle est la place du père, des professionnels de santé, des autres accompagnants? Nous nous appuyons sur deux enquêtes qui ont recueilli au total 29 000 réponses de femmes sur le vécu de leurs accouchements : l’enquête Ciane, qui concerne les accouchements par voie basse ainsi que les césariennes en cours de travail, et l’enquête de l’association Césarine sur les césariennes.

Les pères souhaités

Pour les accouchements par voie basse, la quasi-totalité (99%) des femmes souhaitent que le père ou une autre personne soit présent à l’accouchement. Celles qui ne souhaitaient pas la présence du père trouvent que leur choix a été compris et respecté par les membres de l’équipe médicale.
Lorsque l’accouchement a lieu par césarienne programmée, la présence du père ou de la personne accompagnante est souhaitée dans 77% des cas. Lorsque la césarienne a lieu de façon imprévue pendant le travail, ils sont 23% à ne pas y avoir réfléchi (contre 9% pour la césarienne programmée)

Les pères présents

Lorsque l’accouchement a finalement lieu par voie basse, 98% des femmes qui souhaitaient être accompagnées du père ou d’une autre personne le sont effectivement. Les situations où le souhait n’a pas pu être respecté sont liées à l’organisation familiale (garde des autres enfants, accouchement trop rapide) ou, dans une moindre mesure, à l’organisation médicale.

Cependant, les témoignages montrent que la présence du père n’est pas toujours continue. Il y a des circonstances dans lesquelles les femmes se retrouvent seules et qui sont particulièrement angoissantes : attente de l’arrivée du père/accompagnant, renvoi à la maison (lors d’un travail long de nuit, déclenchement), éloignement lors de procédures médicales.

De grandes disparités pour les césariennes

Lorsque l’accouchement a lieu par césarienne, le père ou accompagnant est le plus souvent hors du bloc opératoire lors de la césarienne : seuls 26% des pères ou accompagnants sont dans le bloc opératoire et 5% derrière une vitre.
Dans tous les cas, les pères sont bien moins présents que les couples ne le souhaiteraient: pour les césariennes imprévues, 3 pères/accompagnants sur 10 sont présents au bloc ou derrière une vitre; contre 4/10 pour les césariennes programmées.
Après la césarienne, la famille est réunie en salle de naissance ou en salle de réveil dans un cas sur trois (34%). Dans 40% des cas, le père et le bébé sont ensemble, la mère est seule. Enfin, presque une fois sur six (13%), tout le monde est séparé.
Il y a de très grandes disparités entre les maternités sur la place des pères au bloc opératoire : les pratiques tiennent plus aux habitudes des équipes qu’à des justifications médicales. La présence des pères, lorsqu’elle est souhaitée par le couple, est favorable au bon vécu de l’accouchement et au lien parents – enfants. Nous encourageons les parents à discuter avec les maternités pour expliquer ce qui est important pour eux et faire évoluer les pratiques et protocoles.

Les doulas ?

Dans l’enquête Ciane, les doulas sont rarement évoquées ; quand elle le sont, elles ont une place importante dans l’accompagnement des aspects non médicaux de la grossesse et/ou de l’accouchement. Les témoignages semblent indiquer cependant que la plupart des femmes attendent ce soutien des sages-femmes, qu’elles l’aient ou non obtenu.

L’accompagnement par les équipes médicales

Plus de la moitié des femmes disent avoir « tout à fait » reçu le soutien qu’elles souhaitaient de la part du personnel médical, et plus de 8 femmes sur 10 (84%) ont “plutôt” ou “tout à fait” reçu ce soutien alors que. 16% disent n’avoir « plutôt pas » ou « pas du tout » reçu ce soutien. Pour les femmes, un bon soutien de la part des équipes implique de respecter à la fois leur besoin de présence, d’intimité, de réassurance tout en assurant le suivi médical, programme exigeant pour les équipes.

En conclusion

Quels qu’ils soient, les souhaits des femmes quant à la présence du père lors des accouchements par voie basse sont respectés : l’on ne peut que s’en féliciter. Trois points laissent cependant à désirer :

  • l’accompagnement des accouchements par césarienne : plus de la moitié des couples qui souhaiteraient accueillir ensemble leur enfant en sont aujourd’hui empêchés dans certaines maternités alors que d’autres sont capables de s’organiser différemment.
  • il est regrettable que l’on refuse à une femme la possibilité qu’une autre personne de son choix vienne remplacer son compagnon si celui-ci doit s’absenter. De plus, il devrait être possible d’accéder à la demande de certaines femmes d’un deuxième accompagnant (mère, amie, doula). Il n’est pas acceptable que l’accompagnant soit « mis dehors » au motif que l’accouchement va encore prendre un long moment, alors même que la femme souhaite sa présence et que les soignants ne sont pas disponibles pour elle. Il devrait même pouvoir être proposé au père un matelas ou un lit pliant de sorte qu’il puisse passer la nuit si nécessaire sur place.
  • Enfin, il est important que l’accompagnement des professionnels ne se limite pas à l’aspect médical et technique : il est attendu des professionnels qu’ils soient à l’écoute et capables de s’adapter aux besoins diversifiés des femmes et des couples qui, s’ils aspirent tous à un équilibre entre intimité et soutien, n’ont pas forcément la même définition de cet équilibre.

La diffusion de l’enquête auprès des femmes est réalisée en partenariat avec le magazine Parents.
Un article sur ce thème est publié dans le numéro du magazine d’été, en kiosque en juillet et août

Pour en savoir plus :

Le communiqué de presse

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Le vécu de votre accouchement

Enquête lancée en février 2012 pour recueillir votre expérience et vos témoignages et pouvoir mieux porter la parole des femmes auprès des professionnels.
Tous les accouchements sont concernés, sauf les césariennes programmées. Si vous êtes dans ce dernier cas, vous pouvez répondre au questionnaire de l’association Césarine
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